Le conflit au Moyen-Orient impacte les coûts de production caprins
La flambée des prix de l’énergie et des intrants provoquée par le conflit au Moyen-Orient pourrait alourdir significativement les coûts de production des élevages caprins et s’ajouter à des consommateurs de plus en plus attentifs à leurs dépenses. Premières simulations de l’Institut de l’élevage sur les élevages de chèvres.
La flambée des prix de l’énergie et des intrants provoquée par le conflit au Moyen-Orient pourrait alourdir significativement les coûts de production des élevages caprins et s’ajouter à des consommateurs de plus en plus attentifs à leurs dépenses. Premières simulations de l’Institut de l’élevage sur les élevages de chèvres.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient pourraient se répercuter dans les exploitations caprines françaises. Lors du webinaire Capri’Occitanie organisé le 22 juin par l’Anicap Occitanie, Caroline Sauvageot, de l’Institut de l’élevage (Idele), a présenté les premières simulations évaluant les conséquences économiques du conflit en cours sur les élevages de chèvres. Ce travail fait l’hypothèse d’une hausse générale des coûts de production, particulièrement marquée pour les carburants et lubrifiants (+66 %) et pour les engrais et amendements (+39 %).
Un impact jusqu’à 140 euros de mille litres
Pour les élevages livreurs de lait, un conflit s’étendant sur un an entraînerait une hausse du coût de production estimée à 42 €/1 000 litres et de 18 €/1 000 litres dans le scénario d’une crise de six mois avec un règlement du conflit après l’été. Les exploitations fromagères seraient encore plus exposées. Dans les systèmes fermiers du pourtour méditerranéen, l’augmentation atteindrait 140 €/1 000 litres en cas de conflit prolongé, principalement sous l’effet du renchérissement de l’énergie utilisée pour la fabrication et la commercialisation des fromages. Hors pourtour méditerranéen, l’impact serait de 105 €/1 000 litres dans le cas d’un conflit d’un an et de 40 €/1 000 litres dans l’hypothèse de six mois de crise. « Il s’agit de premières estimations qui seront prochainement publiées par l’Institut de l’élevage », précise Caroline Sauvageot d'Idele.
Les consommateurs arbitrent différemment leurs achats
À cette hausse des coûts de production, risque de s’ajouter une modification de la consommation des fromages de chèvres. Productrice de pélardons dans l’Hérault, Laetitia Chauchard observe un net ralentissement des ventes. « C’est la première année où je vois que c’est compliqué, témoigne l’éleveuse. Les consommateurs ont changé leur façon de consommer et préfèrent des produits moins chers. » Ses principaux débouchés enregistrent des volumes en baisse. « Comme mon hâloir était plein de fromages, je suis passé en monotraite pour baisser ma fabrication. Malgré cela, je pense que je vais prendre un marché en plus cet été pour écouler mon stock. »
Dans ce contexte, la capacité des éleveurs et transformateurs à répercuter les hausses de coûts tout en préservant la consommation restera un enjeu pour les mois à venir.