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Victimes de rodéo sur vos parcelles agricoles, quel comportement adopter ?

Les rodéos sauvages ne sont pas l’apanage des villes. Les agriculteurs sont aussi confrontés à ce phénomène sur leurs parcelles agricoles avec des dommages en perspective pour leur production. Quelle attitude adopter selon la gendarmerie ?

Gendarmes interpellant des jeunes pratiquant un rodéo sauvage à moto cross dans un champ
Particulièrement touché par les rodéos sauvages, le Val d’Oise a mis en place en 2025 un réseau d’agriculteurs référents qui ont un accès à une ligne dédiée du poste de commandement de la Gendarmerie.
© Préfecture du Val d’Oise

 

La lutte contre les rodéos urbains porte ses fruits : le terrain de jeu s’est déplacé dans les champs. En milieu rural, ces courses illégales sont plutôt pratiquées en motocross et quads, endommageant les chemins, mais aussi les cultures et des pâturages.

Plusieurs agriculteurs voulant protéger leurs parcelles ont été pris à parti et blessés par les délinquants, ces derniers mois. Comme cet agriculteur d’Ormes dans la Marne (près de Reims) blessé au visage le 2 mai alors qu’il tentait d’intervenir face à un rodéo sauvage dans son champ.

Lire aussi : Rave party : comment réagir face aux teufeurs et squatteurs de terrains agricoles ?

Quelle attitude adopter face à un rodéo sauvage ? 

Les recommandations de la Gendarmerie sont prudentes et décevantes pour les agriculteurs : ne pas intervenir en flagrant délit ! Comme pour les rave party

Thomas Fourgeot, directeur de cabinet du Préfet du Val d’Oise, comprend « l’exaspération des agriculteurs », mais prône une intervention avec discernement.

En effet, les délinquants peuvent être provocants, nombreux, parfois sous l’emprise de stupéfiant et ou d’alcool. La situation pourrait dégénérer, ce qui serait reproché à l’agriculteur qui s’est interposé comme cet exploitant agricole du Val d’Oise placé en garde à vue après avoir percuté un jeune homme de 21 ans qui faisait du rodéo dans son champs en avril dernier.

Il convient plutôt d’alerter la Gendarmerie et de recueillir des preuves ; concrètement, les plaques d’immatriculation des camionnettes qui transportent les engins. Effectivement, les conducteurs n’arrivent pas sur place en quad ou motocross. Pour plus de discrétion, ils dissimulent les engins dans des camionnettes banalisées.

Dans les zones identifiées comme sensibles du Val d’Oise, des moyens aériens et terrestres sont déployés. Ailleurs, le Gendarmerie intervient en flagrant délit ou ultérieurement. La plupart du temps, les délinquants ayant publié leurs « exploits » sur les réseaux sociaux, le gendarmes arrivent à les identifier. 

 Lire aussi : Un jeune fait du rodéo dans son champ, l’agriculteur embroche sa voiture

Que risquent les fauteurs de trouble dans les champs ?

En application de l’article L322-1 code pénal, les délinquants risquent jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, plus la confiscation des engins.

 

Quelles chances pour l’agriculteur d’être indemnisé ? 

Au-delà de l’infraction pénale, qui relève de l’Etat, les dommages aux cultures devraient être indemnisés par les fauteurs de trouble. D’où l’intérêt de les identifier. Pour enclencher la procédure d’indemnisation, l’agriculteur déclare à son assurance le sinistre et se porte partie civile.

Si la personne condamnée ne règle pas les indemnités, dans les deux mois qui suivent sa condamnation définitive, le Fonds de garantie des victimes pourrait s'y substituer, sous certaines conditions, s'il est saisi dans l'année qui suit la condamnation. Pour déposer votre dossier en ligne www.fondsdegarantie.fr

 

Face aux rodéos sauvages : 6 conseils aux agriculteurs 

  • Ne pas intervenir - ne pas se mettre en danger
  • Alerter en téléphonant au 17
  • Recueillir des informations : plaque d’immatriculation des véhicules accompagnants, couleur des engins, description des pilotes...
  • Estimer le préjudice
  • Porter plainte et se porter partie civile
  • Déclarer le sinistre à son assurance

     

Lire aussi : Champs occupés par les gens du voyage : la FDSEA du Calvados réclame des mesures

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