Le portage de foncier se développe en France comme une alternative aux banques, afin de soutenir l’accès au foncier dans le cadre d’installation de hors cadres familiaux et Nima. Mais il peut aussi être un outil puissant de transmission familiale. La foncière privée Hectarea est intervenue, en collaboration avec la Safer Nouvelle Aquitaine auprès d’une famille de la Haute-Vienne, à cet effet. Dans la famille Simonet, il y a le grand-père propriétaire d’une exploitation de 62 ha de terres sableuses, à Fromental. Il y a un des huit enfants, Philippe, qui la louait à son père, par bail à ferme. Et il y a plusieurs petits-enfants agriculteurs intéressés pour la reprendre. « La cession de bail de mon père à moi m’aurait exposé, à la mort de mon grand-père (99 ans), à une indivision successorale bailleresse compliquée, qui aurait compromis la viabilité d’une ferme déjà fragile », raconte Édouard Simonet, l’un des petits-fils, polyculteur-éleveur de bovins et d’ovins viande.
Ce n’est pas tant le prix (1 900 €/ha) que l’imbroglio juridique qu’Édouard a voulu contourner. Par contre, il lui a fallu déconstruire le schéma classique de la transmission familiale en ligne directe, en convainquant son frère, son père et son grand-père de faire appel à la foncière Hectarea mais surtout de vendre, et donc d’avoir à faire à la Safer.
Au final, le grand-père a vendu à la Safer. Hectarea et un cousin se sont portés candidats à la rétrocession Safer. Hectarea a été choisie à condition de louer par bail rural avec clause environnementale à Philippe Simonet. Philippe et ses deux fils s'appraitant à constituter une société d'exploitation agricole entre eux. « J’ai été vigilant sur l’état des lieux d’entrée, car nous envisageons de moderniser la ferme et donc de valoriser les améliorations foncières, si un jour mon frère et ou moi avons la capacité financière d’acheter en tant que fermier en place (N.D.L.R. droit de préemption) », détaille Édouard Simonet.
« Durant 10 ans (N.D.L.R. : durant laquelle les investisseurs d’Hectarea sont engagés), nous sommes locataire de personnes qui sont motivées par leur environnement et leur sécurité alimentaire, c’est rassurant », complète-t-il.