Face à deux départs en retraite, le Gaec de Kergoat dans le Finistère prévoit de réduire sa production de lait à terme, afin de rester sous le seuil de chiffre d'affaires à ne pas dépasser pour pouvoir rester au régime du micro bénéfice agricole.
Le Gaec de Kergoat dans le Finistère est au micro bénéfice agricole (micro-BA) depuis de nombreuses années. Suite au départ en retraited'un des associés, il est passé de quatre à trois associés depuis janvier 2026 : Maëva Quéré, sa mère Sylvie Quéré, et son oncle Olivier Guyomarc’h. En système lait bio très pâturant et très économe,l'exploitation compte aujourd'hui 95 vaches laitières à 5 500 litres par vache et par an, sur 125 hectares de prairies permanentes.
Or la transparence Gaec s'applique pour ce régime fiscal avantageux. Le seuil de recettes à ne pas dépasser pour en bénéficier se réduira donc avec la perte d'un associé.
Ne pas dépasser 387 600 euros de recettes en 2029
Plus précisément, en 2026 c'est la moyenne des trois dernières années qui est prise en compte : 2023 à 2025. « Ces années-là nous étions quatre associés, donc il n'y aura pas de risque de dépasser le seuil de 480 000 euros (ancien seuil x 4 associés). Pour 2027, pas de risque non plus de dépassement du seuil de 449 200 euros (moyenne sur 2024 à 2026) car seule l'année 2026 tiendra compte du fait que nous ne sommes plus que trois », détaille Maëva Quéré. En 2028, le chiffre d'affaires ne devra pas dépasser 418 400 euros.
C'est surtout à partir de 2029 qu'il faudra être vigilant et anticiper pour ne pas dépasser le seuil qui sera alors de 387 600 euros. La clôture comptable du Gaec est le 30 juin, « nous profitons de l'occasion pour faire un point précis avec le comptable sur notre trajectoire de recettes. Le reste de l'année, nous évaluons la situation avec la production laitière, le prix du lait, les stocks de fourrage et la pousse de l'herbe », développe l'éleveuse.
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Si le prix du lait est très favorable et que le seuil risque d'être dépassé, le Gaec aura deux solutions. « Nous pourrons décapitaliser quelques vaches, comme nous l'avons déjà fait une année avant la crise du lait bio. Et nous pourrons passer en monotraite sur une plus ou moins longue période. » Le Gaec a déjà démarré cet été un test de monotraite le dimanche soir, pour « voir son impact sur la qualité et le volume de lait. Pour alléger notre travail durant l'été. Et pour passer plus sereinement les canicules ».
Encore une transmission à anticiper
La mère de Maëva Quéré atteint l'âge légal de la retraite cette année. Grâce au changement de la loi, elle peut encore rester dans le Gaec et compter en tant qu'associée pour déterminer le seuil de chiffre d'affaires à ne pas dépasser pour rester au micro-BA. « Quand mon oncle et moi pourrons lui racheter ses partsvia un autofinancement sur plusieurs années, elle pourra quitter le Gaec. Puis, pour rester au micro-BA (seuil à 258 400 € pour deux associés), la stratégie pourra être de vendre quelques vaches et de passer complètement en monotraite. »