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Veaux laitiers : « Je ne connais ni les diarrhées ni les problèmes pulmonaires »

À la SCEA des vertes prairies, en Seine-Maritime, Nicolas Banville concentre ses efforts sur la préparation au vêlage et la prévention pour un bon démarrage des veaux. L’éleveur recherche efficacité et simplicité.

« À l’école, j’ai appris qu’il fallait soigner les taries et la nurserie. Après, les animaux s’élèvent tout seuls », résume Nicolas Banville. L’éleveur mise sur « la prévention » pour une conduite d’élevage « simple et efficace ». « Je perds des mort-nés. Mais quand le veau naît vivant, je ne connais pas les diarrhées ni les problèmes pulmonaires. J’élève des animaux en bonne santé. »

En 2020 et 2021, 100 % de la mortalité des veaux était concentrée sur la période 0-3 jours. Ce taux est descendu à 79 % en 2022, avec trois veaux morts après un mois de vie.

Fiche élevage

SCEA des vertes prairies

1,1 million de litres de lait

95 prim’Holstein

190 ha de SAU dont 55 ha de prairie

4,5 UMO (1 exploitant, trois salariés, un aide familial)

• Premier vêlage à 2 ans

• Colostrums à 23-24 degrés Brix

12 m2 par vache tarie et une ration adaptée

 

 
Vaches taries prim'Holstein mangent de la paille à l'auge
Les vaches taries ont de la paille à manger à volonté. © J. Pertriaux

L’étape clef à la SCEA des vertes prairies est la préparation au vêlage. « J’ai deux corps de ferme, alors il faut que les vaches vêlent toutes seules. Je cherche la facilité de vêlage dans la conduite du troupeau : des animaux pas trop gras mais avec l’énergie qui va bien. »

Nicolas Banville gère les taries en deux lots, dont un de préparation au vêlage. « Les taries ont 12 m2 chacune », chiffre-t-il. Cela fait partie, pour lui, des outils préventifs pour élever des animaux en bonne santé : les taries ont de la place, la litière ne se souille pas trop vite et l'éleveur gagne en temps de travail en ne revenant curer que « toutes les six semaines ». En revanche, « je racle l’aire d’exercice tous les jours ».

Chaque lot a sa ration. Les taries ont 12 kg de maïs, 1,5 kg de soja, 150 g de minéral adapté aux vaches taries à Baca négatif. Les vaches en préparation au vêlage : 18 kg de maïs, 2,2 kg de soja, 200 g de minéral enrichi en magnésie pour aider à la délivrance. « Tout est pesé, je compte les fourches », rationalise l’éleveur, sauf la paille qui est à volonté.

Deux litres de colostrum de sa mère

Une fois né, le veau est séparé « le plus vite possible » de la mère pour éviter les contaminations. Nicolas Banville ne désinfecte pas le nombril, car la pathologie est absente de l’élevage. Le veau est placé en niche individuelle pour éviter les contacts avec ses congénères et les échanges de maladies. Les niches sont situées à l’extérieur du bâtiment, exposées est, à l’abri des vents dominants.

 

 
seau tétine pour donner à boire aux veaux
Le colostrum puis le lait de la mère sont donnés au seau avec la tétine, pour que le veau sache boire tout seul. © J. Pertriaux

Le veau reçoit, dès la première traite, deux litres du colostrum de sa mère, donnés au seau avec une tétine. « Je veux que les veaux sachent boire tout seuls au bout de deux jours. » Ensuite, « je donne deux litres du lait de la mère, matin et soir, pendant huit jours. Ça me prend deux fois vingt minutes par jour pour cinq veaux. Tous les seaux sont lavés à l’eau chaude après chaque buvée ». En période de forte chaleur, l’éleveur abreuve avec de l’eau. Dans sa logique de prévention, Nicolas Banville a investi, il y a cinq ans, dans une station de traitement d’eau par lampe UV, adoucisseur et dynamiseur.

Les niches sont montées sur caillebotis afin de garder la litière sèche. « Avant l’arrivée du veau, je mets deux grandes brassées de paille, pour faire un bon matelas sur lequel on a envie de se coucher. » Entre chaque veau, les cases individuelles sont lavées « au détergent et au nettoyeur haute pression ». À 10 jours, les veaux partent en case collective dans la nurserie.

Un tarissement sélectif en fonction du nombre de cellules

Le jour du tarissement, la vache est systématiquement vermifugée. « Quand elle redonne du lait, elle est immunisée et elle repart à bloc », anticipe l’éleveur. Ensuite, la durée de la période sèche varie en fonction du rang de lactation. « Plus la vache vieillit, plus la période de tarissement rétrécit » : les génisses et les vaches qui terminent leur première lactation sont taries soixante jours avant terme ; celles qui achèvent leur deuxième lactation, quarante-cinq jours avant vêlage ; celles en troisième lactation et plus, trente-cinq jours avant terme. « Pour les vieilles vaches, je veux éviter les fièvres de lait en limitant l’engraissement. »

Ici, le tarissement sélectif est adapté en fonction du niveau de cellules. « Quand la vache est à moins de 80 000 cellules, je mets un obturateur de trayons. Quand elle est à plus de 200 000 cellules, je fais la totale : un antibiotique de soixante jours, un deuxième antibiotique intramusculaire et un obturateur. » Entre ces deux niveaux cellulaires, Nicolas Banville applique « un antibiotique basique de trente-cinq jours et un obturateur. Mais je m’adapte en fonction de l’historique de la vache ».

Avis d'expert : Jean-Michel Cuminet, vétérinaire conseil Littoral normand

« La phase de démarrage de la vie du veau est primordiale »

 

 
Jean-Michel Cuminet, vétérinaire conseil Littoral normand
« Grâce à une bonne préparation au vêlage, le colostrum est de qualité », note Jean-Michel Cuminet. © J.-M. Cuminet

« Plus de 90 % de la prévention des pathologies des veaux passent par deux impératifs : une distribution précoce du colostrum dont la qualité est vérifiée, en quantité suffisante et récolté proprement, et un logement propre et désinfecté, confortable thermiquement. À la SCEA des vertes prairies, les veaux ont un logement individuel, désinfecté, les niches sont bien orientées. En revanche la quantité de colostrum distribuée – deux litres – n’est pas suffisante. Mais grâce à une bonne préparation au vêlage, il est de qualité. Si Nicolas Banville ne désinfecte pas les nombrils, comme c’est souvent le cas en élevage quand il n’y pas de souci de gros nombril, je recommande de le faire, car c’est une porte d’entrée pour les germes. Le reste de la prévention repose sur la mise en œuvre de préventions spécifiques dirigées contre les agents infectieux présents, pour lesquels les mesures zootechniques ci-dessus ne suffisent pas, telles que la vaccination. »

 

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