Les ravageurs des cultures ont un florilège de prédateurs parmi lesquels de minuscules guêpes. Elles pratiquent une mise à mort digne de films d’horreur. D’une redoutable efficacité, elles ont cependant besoin, à proximité, de douceurs…
Un insecte minuscule mais néanmoins visible à l’œil nu, le plus souvent de moins de 5 mm, aux longues antennes et à la “taille de guêpe” ? Vous avez sans doute affaire à un hyménoptère parasitoïde. Si en plus, il est présent alors qu’il y a aussi des pucerons, vous ne vous trompez guère. Ces insectes sont du même ordre que les guêpes, les abeilles ou les fourmis. C’est dans cet ordre qu’on trouve le plus de parasitoïdes.
Petite différence entre parasite et parasitoïde… Un parasite se sert de son hôte mais ne le tue pas. Un parasitoïde, au contraire, provoque assurément la mort de son hôte.
Garde-manger sur pattes
C’est la femelle qui officie. Équipée d’une tarière à l’arrière de son corps (son ovipositeur), elle perce son hôte pour y déposer ses œufs (certaines espèces pondent à la surface de l’hôte). Après incubation, ceux-ci éclosent dans le corps du malheureux qui fait office de garde-manger sur pattes. Les larves dévorent littéralement l’intérieur de l’individu, commençant par les organes “non essentiels” pour terminer par les organes vitaux… La nature n’est pas toujours très “soft” !
Il existe des hyménoptères parasitoïdes spécialistes comme généralistes et tous les ordres d’insectes sont leur cible : pucerons, cochenilles, œufs ou chenilles de papillons, larves de coléoptères…
Dans le cas des pucerons, l’intérêt des hyménoptères parasitoïdes est qu’ils sont en général très bien synchronisés avec le cycle de leur cible. Dès l’apparition des premières colonies de pucerons, ils attaquent, chaque femelle pouvant pondre entre 100 et 500 œufs. Le taux de parasitisme peut être alors très élevé, supérieur à 90 %. La régulation de la population de pucerons ne sera cependant efficace que si les adultes de parasitoïdes, émergeant des corps de leurs hôtes, trouvent de quoi se sustenter. Ces microguêpes au stade d’adulte ont besoin de nectar et de pollen pour vivre et se reproduire à nouveau.
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Durant le temps de présence de ces insectes (d’avril à septembre pour ceux qui parasitent les pucerons), il faut donc des végétaux qui leur procurent cette nourriture. Afin de pérenniser leur présence, il est donc bon d’avoir à proximité (les insectes parasitoïdes ne se déplacent pas très loin, une centaine de mètres tout au plus) des haies, des prairies, des bords de champs ou des bandes fleuries. C’est encore mieux si ces ressources de nectar sont présentes dans la parcelle cultivée sous la forme de plantes de service (accompagnant un colza par exemple) ou de bandes fleuries intraparcellaires. Il est en effet très coûteux pour les femelles parasitoïdes de faire des allers-retours entre la production de nectar et leurs sites de ponte. Il a ainsi été montré que la présence de féverole, légumineuse bonne pourvoyeuse de nectar pour les parasitoïdes, avec du colza, augmentait la durée de vie des femelles parasitoïdes et l’importance de leur ponte. D’autres légumineuses sont aussi intéressantes : les trèfles, la luzerne ou la vesce commune.
Du fait de leur mode de vie, les hyménoptères parasitoïdes s’avèrent être très sensibles aux insecticides utilisés contre leurs proies. Le travail du sol peut aussi les affecter, tout simplement parce que beaucoup de ces espèces passent l’hiver à l’état de larve ou de nymphe dans le corps de leur hôte, lequel peut le passer sur ou dans le sol.
Il existe un repère simple pour savoir si une colonie de pucerons est parasitée par des hyménoptères parasitoïdes. Vous observez des pucerons momifiés c’est-à-dire un puceron qui a perdu sa couleur initiale pour une apparence laiteuse, gonflée et qui, évidemment, ne bouge plus ? Il contient la larve de l’hyménoptère et il y a de fortes chances pour que beaucoup d’autres pucerons aient subi le même sort.