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Melon : à Medfel, une baisse inédite des surfaces est annoncée pour 2025

Les trois bassins de production de melons que sont la France, l'Espagne et le Maroc sont concernés par la baisse de surfaces. La campagne marocaine est en cours. L’Espagne commence à peine. Pour la France, il est encore trop tôt pour avoir des certitudes. Indépendamment, la diversification en pastèques se poursuit en France.

Quatre personnes présentent des prévisions de plantation sur un salon
Jérôme Jausseran (vice-président de l’association interprofessionnelle du melon), Myriam Martineau (présidente AIM) et Rémi Javernaud (animateur AIM) présentent à Medfel le 23 avril les prévisions de plantation 2025 de melon pour la France, l’Espagne et le Maroc.
© Julia Commandeur

Comme chaque année, se sont tenues à Medfel les traditionnelles prévisions de plantation de melon élaborées par l’AIM -association interprofessionnelle du melon française. « La mouture du jour », précise Rémi Javernaud, animateur de l’AIM, bien que ces données soient évidemment susceptibles d’évoluer, comme à l’accoutumée.

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Et c’est une baisse inédite que la filière du melon observe sur les trois bassins de production, tant par son importance (-1 100 hectares !) que sa globalité (les trois pays touchés : France, Espagne et Maroc). Les conditions météorologiques printanières sont de moins en moins anticipables depuis 4 ans avec des extrêmes. A ceci il faut ajouter des perturbations extérieures politiques, économiques (intrants, main-d’œuvre, foncier). Résultat : les stratégies d’entreprise sont de plus en plus difficiles à appliquer.

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Au Maroc, une baisse des surfaces liée à l’incertitude réglementaire et économique

Dans le détail, en remontant du Sud vers le Nord, donc des zones les plus précoces au moins précoces, l’AIM prévoit pour le Maroc une réduction des surfaces de -250 hectares, pour un total de 1 040 hectares. « Une réduction assez inédite liée à l’incertitude réglementaire », estime Rémi Javernaud.

« La baisse n’est pas seulement réglementaire mais aussi liée à une problématique économique, nuance Jérôme Jausseran, vice-président de l’AIM. Il y a une très grosse pression en terme d’irrigation avec seulement un mois d’autorisation (27 décembre 31 janvier). Face au risque, les opérateurs diminuent les surfaces. Pour les années futures, l’Atlas est encore blanc donc il y a des réserves. Et des investissements sont en cours pour de nouveaux barrages donc tout va être fait pour pérenniser la culture du melon. »

A relire : Fruits et légumes du Sahara occidental ne pourront pas être estampillés “Maroc” 

Du nord au sud :

  • Dakhla : 140 ha (-30 ha) ; production de charentais vert ;
  • Agadir : 140 ha (-30 ha) ; production de charentais vert ;
  • Marrakech : 750 ha (-160 ha) dont 50 % de production plein champ et 50 % sous serre. Du charentais vert à 90 %.
  • Kenitra : 120 ha (stable) ; production de charentais jaune.

 « A Dakhla, la récolte est à date engagé à 80 % avec une météo fluctuante mais pas de problème sanitaire marqué, explique Rémi Javernaud. La qualité est globalement satisfaisante. La fin de récolte devrait survenir fin avril-début mai. A Marrakech, on voit un rééquilibrage avec moins de plein champ et plus de serres. Les récoltes ont débuté fin mars pour les cultures sous abri, suivi du plein champ -on est seulement en début de récolte- dans des conditions pluvieuses. Les calibres sont néanmoins bons. »

 

En Espagne, une baisse particulièrement marquée sur Murcia Alicante, qui produit pour le marché français

Pour la 4e année consécutive, l’Espagne observe une baisse de surface marquée (-400 hectares cette année), pour atteindre 2 350 hectares. « Depuis 2021 les surfaces ont été divisées par deux ! », souligne Rémi Javernaud. Sont évoquées des raisons économiques, la pression sur le foncier et l’accès à l’eau, et la hausse des coûts de production. La baisse est particulièrement marquée sur la zone de Murcia Alicante (-300 ha !), qui produit du charentais jaune, donc un melon destiné au marché français.

Une baisse qui préoccupe la présidente de l’AIM Myriam Martineau. Car le melon est un produit qui est attendu par les consommateurs et qui doit être présent dans les rayons au printemps.

« Lassitude face à une météo compliquée, le melon étant le fruit météo sensible par excellence ? Lassitude d’un métier compliqué ? En tout cas, les producteurs arrêtent ou diminuent leurs surfaces », s’inquiète-t-elle.

