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Areflh
Les régions productrices de f&l, inquiètes de l’évolution de la Pac

Durant son assemblée générale, l’Areflh (Assemblée de régions européennes fruitières, légumières et horticoles) a signifié son opposition à une gestion nationale des fonds Feader.

Rudolf Moegele, DG adjoint de la DG Agri (Commission Européenne) entouré de Jean-Pierre Reynaud, vice-président de la Région Nouvelle Aquitaine en charge de l’agriculture (à gauche), Simona Caselli, présidente de l’Areflh et Olivier Allain vice-président de la Région Bretagne en charge de l’Agriculture (à droite).
© Philippe Gautier - FLD

L’Assemblée de régions européennes fruitières, légumières et horticoles (Areflh) est revenue dans les terres bordelaises qui l’ont vu naître (c’était en 2000) pour son assemblée générale annuelle le 27 mars dernier. Cette session a vu la présidente sortante, Simona Caselli (ministre régionale de l’Agriculture d’Émilie-Romagne), réélue pour un nouveau mandat de trois ans : « Nous avons atteint les objectifs que nous nous étions fixés : élargissement de l’association avec cinq nouvelles régions et huit AOP, restructuration organisationnelle, ouverture d’un bureau à Bruxelles… Nous avons renforcé notre rôle d’interlocuteur privilégié de la Commission européenne, obtenant des résultats que nous n’aurions jamais pu atteindre seuls ». La présence aux débats de Rudolf Moegele, numéro deux de la DG Agriculture de la Commission européenne, est certainement une preuve de la place prise aujourd’hui par l’Areflh.

« Chaque euro ne peut être dépensé qu’une seule fois », a-t-il expliqué, résumant la philosophie de la Commission en matière de répartition des fonds européens. Le budget de la Pac doit baisser globalement de 5 %, réparti entre le premier pilier (paiements directs) avec -3,9 % et le second (politique de développement rural) avec -15 %. La Commission propose que les États membres soient libres, à partir de plans stratégiques nationaux, d’adapter les mesures de la Pac (dont le Feader relevant du second pilier) à leurs particularités et besoins nationaux. C’est une des préoccupations de l’Areflh : « La proposition tend à marginaliser, voire à compromettre le rôle et l’autonomie des régions européennes dans la gestion de la Pac, en leur confiant la simple tâche de mettre en œuvre des mesures établies au niveau national », relève l’association.

Olivier Allain, vice-président de la Région Bretagne en charge de l’agriculture, n’a pas caché son inquiétude : « Donner aux régions l’autorité de gestion des fonds du second pilier a été un progrès démocratique. Nous ne pouvons donc pas être d’accord avec la proposition de la Commission européenne de n’avoir plus qu’une seule autorité par pays, qui serait à n’en pas douter l’État ».

Simona Caselli a exprimé un même son de cloche : « Nous ne sommes pas contre les plans stratégiques nationaux, mais les régions, qui savent répondre aux besoins spécifiques des différents territoires et de l’agriculture, doivent en effet conserver l’autorité de gestion sur les fonds Feader ».

Rudolf Moegele a apporté quelques précisions sur le sujet : « Dans le cadre des plans stratégiques pour chaque pays, il n’est pas exclu pour les États membres d’apporter de la subsidiarité dans leurs frontières pour le permettre ». Tout ceci dépendra aussi du nouveau Parlement européen à venir, puisqu’il semble désormais acté qu'il ne sera pas possible que les textes soient examinés en séance plénière avant les élections européennes.

Sur la Pac, lire aussi un autre article de FLD

Lors de cette assemblée générale, l’Areflh a accueilli la région le Latium, cinquième région italienne dans l'association.

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