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Environnement
La mobilité des pesticides favorise leur transfert

Les risques de diffusion des produits phytosanitaires dans l´eau sont liés aux phénomènes de rétention et de dégradation des pesticides dans le sol.


Le transfert des pesticides dans les sols peut se faire sous forme dissoute ou particulaire, cela dépend du type de produit et de sa réaction avec le sol. Ainsi, les composés anioniques (triazines, urées, carbamates.) seront peu fixés et donc majoritairement présents en solution. Les composés cationiques (composés organophosphorés ou organochlorés) sont beaucoup plus fixés. On parle de composés liés. Dans le cas des pesticides, les prévisions de transfert ou de fixation sont faites sur la valeur du coefficient de distribution, Kd, entre la phase solide et la solution. Plus Kd est élevé, plus le composé est fixé. Il y a risque de transfert lorsque le composé est soluble. Mais pour évaluer ce risque, il faut également tenir compte de la persistance des molécules dans le sol. Le paramètre couramment utilisé pour décrire cette persistance est la demi-vie de dissipation, DT50, qui est le temps nécessaire pour réduire de moitié une quantité initiale de pesticide donnée.
Source : Estimation des risques environnementaux des pesticides. Editions Inra.

La nature chimique des pesticides détermine leur dégradabilité, mais les vitesses de dégradation dans les sols sont également très dépendantes des conditions pédoclimatiques. Les molécules de pesticides à faible risque ont une demi-vie très courte (< 10 jours) et des coefficients de distribution élevés.
Enrique Barriuso, directeur de recherche à l´Inra de Grignon et auteur du livre « Estimation des risques environnementaux des pesticides » explique : « Le Corpen a mis au point l´indice GUS qui permet de classer de manière empirique les pesticides en fonction de leur mobilité potentielle. Les produits sont répartis en deux zones de risques : fort et faible. Le paraquat, par exemple, du fait de sa demi-vie relativement courte et de sa faible mobilité est classé dans la zone à faible risque alors que le diuron est classé dans la zone à risque fort à cause de sa plus forte mobilité et de sa demi-vie longue. »

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