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La récupération des menues pailles prend de l’ampleur

De plus en plus d’agriculteurs
s’intéressent à la récupération
des menues pailles. Une journée
organisée par le réseau Cuma
Ouest a fait le point
des techniques disponibles.

«Depuis quelques années, avec les sécheresses, l’augmentation du prix de la paille et le développement de la méthanisation, la récupération des menues pailles séduit de plus en plus d’agriculteurs », souligne le réseau Cuma Ouest. Les menues pailles sont les résidus évacués à l’arrière de la grille supérieure de la moissonneuse lors du nettoyage du grain. Elles sont constituées de débris de paille, des enveloppes des grains, de parties de tiges et de graines d’adventices.

Elles peuvent être récupérées séparément de la paille ou remise sur ou dans l’andain. Il existe trois types de systèmes de récupération.

Trois systèmes de récupération sont disponibles

1er système - Certains sont intégrés à la moissonneuse par le constructeur. C’est le cas du système New Holland CX 5000-6000, qui injecte la menue paille dans l’andain à partir de l’éparpilleur. « Le système est simple, il ne change pas le débit de chantier et l’investissement est limité, constate Olivier Le Guen, de la FRCuma. Il n’est par contre pas possible d’exporter la menue paille et il y a des pertes au sol ».

2e système - Le système qui se développe le plus est le type « turbine » adaptable, à monter sur la moissonneuse. Une vis récupère la menue paille en sortie de grilles et la transfère vers une turbine qui la projette par un tuyau sur l’andain ou dans une remorque (roulant à côté de la moissonneuse ou attelée à celle-ci).

Les sociétés Thierart et Thievin proposent ce type de système. « Le débit de chantier reste inchangé, souligne Olivier Le Guen. L’accès aux grilles est par contre plus difficile et il faut adapter l’hydraulique. Et en cas de dépôt sur l’andain, on ne peut plus le retourner sans perte de menue paille. De plus, ce système est difficilement utilisable sur colza ».

En 2012 et 2013, le réseau Cuma Ouest a suivi des chantiers de récupération de menue paille. Sur les parcelles étudiées, le système turbine a permis de récupérer 9 à 30 % de paille en plus et le système intégré constructeur 8 à 13 % de paille en plus. « Il y a une grande variabilité des résultats selon la culture, la qualité et le rendement en paille, les conditions de récolte, le type de moissonneuse et les réglages ».


3e système - La troisième possibilité, proposée par Thierart, est un caisson dans lequel la menue paille est récupérée en sortie de moissonneuse par une vis qui la transfère dans un caisson monté à l’arrière. La menue paille est vidée en tas en bout de champ puis reprise en vrac ou pressée. Ce système, utilisable sur de nombreuses cultures, offre de meilleurs résultats. « La récupération des graines d’adventices est supérieure. L’investissement est par contre élevé, il faut reprendre les tas et il y a un risque de salissement important sous le tas. »

En 2013 dans les essais, cet équipement a permis de récupérer 926 kg/ha de menues pailles pressées.

Enfin, d’autres systèmes commencent à être développés, comme l’andaineur proposé par Thierart pour les grandes largeurs de coupe, qui dépose la menue paille sur l’andain ou l’éparpille au sol et qui peut aussi récupérer les fanes de maïs. La société développe aussi un godet à monter à l’avant du tracteur pour récupérer la menue paille en tas. Les prix (hors montage) s’élèvent à 15000 € pour un andaineur et 18 000 € pour un godet.

Mais économiquement, la récupération des menues pailles vaut-elle toujours le coup ? « Selon le prix de la paille achetée, le seuil de rentabilité varie de 180 à 260 kg/ha. Étant donné les rendements obtenus en système turbine, la récupération des menues pailles est donc toujours intéressante, sans incidence sur les temps de chantier si la menue paille est remise sur l’andain », estime le technicien.

Un autre avantage tient au déstockage des graines d’adventices et la limitation des relevées« Les suivis montrent que la récupération totale des menues pailles a une incidence sur les relevées de céréales, indique Michel Falchier, de la chambre d’agriculture de Bretagne.Toutefois, l’impact reste minime et ne semble pas permettre de modifier les pratiques de désherbage ».

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