Aller au contenu principal

Coûts et data freinent les développements de l'IA en agriculture

Les entreprises spécialisées dans l'intelligence artificielle s'intéressent encore modérément au marché agricole, compte tenu de sa petite taille.

Les images issues de Sentinel 2 utilisées en agriculture sont très difficiles à qualifier.
© ESA/ATG Medialab

« Contrairement à la domotique ou à la médecine, par exemple, le marché agricole est tout petit. Et en plus, il est spécialisé par productions et par territoire », indique Samy Aït-Amar, de l’Acta. Besoins spécifiques et faibles valorisations possibles à la clé… autant dire que le marché agricole intéresse modérément les entreprises versées dans l’IA. Le secteur peut néanmoins profiter de technologies déjà développées ailleurs… sous réserve que les coûts d’adaptation restent raisonnables. Samy Aït-Amar en a fait l’expérience dans un projet mené avec l’ITB (Institut technique de la betterave) : « nous avions trouvé une start-up américaine ayant développé un capteur susceptible d’éviter le pourrissement des tas de betteraves, expose-t-il. Le produit était vraiment intéressant, mais le chiffre d’affaires envisagé, calculé sur les surfaces de betteraves potentiellement cultivées en France, a tout de suite bloqué le projet ». Résultat, même si l’appétence du secteur est forte, ces nouvelles technologies se développent lentement.

Le stock de data « annotées » insuffisant

D’autant plus que les start-up ou les entreprises qui se lancent se heurtent vite au problème des data. D’une part, elles sont rares. « Pour une parcelle donnée, il n’y a par exemple qu’une donnée de rendement ou qu’un stade de floraison par an », observe Théophile Loyer, chez Cybele Tech. D’autre part, les données disponibles, en particulier les images, ne sont pas « annotées ». Savoir à grande échelle à quoi correspond une tache d’un vert plus clair sur une image satellite (carence en azote, problème au semis…) est extrêmement difficile. « C’est le lot commun dans beaucoup de domaines », remarque cependant Alexandre Termier, chercheur à l’Inria (Institut de recherche en numérique et automatique). Reste qu’en agriculture, de très nombreux paramètres sont à prendre en compte pour réussir l’exercice. Un certain nombre de start-up comme Cropx (israélienne) ou Onesoil (biélorusse) s’y essaient tout de même. Comment ? En fournissant aux agriculteurs des cartes de modulation de leur fertilisation voire de leur irrigation, construites à l’aide des données des capteurs qu’elles leur ont vendus. En couplant ces informations aux images satellites, elles parviennent à qualifier les images. Une bonne façon de se préparer à la prédiction de rendement à l’échelle mondiale…

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Famille Battitt Crouspeyre, parents et enfants au milieu des vignes</em>
« Un mois avant la naissance prévue de ma fille, j’organise mon exploitation en vue de mon congé paternité »

Battitt Crouspeyre, viticulteur dans les Pyrénées-Atlantiques et futur papa, a déjà envoyé son formulaire à la MSA. Il achève…

<em class="placeholder">Application d&#039;un produit phytosanitaire sur blé. </em>
Produits phytosanitaires : la fin de la séparation de la vente et du conseil est actée

L’arrêté publié le 22 décembre entérine la fin de la séparation entre la vente et le conseil des produits…

<em class="placeholder">Paysage de parcelles de grandes cultures.</em>
PAC 2026 : les simplifications déjà actées et celles à valider par la France

Les assouplissements validés en 2024 et 2025 restent d’actualité pour 2026, et notamment ceux relatifs aux …

<em class="placeholder">Parcelle de blé à moitié récoltée avec un orage menaçant. </em>
Exploitations de grandes cultures : des adaptations indispensables pour être viables en 2050
Quelle sera la viabilité économique d’une exploitation de grandes cultures française en 2050 ? L’étude conduite par…
Parcelle de fèverole en Charente.
Grandes cultures : 300 € d’aides PAC en moins par exploitation après la réforme de 2023

Les exploitations de grandes cultures font partie des perdantes de la programmation PAC 2023-2027. Elles enregistrent une…

<em class="placeholder">L’utilisation du nouveau herbicide de Bayer (Mateno Duo) visera en particulier les graminées adventices, en l’associant de préférence avec d’autres produits.</em>
Nouveautés en cultures : un herbicide de nouvelle composition et des fongicides sur céréales à paille

En attendant de nouvelles molécules, la société Bayer a annoncé l'homologation d'un herbicide pour suppléer le retrait du…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures