Pas-de-Calais : « Ce projet de poulaillers c’est tout à fait ce que les Français veulent ! Ce n’est pas possible de vouloir l’empêcher », s’insurge Icilaterre
L’association d’agriculteurs consommateurs a décidé de défendre Valentin Melin, jeune polyculteur dont le projet diversification en volailles de chair label Rouge est victime de l’opposition d’un collectif de riverains.
L’association d’agriculteurs consommateurs a décidé de défendre Valentin Melin, jeune polyculteur dont le projet diversification en volailles de chair label Rouge est victime de l’opposition d’un collectif de riverains.
« Nous avons décidé de soutenir ce projet de production locale qui n’est pas du tout intensif. On va s’insérer dans l’action juridique. Un avocat va aider l’agriculteur face au recours des riverains », annonce Xavier Charron, polyculture dans les Yvelines et président de l’association de consommateurs agriculture IciLaTerre, à Reussir.fr.
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Deux bâtiments de 4400 poulets label Rouge dans le Pas-de-Calais
Le projet : la construction de deux poulaillers d’une capacité de 4400 poulets chacun destinés à la filière label Rouge sur la commune de Saint Josse sur Mer dans le Pas-de-Calais (62). Valentin Melin, 29 ans, jeune agriculteur installé en polyculture avec un élevage caprin (avec transformation et vente directe), des céréales (blé et orge) et de la production de fraise depuis 2022 (le tout sur 63 ha) est à l’origine de ce projet.
J’ai toujours voulu faire de la volaille, et j’ai un terrain qui convient bien
« J’ai toujours voulu faire de la volaille, et j’ai un terrain qui convient bien, je me suis donc lancé dans le projet il y a un an », explique-t-il. « Le terrain est à la sortie du village, en zone agricole, avec de l’eau et de l’électricité me permettant de construire deux bâtiments avec 4 hectares autour de parcours arboré avec des arbres fruitiers. J’ai aussi prévu des haies le long des bâtiments », détaille-t-il.
Un recours déposé par un collectif le 3 juin
Un projet ayant obtenu un permis de construire le 3 avril 2026. Oui mais voilà dès que le panneau de construction est affiché, certains riverains de la commune de Saint-Aubin en bout de parcelle ont commencé à protester contre le projet. « Le 29 avril, j’ai donc fait une réunion publique pour expliquer le projet », explique Valentin. Le jeune agriculteur perçoit immédiatement l’opposition d’une quarantaine de personnes (sur les 300 qui habitent sur la commune) qui se regroupent en collectif. « Un recours contre le projet est déposé au tribunal administratif de Lille le 3 juin », raconte le jeune agriculteur.
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Un choix de parcelle contesté par les riverains
Sur les réseaux sociaux, certains riverains estiment que l’agriculteur aurait pu choisir un autre terrain pour installer ses deux bâtiments. « En bout de parcelle, il y a une zone artisanale, des bâtiments industriels, une déchetterie, une voie ferrée à 100 mètres et une casse automobile. Ce n’est pas en plein milieu d’habitations ! », s’étonne Valentin Melin. « Je suis propriétaire de ces parcelles, et celles en bas du champ que certains jugent plus appropriées, sont inondables ! En 2023 je me suis retrouvé avec 1 mètre d’eau dans le bâtiment dont on a dû évacuer les chèvres », explique-t-il. « Et en déplaçant les bâtiments on déplacerait le problème » poursuit le jeune agriculteur dont l’exploitation se situe entre trois villages.
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Le premier dossier défendu par l’association Icilaterre
« On a décidé de soutenir ce projet. Ce n’est pas possible d’empêcher un tel projet ! C’est vraiment le type d’exploitation que les Français veulent. On va tout faire pour vous aider », commente Xavier Charron en s'adressant à Valentin. « Les bâtiments sont destinés à approvisionner le marché local (via Vanal, ndlr) » précise-t-il. Il s’agit du premier dossier que l’association Icilaterre, créée en 2020 et comptant 12 000 adhérents (essentiellement des agriculteurs), a décidé de soutenir juridiquement et sur le plan de la communication. « Il s’inscrit tout à fait dans notre charte ». Icilaterre rappelle que « la France est en déficit de production de volailles et importe plus de 40% de sa consommation annuelle ». Elle milite pour « une agriculture forte et ancrée sur le territoire », comme « l’un des meilleurs remparts contre l’inflation subie par la hausse des cours de matières premières produites à l’international ».
Ca fait un soutien de plus ! Se retrouver tout seul face à 40 personnes c’est trop difficile
« Ca fait un soutien de plus ! Se retrouver tout seul face à 40 personnes c’est trop difficile. Ca m’empêche de jeter l’éponge », confie Valentin Melin qui a déjà le soutien de la FDSEA, du préfet, de la région et même de la ministre de l’Agriculture après un article paru dans l’Opinion.
La caricature et l’individualisme deviennent les meilleurs alliés de notre dépendance alimentaire.
Un poulailler label rouge de 8 000 volailles élevées en plein air n’a rien d’un élevage industriel intensif. Ces caricatures sont insupportables et dégradantes pour nos éleveurs.… https://t.co/jm0chzfZkN— Annie Genevard (@AnnieGenevard) May 4, 2026