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Des capsules de tirage pour les effervescents à double fonction

À l’interface entre le vin et l’air, la capsule de tirage peut aussi servir à protéger les effervescents de l’oxydation ou à boiser. Le point avec quelques fournisseurs de ces emballages actifs.

Laffort commercialise un bidule dans lequel est inséré une pièce de bois, pour jouer sur l'aromatique des vins.
Laffort commercialise un bidule dans lequel est inséré une pièce de bois, pour jouer sur l'aromatique des vins.
© Laffort

Et si en plus de boucher le vin, les obturateurs pouvaient influencer les paramètres physiques ou organoleptiques des vins ? C’est le concept sur lequel se sont lancés plusieurs fabricants, afin de répondre aux besoins d’un marché de niche, celui des effervescents.

Des sulfites emprisonnés dans le joint de la capsule

La société italienne Pe.di a développé une capsule de tirage dont le joint est capable d’absorber l’oxygène afin de protéger les vins effervescents pendant le vieillissement en bouteilles. Une protection rendue possible grâce à la présence de sulfites emprisonnés dans le joint, qui vont se combiner avec l’oxygène qui tente de traverser la capsule. Le bénéfice est garanti par le fabricant pendant environ un an. « C’est un outil supplémentaire pour protéger les vins sensibles, comme les rosés effervescents, dont la couleur est fragile. Il permet aussi de répondre à la pression sociétale sur le sans sulfite, puisque la molécule n’est pas en contact direct avec le vin », explique Virginie Thollin, œnologue et commerciale chez Pe.di France.

Un outil de diversification des profils de vins effervescents

De son côté, la société Laffort se sert de l’obturateur comme d’un outil pour boiser légèrement les vins. « Nous avons inséré une pièce de chêne, sélectionné et chauffé de la même façon que pour nos gammes de bois œnologiques, dans le bidule de la capsule de tirage », expose Chantal Bompas, responsable de la marque Nobile chez Laffort. La firme compte à ce jour deux références, l’une pour procurer de la fraîcheur tout en respectant le fruit, l’autre pour amener des arômes toastés. La dose de bois apportée est, selon la spécialiste, de 0,7 g/l après un temps de contact allant de quatre à neuf mois. « C’est un outil qui se destine surtout aux négociants achetant des vins de base, et souhaitant diversifier les profils de leurs vins à moindre coût », poursuit Chantal Bompas. Par la force des choses, le déploiement de cette capsule active en France est limité : seules trois AOC autorisent les bois œnologiques dans leurs cahiers des charges. Le principal marché du fabricant se situe chez nos voisins espagnols, dans l’aire d’appellation du cava.

Un bouchage à base de LSI en test sur vins tranquilles

Pour les vins tranquilles, les emballages actifs peinent encore à se faire une place. Entre 2018 et 2020, SudVinBio, l’Inrae et la société Biocork ont testé l’efficacité d’une capsule à vis équipée d’une cupule contenant des levures sèches actives antioxydantes (LSI) sur des vins non sulfités. Bilan, sur les vins rouges et blancs, le bouchage actif se montre aussi protecteur qu’une capsule à vis avec joint étanche à l’oxygène.  En revanche, les LSI encapsulées semblent avoir un réel impact sur la préservation de la couleur des rosés. SudVinBio indique poursuivre les essais avec un nouveau prototype.

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