À l'AG de l'Anicap, le bilan d'une filière caprine solide mais sous tension
L’assemblée générale de l’Anicap a été l’occasion de revenir sur la conjoncture du lait de chèvre avec des marchés jugés solides mais toujours sous tension.
L’assemblée générale de l’Anicap a été l’occasion de revenir sur la conjoncture du lait de chèvre avec des marchés jugés solides mais toujours sous tension.
La filière caprine française retrouve des couleurs après deux années marquées par des difficultés de production. Selon Virginie Hervé-Quartier, de l’Institut de l’élevage, la collecte nationale progresse de 6 % sur les cinq premiers mois de l’année par rapport à 2025, portée par de meilleurs fourrages, un meilleur niveau de productivité et un cheptel plus fourni.
Lire aussi : Un peu plus de lait de chèvre dans les laiteries en 2025
« On revient surtout au niveau de 2023 », a-t-elle toutefois nuancé lors de l’assemblée générale de l’Anicap du 23 juin dernier. L’économiste souligne également plusieurs motifs d’inquiétude : la flambée des coûts de l’énergie et des engrais liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, ainsi que les incertitudes climatiques susceptibles d’affecter la production estivale. Malgré une consommation de fromages de chèvre qui reste dynamique et des importations en recul, les équilibres économiques restent sous tension, tant pour les exploitations que pour les entreprises de transformation.
Forte hausse des coûts d’installation ou de modernisation
Dans ce contexte, les représentants de la filière appellent à maintenir la création de valeur afin de préserver le revenu des éleveurs et le fonctionnement des laiteries. Les éleveurs notamment appellent à une hausse du prix du lait. Joël Mazars, éleveurs aveyronnais et président de la Fnec, alerte sur les défis liés au renouvellement des générations : « Les éleveurs sont limités dans leur capacité d’investissement pour s’installer ou pour moderniser leur exploitation. »
Lire aussi : Les éleveurs de chèvres réitèrent leur demande de revaloriser le prix du lait
Le communiqué envoyé à la suite de l’assemblée générale rappelle ainsi que les coûts de construction ont augmenté de 35 % en cinq ans pour les bâtiments et salles de traite portant l’investissement à environ 1 800 € par chèvre pour une chèvrerie et 400 € chèvre pour une salle de traite.
Des atouts solides et de belles perspectives
Président de l’Anicap, Mickaël Lamy estime que « la création de valeur est centrale » et qu’elle passe à la fois par les prix, l’innovation et la communication auprès des consommateurs. Résolument optimiste, l’éleveur du Maine-et-Loire a d’ailleurs rappelé dans son discours de clôture que la filière caprine dispose d’atouts solides, portés par des marchés dynamiques, une consommation qui résiste et de réelles perspectives de développement en France comme à l’export.
Représentant de Lactalis et des laiteries privés, Davy Hecht a rappelé que les industriels subissent eux aussi une forte inflation de leurs coûts de transformation, notamment pour l’énergie, les emballages et la main-d’œuvre.
Afin de réfléchir à l’avenir de la filière, l’Anicap devrait entamer l’an prochain une réflexion prospective pour imaginer le marché du lait de chèvre à l’horizon 2035.
Lire aussi : AG de l'Anicap : comment l’enseignement agricole s’adapte à tous les profils d’éleveurs ?