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Bovins : La teigne est une zoonose de saison

Les bâtiments surpeuplés, manquant de luminosité et de ventilation, trop humides sont des conditions favorisant l’apparition de teigne. Les lésions disparaissent à la mise à l’herbe.

Une génisse avec des lésions caractéristiques de teigne : plaques circulaires, dépilées, sur la tête et l’encolure.
© C. Fouquet

« Quand on aura fini les fouilles, tu pourras regarder mes génisses ? J’en ai deux qui sont bizarres, toutes pelées… » Parasitisme, carence, perte de poils suite à un traitement… Les causes peuvent être nombreuses. Alors entre deux vaches pleines, je pose quelques questions : « Elles ont été malades ? De la diarrhée ? Elles ont eu un traitement ? » « Non, non, elles sont déjà grosses, c’est un lot sans trop de problèmes. » « Est-ce qu’elles se grattent ? » « Non, je ne crois pas, je ne les ai pas vues se lécher non plus ».

Voilà qui semble écarter l’hypothèse poux et gales qui provoquent le plus souvent des démangeaisons. Les animaux se mettent alors à se frotter aux cornadis, aux brosses, à se lécher… La piste sera quand même à vérifier selon l’allure et la localisation des lésions, et la visualisation ou non de parasites !

Et voilà nos génisses, avec de belles taches rondes sans poil sur toute la moitié avant du corps. Aucun parasite visible, pas de surinfection (absence de croûtes, de suppuration), il n’y a plus de doute, c’est la teigne. Le diagnostic définitif repose sur l’analyse de poils, mais les lésions sont quand même très caractéristiques dans le cas présent.

La teigne est un champignon microscopique, responsable de lésions cutanées, aussi appelées dartres, dans diverses espèces dont les bovins. Attention, l’homme fait également partie des espèces concernées : la maladie est contagieuse, la contamination se fait par simple contact avec les bovins ou avec le milieu de vie de bovins infectés. Les spores de ce champignon sont très résistantes dans l’environnement, ce qui explique également des réapparitions régulières dans les élevages qui ont déjà été touchés. La surpopulation, le manque de luminosité et de ventilation, ainsi qu’une humidité trop importante sont des conditions favorisant l’apparition de la teigne, conditions toutes réunies pendant l’hiver dans certaines stabulations. Les animaux sont capables de développer une immunité, ce qui explique que les génisses et les animaux carencés (vitamines A ou E, Zinc…) et/ou immunodéprimés sont plus souvent touchés que les vaches. Une attention particulière doit être portée aux jeunes et aux animaux achetés (potentiellement naïfs vis-à-vis de la maladie ou au contraire porteurs). Ces derniers doivent être isolés impérativement pour des raisons sanitaires plus larges qu’une simple teigne.

Une évolution positive spontanée le plus souvent

Les lésions ont le plus souvent tendance à régresser spontanément en quelques semaines ou mois, ou disparaissent à la mise à l’herbe (exposition à la lumière !). Il est assez rare de mettre en place un traitement sauf en cas de lésions importantes, de mise à l’herbe tardive… À noter que couvrir les animaux d’huile de vidange n’est pas un traitement acceptable : le côté huileux du produit asphyxie le parasite qui finit par mourir, mais la toxicité pour les animaux contre-indique totalement ce type de méthode.

Les spores qui sont la forme de résistance du champignon sont beaucoup plus difficiles à éradiquer. Certains animaux peuvent être porteurs de spores sans développer de symptômes mais en restant contaminants. Un vaccin existe et permet une prévention ou une disparition plus rapide des lésions cutanées. Enfin, la traditionnelle branche de houx (avec les boules) suspendue dans la stabulation n’est pas forcément une panacée imparable : elle reposerait sur la décomposition des boules qui libérerait des composés soufrés, limitant la prolifération du champignon. Aucune toxicité d’une telle manœuvre, mais l’efficacité peut être limitée : encore faut-il que la branche ait encore des boules, des feuilles et pas seulement des toiles d’araignée !

À retenir

Des spores très résistantes dans l’environnement.
Sont plus touchés les génisses, animaux carencés ou immunodéprimés.

Identifier la cause des lésions

La teigne provoque des lésions circulaires dépilées sur la tête et l’encolure, souvent sans démangeaison sauf s’il y a surinfection. Les poux ou gales induisent des lésions de grattage au niveau de la ligne du dessus et de la queue, du léchage, parfois de l’anémie pour les poux ; les parasites sont visibles.

En cas de traitement de la teigne, n’oubliez pas de traiter tous les animaux d’un lot touché, même ceux ne présentant pas encore de symptômes !

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