Plan CASI : le solde de l'enveloppe confirmé, de nouveaux soutiens pour les maraîchers et les nuciculteurs

- - 6 min

Réunie le 16 octobre sous la présidence du préfet de la Corrèze, la Commission départementale d'évaluation (CDE) a fait le point sur le déploiement du plan CASI sécheresse. Une réunion attendue alors que les premiers courriers de demande d'aide sont désormais dans les boîtes aux lettres des agriculteurs et que les trésoreries restent fortement dégradées dans de nombreuses exploitations.

Bonne nouvelle : l'État a confirmé l'attribution du solde des 25 % de l'enveloppe initialement annoncée. Pour la Corrèze, cela représente près de 478 000 € supplémentaires venant compléter l'enveloppe déjà mobilisée au profit des éleveurs.

Le préfet a également confirmé qu'une réserve nationale de 21 millions d'euros, conservée jusqu'ici au niveau ministériel, pourrait être prochainement débloquée afin d'accompagner les situations les plus critiques. Si la part revenant à la Corrèze n'est pas encore connue, elle devrait être orientée vers les exploitations les plus fragilisées et confrontées à un risque réel de cessation d'activité.

Les premières aides arrivent sur les exploitations corréziennes

Concernant la première tranche du plan, la DDT a indiqué avoir adressé 1 375 courriers aux élevages éligibles. Environ 400 dossiers sont déjà revenus dans les services et les premiers paiements sont désormais engagés.

Les services de l'État ont rappelé l'importance de retourner rapidement les formulaires afin de permettre les versements avant la fin de l'année.

Pour l'enveloppe dédiée à l'élevage, plus de 1,4 million d'euros sont déjà mobilisés sur l'enveloppe globale de 1,9 million d'euros.

A lire aussi : Plan Casi : le Finistère double son enveloppe, les syndicats refusent de trier les bénéficiaires dans plusieurs départements

Les maraîchers enfin pris en compte

Comme cela avait été évoqué lors de la précédente réunion, les membres de la CDE se sont accordés pour consacrer une partie du solde de l'enveloppe aux maraîchers, particulièrement impactés par la sécheresse.

Les échanges ont confirmé les difficultés spécifiques de cette production : faible couverture assurantielle, impossibilité bien souvent de bénéficier de l'Indemnité de solidarité nationale (ISN) et forte variabilité des situations.

Une première liste d'exploitants, identifiés comme maraîchers professionnels, recevra dès les prochains jours un courrier leur permettant de bénéficier d'une aide forfaitaire de 1 500 € par exploitation.

Une aide spécifique pour les producteurs de noix

L'autre filière particulièrement touchée par la sécheresse est celle de la noix. Les représentants professionnels ont souligné des pertes de récolte importantes, une dégradation de la qualité des cerneaux liée aux brûlures du soleil et des inquiétudes sur la pérennité des vergers après plusieurs années climatiquement difficiles.

La Corrèze compte environ 108 producteurs déclarant plus de 1 200 hectares de noyers.

Pour répondre à ces difficultés, la CDE a acté le principe d'une enveloppe dédiée d'environ 225 000 € en faveur des nuciculteurs corréziens. Les discussions se sont orientées vers un mode de répartition basé sur les surfaces de noyers déclarées, les modalités précises d'attribution devant encore être finalisées afin de garantir une répartition la plus équitable possible entre les exploitations concernées tout en conservant une marge de manœuvre pour les situations particulières.

Une enveloppe conservée pour les cas les plus difficiles

Les membres de la commission ont souhaité conserver une partie des crédits afin de pouvoir intervenir au cas par cas sur les exploitations les plus durement touchées par la sécheresse.

Plusieurs productions ont été citées : apiculture, pisciculture, pépinières forestières ou encore certaines exploitations d'élevage en situation de grande détresse économique. Les organisations professionnelles sont invitées à faire remonter ces situations aux services de l'État dans les prochaines semaines.

L'ISN devrait ouvrir en novembre

La DDT a également annoncé l'ouverture prochaine des dispositifs ISN pour les pertes de récoltes et les pertes de fonds liées à la sécheresse.

Le paramétrage informatique est en cours et l'ouverture des démarches n'est pas attendue avant la première quinzaine de novembre. Les services de l'État ont indiqué avoir obtenu la validation de l'ensemble des demandes de reconnaissance transmises pour le département.

La FDSEA 19 et les JA vigilants sur la répartition des aides

Présents autour de la table, les représentants de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de la Corrèze ont rappelé que le plan CASI constitue une réponse attendue par les exploitants touchés par la sécheresse, mais qu'il ne permettra pas à lui seul de compenser l'ensemble des pertes subies depuis plusieurs années.

Au cours des débats, la FDSEA 19 a insisté sur la nécessité d'utiliser les crédits restant disponibles au plus près des réalités du terrain. L'organisation syndicale a notamment soutenu la prise en compte des productions exclues du dispositif, en particulier les maraîchers et les nuciculteurs, dont les pertes économiques sont aujourd'hui avérées.

Les représentants professionnels ont également plaidé pour qu'une partie de l'enveloppe demeure mobilisable pour les situations les plus critiques. « Derrière les chiffres, il y a des exploitations fragilisées qui cumulent plusieurs années difficiles et qui ont besoin d'un accompagnement spécifique », ont-ils souligné.

La FDSEA et les JA ont par ailleurs attiré l'attention du préfet sur les conséquences à venir de la sécheresse en matière d'alimentation des troupeaux. Si les aides de trésorerie constituent un soutien indispensable à court terme, les inquiétudes demeurent fortes quant à la disponibilité et au coût des fourrages pour l'hiver.

Enfin, les responsables syndicaux ont rappelé que la profession continuera à défendre auprès de l'État la nécessité de moyens complémentaires. Dès l'annonce du plan CASI, la FDSEA et les JA avaient en effet exprimé leur mécontentement face à une aide nationale largement insuffisante au regard de l'ampleur des pertes subies par les élevages et les autres productions impactées par la sécheresse.

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires