Le prix de l’alimentation porcine a atteint 284 euros la tonne, contre 236 euros en 2018. L’interprofession estime qu’à ce rythme, un élevage moyen pourrait accuser sur ces six prochains mois une perte de 80 000 à 120 000 euros.
« Cet effet ciseaux se verra d’ici quelques mois. Il y a un risque de diminution de la production d’ici là. Nous attendons une remontée des cours au printemps. Il le faut, pour donner de l’oxygène à tout le monde », estime Thierry Meyer, président d’Inaporc.
Cette hausse des cours attendue coïnciderait avec un retour de la demande chinoise. Celle-ci devrait désengorger un marché européen encombré notamment par l’Allemagne dont la filière est pénalisée à l’export à cause de cas de peste porcine africaine.
La filière porcine en appelle à un achat citoyen de la part des consommateurs français en se tournant vers les produits labellisés Le Porc Français. « Cette certification est la seule à garantir une viande de porc né, élevé et abattu en France », rappelle François Valy.
Pour soutenir sa démarche de qualité, l’interprofession renforce sa communication en se dotant de 600 000 euros supplémentaires dans son budget annuel, pour un total de 1,9 million d’euros.
Le Porc Français veut faire connaître sa nouvelle signature « Typiquement vous, typiquement bon » en sponsorisant la météo des chaînes de télévision France 2, France 3, La Chaîne Météo et National Geographic Wild avec un objectif de 59 millions de contacts. L’interprofession va par ailleurs continuer de communiquer sur les réseaux sociaux, notamment via des partenariats avec des influenceurs. « L’élevage et le consommateur sont aujourd’hui trop éloignés. C’est notre mission d’y remédier », indique Gérard Cladière, président du comité communication d’Inaporc.
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L’interprofession travaille pour s’adapter à l’arrêt de la castration à vif des porcelets au 1er janvier 2022 et souhaite proposer une solution adaptée à chaque élevage, soit en passant au mâle entier, en ayant recours à l’immunocastration ou bien castration sous anesthésie.
Les indicateurs de coût de production d’Inaporc vont évoluer.
« Des modules de formation se mettent en place pour former les éleveurs à la castration sous anesthésie », complète Anne Richard, directrice générale d’Inaporc.
Les recherches continuent sur d’autres alternatives à l’arrêt de la castration à vif. « Les indicateurs de coût de production d’Inaporc vont évoluer en fonction des surcoûts entraînés par l’anesthésie », assure Thierry Meyer.
Inaporc a indiqué avoir déposé le dossier d’extension de la cotisation volontaire obligatoire (CVO) pour financer le système d’équarrissage à l’ensemble de la filière porcine.
« Le ministre de l’agriculture a annoncé que cette CVO était en vue et que nous bénéficierions d’une extension à toute la filière. L’accord sera donc étendu », selon Anne Richard.