Depuis 2021, les surfaces en Espagne ont été diminuées par deux

Plantation estimée en Espagne :

  • Séville : 250 ha (-50 ha) de charentais jaune ;
  • Almería : 270 ha (-30 ha) de charentais vert;
  • Murcia Alicante : 1 700 ha (-300 ha), production à 80 % de charentais jaune ;
  • Autres régions : 130 ha (-20 ha) de charentais vert.

« Cette année il y avait une orientation globale des opérateurs espagnols pour la précocité, en réponse à la baisse annoncée du Maroc, analyse Rémi Javernaud. Mais l’Espagne a subi une forte pluviométrie début mars, perturbant les plannings de plantation. On devrait donc avoir une saison plus longue qu’envisagée -bien qu’il soit trop tôt pour le dire, car la nouaison n’est pas encore faite. »

« Si, la nouaison est parfois faite, sur la zone d’Alméria la production a déjà commencécontredit Jérôme Jausseran. Murcia devrait commencer la semaine prochaine [fin avril]. On ne devrait pas voir l’origine Espagne sur nos rayons avant le 20-25 mai, comme la saison marocaine qu’on n’a pas vu passer non plus. Mais nous ne sommes que le 20 avril, il est très difficile d’estimer. » 

Y a-t-il un risque de télescopage avec le melon français ? « Non !, assure-t-il. En France non plus il n’a pas fait beau, nous ne devrions pas avoir de volumes conséquents avants le 15-20 juin ».


En France, une baisse importante concentrée sur peu d’opérateurs

En France, la campagne 2024, économiquement compliquée, a laissé des traces. Les surfaces devraient être en recul de -410 hectares, pour atteindre 10 240 hectares. Les baisses concernent des surfaces importantes concentrées sur peu d’opérateurs.

A relire : Melon : « 2024 est incontestablement une mauvaise année »

  • Sud-Est : 5 700 hectares (stable) dont 480 hectares de serres ;
  • Sud-Ouest : 2 070 ha (-230 ha) dont 30 ha de serres ;
  • Centre-Ouest : 2 470 ha (-180 ha) dont 10 ha de serres ;
  • Autres régions : 100 ha (stable).

Dans le Sud-Est, des épisodes pluvieux sur la deuxième quinzaine de mars ont perturbé les plannings de plantation. Il y aura sûrement des impacts même si il est trop tôt pour tirer des conclusions. La transition entre les melons sous serre et ceux de plein champ devrait avoir lieu autour du 15 juin (à confirmer le 5 mai, puisqu’il y a 5 semaines entre la nouaison et la récolte).

Sur les deux autres régions (Sud-Ouest et Centre-Ouest), les plannings de plantation sont respectés et « se passent bien » à date.

 

En France une baisse continue sur 12 ans

En remontant les chiffres sur 15 ans, on voit que la France observe une diminution de ses surfaces de melon depuis 12 ans. 

Quatre personnes présentent l'évolution des surfaces de melon français sur un salon
Evolution des surfaces françaises de melon depuis 15 ans, présentées par l’AIM. © Julia Commandeur

« Le melonnier français doit reprendre confiance dans son métier », appelle Myriam Martineau. Il faut vraiment redonner de la valeur au melon. » L’AIM a d’ailleurs travaillé sur ce dossier et fait des annonces en ce sens.

D’autant plus que le melon, chouchou des consommateurs l’été, n’a pas de souci de commercialisation. Jérôme Jausseran en est persuadé : « On aurait plus de volumes, je ne serais pas inquiet sur la commercialisation, il faudrait juste faire attention à la gestion des pics. »

 

Diversification : « La pastèque française est en train de trouver sa place sur le marché »

En France, l’AIM estime que les surfaces en melon bio restent stables cette année. Rémi Javernaud souligne « un petit frémissement du marché bio mais il est encore difficile de redonner de la confiance ».

Si il n’y a pas de hausse observée sur de la diversification sur d’autres types de melon, la pastèque française voit une hausse des surfaces. « Il est difficile de tracer les surfaces, elles sont autour de 600-700 ha, peut-être 800 ha, mais en tout cas elles sont en hausse d’une centaine d’hectares cette année. Il y a une dynamique », estime Rémi Javernaud.

Myriam Martineau et Jérôme Jausseran en produisent. « Oui j’en fais un peu, témoigne la première. C’est un produit qui est en train de trouver sa place sur le marché français avec l’aide des distributeurs qui positionne l’origine France et les consommateurs qui trouvent leur plaisir. »

« Et il n’a pas été prouvé que la pastèque concurrence la consommation de melon, insiste le deuxième, qui produit de la pastèque depuis 2008. « Oui, la pastèque est valorisée en tant qu’origine France. La nôtre est positionnée comme un produit premium -nous faisons de la très bonne mini pastèque- mais avec un prix accessible à tous. »

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