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Engrais : une consommation en baisse continue depuis 2010 en grandes cultures

Les livraisons d’engrais spécifiques à la filière grandes cultures ont chuté de 37 % entre 2010 et 2022 en France, passant de 3 430 kilotonnes (kt) à 2 169 kt. Cette baisse des livraisons, associée à une baisse des consommations, est plus marquée pour les engrais phosphatés et potassiques. En parallèle, les prix des engrais n’ont cessé d’augmenter.

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Graphique - Livraisons d’engrais en France en kt équivalent N + P2O5 + K2O
© Source : UNIFA (Union des industries de la fertilisation)

Les ammonitrates sont les engrais azotés les plus consommés

Les livraisons d’engrais azotés ont chuté de 26 % entre 2010 et 2022, passant de près de 2 300 kt (kilotonnes) à 1 719 kt. Les ammonitrates représentent 45 % des volumes (en éq N) utilisés en 2021, suivis par l’urée (30 %) et la solution azotée (14 %). La production française d’engrais azotés avoisine les 736 kt ce qui correspond à près d’un quart de la consommation nationale pour la période avant 2022. La France reste donc particulièrement dépendante des importations intra Union Européenne (Belgique et Pays-Bas) et dans une moindre mesure extra UE (Égypte, Russie, États-Unis).

Les livraisons d’engrais phosphatés baissent de 55 % depuis 2010

226 000 t d’engrais phosphatés ont été livrés en France en 2022-2023. Les 18-46 (DAP) et les engrais granulés azote phosphore (MAP) sont les formes d’engrais les plus utilisées (41 %) suivis des superphosphates (29 %). La production française d’engrais phosphatés est nulle, mais plusieurs acteurs transforment les roches phosphatées importées et/ou les engrais phosphatés simples en mélange ou engrais composés. Les importations extra UE (Maroc puis Russie) représentent en moyenne les deux tiers des volumes totaux importés.

La consommation d’engrais potassiques diminue progressivement

Les livraisons d’engrais potassiques ont chuté de 63 % entre 2010-2011 et 2022-2023 pour atteindre 224 kt. Le chlorure de potassium (MOP) est la forme est la plus consommée, représentant 44 % des volumes suivi par les engrais composés NPK (22 %) et les superpotassiques (16 %).​​​​​​ La France ne disposant pas de ressource propre, les engrais potassiques sont exclusivement importés, principalement de la zone UE (Allemagne et Belgique) qui représentait 85 % des volumes importés en 2023.

Les prix de tous les engrais augmentent avec des pics importants en 2022

Les prix d’importations des engrais azotés produits hors UE ont augmenté de 71 % depuis 2010. L’ammonitrate est l’engrais qui a subi la plus forte augmentation (+ 114 %), passant de 171 €/t en 2010 à 367 €/t en 2023 (avec un pic à 401 €/t en 2022), alors que l’urée a atteint 754 €/t en 2022 pour retomber à 383 €/t en 2023. Les prix des engrais phosphatés d’origine extra UE ont, quant à eux, augmenté de 81 % depuis 2010, ceux des chlorures de potassium de 61 % et ceux des engrais composés de 50 %.

Au niveau mondial, la production d’engrais progresse de 22 %

La progression des engrais azotés s’élève à 19 % entre 2010 et 2021 passant de 99,5 Mt à 118,6 Mt. L’urée représente 70 % des volumes et l’ammonitrate 14 %. En parallèle, la consommation apparente d’engrais azotés a augmenté de 15 % en moyenne triennale entre 2010-2012 et 2019-2021. Au niveau européen, cette consommation est restée relativement stable (9 333 kt en 2021), avec des évolutions divergentes selon les États membres. Les productions mondiales d’engrais phosphatés et potassiques ont augmenté respectivement de 19 % et de 39 %.

Source : Étude sur le fonctionnement général du marché des engrais minéraux dans la situation spécifique des filières grandes cultures - FranceAgriMer, octobre 2024.

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