Protéagineux : « sur mes terres du sud de l’Aisne, j’économise 100 euros à l’hectare en engrais azoté sur blé grâce au précédent pois »

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Vincent Gandon, agriculteur à Coulonges-Cohan (Aisne),"En pois, je cultive des variétés (pois vert notamment) qui sont recherchées pour certains marchés spécifiques et bien valorisés." Crédits : © EARL de l'Épine

Agriculteur à Coulonges-Cohan dans le Tardenois (sud de l’Aisne), Vincent Gandon consacre environ 20 % de ses 240 hectares à la culture de légumineuses : lentille et pois ces dernières années. Sur le plan agronomique, ces légumineuses permettent une économie substantielle d'engrais azotés sur la céréale qui suit.

« Je fais en sorte de consacrer 20 % de mes surfaces à des légumineuses sur mon exploitation, car ce sont de bonnes têtes de rotation. J’en retire des économies d’azote et des gains de rendement sur le blé qui suit. Après un pois protéagineux d’hiver, j’économise de l’ordre de 60 unités d’azote sur les engrais azotés apportés à la céréale qui suit. L’économie est de 100 euros à l'hectare sur les engrais (ammonitrate) que j’ai achetés en juin à 1,60 euro l’unité mais elle serait plus élevée avec le coût actuel de ces fertilisants.

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Sur un blé avec un précédent pois, j’apporte 120 unités d’azote contre 185 à 190 U sur un blé de betterave ou de colza et 225 U sur un blé de blé avec pailles enfouies. Il y a un effet du pois protéagineux sur la céréale qui suit qui ne s’explique pas uniquement par l’azote apporté. Le gain de rendement du blé est de l’ordre de 20 q/ha par rapport à un blé de blé, de 10 quintaux l'hectare comparé à un blé de betterave ou de colza, pour des niveaux de rendement sur mes terres qui sont de 70 à 90 quintaux l'hectare.

L’enjeu de trouver un débouché rémunérateur pour sa légumineuse

Le pois fait vraiment partie des meilleures têtes d’assolement. Malheureusement, les rendements sont très aléatoires. En 2021, à cause d’une humidité excessive, je n’ai pas pu récolter mon pois. Pour autant, le rendement du blé après ce pois a atteint les 100 quintaux l'hectare contre 70 quintaux l'hectare en blé de blé.

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Compte tenu des aléas de production sur les protéagineux, il leur faut absolument un débouché rémunérateur. Jusqu’à l’an dernier, je produisais de la lentille en contrat mais la concurrence de la production canadienne a fait chuter les prix. J’ai arrêté cette légumineuse. En pois, je cultive des variétés (pois vert notamment) qui sont recherchées pour certains marchés spécifiques et bien valorisés. Je prévois d’en semer 50 hectares cet automne. Certaines années, j’ai obtenu mes meilleures marges avec ces protéagineux.

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La féverole est bien adaptée à notre terroir. Nous gagnerions à disposer des variétés d’hiver sans vicine-convicine pour rendre valorisable ce protéagineux sur des marchés alimentaires rémunérateurs. La féverole a l’avantage de ne pas être sensible à l’aphanomyces, contrairement au pois et à la lentille. En tant qu’élu à la chambre d’agriculture et avec d’autres organismes (Conseil régional, Terres Univia…), nous travaillons à la construction de filières pour valoriser les légumineuses sur notre territoire. »

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EARL de l’Épine. 240 hectares sur des terres argileuses : 100 de blé tendre, 40 de colza, 35 d’orge de printemps, 15 de betterave, 10 de lin, 45 à 50 de légumineuses (pois, lentille).
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