Pomme : mieux repérer le puceron cendré à l’automne
Outils d'aide à la décision (OAD) et bassines d’eau savonneuse contribuent à mieux positionner les traitements contre le puceron cendré du pommier à l’automne. Non sans limites et contraintes.
Outils d'aide à la décision (OAD) et bassines d’eau savonneuse contribuent à mieux positionner les traitements contre le puceron cendré du pommier à l’automne. Non sans limites et contraintes.
Si des outils d'aide à la décision (OAD) peuvent sérieusement aider à mieux positionner les traitements, ces outils comportent encore des limites, surtout à l’automne. « Actuellement des OAD proposent une modélisation du cycle du puceron cendré, contextualise Clara Carreau, ingénieure d’expérimentation au centre CTIFL La Morinière. Les données obtenues via la modélisation ont été confrontées, dans le cadre de projets, à celles issues des observations terrain afin d’en tester la fiabilité dans nos conditions. Au printemps, les données des deux modèles (Rimpro et FruitWeb) sont plutôt concordantes avec les données observées, quoique plus précoces de quelques jours que sur le terrain (période d’éclosion des œufs, période d’apparition des fondatrices). À l’automne, les modèles sont moins en corrélation avec les observations de terrain. Par exemple, l’un des modèles modélise le vol retour 10 jours à 1 mois en avance selon les bassins. »
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Des projets de nouveaux OAD sont en cours
Pour aller plus loin, des projets sont donc en cours. Comme Puc’Arbo (2025-2027), porté par SudExpé, qui vise à « connaître les dynamiques précises du vol retour (pic, sexe des ailés…) de chaque espèce et construire un modèle, avec l’appui de Rimpro, pour s’affranchir des suivis biologiques parfois aléatoires selon les conditions météo de l’automne », détaille Clara Carreau. Autre piste, en Alsace : via ses essais, la station Verexal contribue à la création d’un modèle sur le suivi du vol retour. Cela à une échéance encore indéterminée, dans le cadre du projet européen Prédire déployé dans le Grand Est. « L’objectif sera que chaque producteur puisse personnaliser le modèle avec ses conditions climatiques, en le reliant à sa station météo, décrit Morgane Lheureux, ingénieure responsable d’expérimentation à Verexal. Sachant que plus les conditions sont fraîches, plus le puceron revient rapidement sur le pommier pour y pondre, après sa phase sur le plantain l’été. »
Installer des bols d’eau savonneuse dans le verger
Autre allié pour positionner les traitements à l’automne : les bols ou bassines jaunes (couleur non sélective) remplis d’eau savonneuse, en vue d’identifier et de compter les pucerons cendrés. Sachant qu’avec ce matériel, reconnaître les insectes est plus simple que sur des plaques engluées jaunes. Au sein de la station Verexal, Morgane Lheureux et ses équipes placent ainsi les bassines en bordure et centre de parcelle, puis communiquent les pics de vol aux producteurs via la chambre. Mais pour des dates qui collent encore plus à la réalité de chaque verger, les producteurs peuvent, en complément, installer ces récipients chez eux… à condition de ne pas craindre la difficulté.
Car il faut relever les bassines deux fois par semaine, pour limiter la dégradation des insectes dans l’eau savonneuse. Vient ensuite la délicate étape de l’identification. « Il faut être formé pour reconnaître les pucerons cendrés parmi tous les autres pucerons et les sexer, pointe Clara Carreau. Cela nécessite pas mal d’entraînement, mais c’est possible et instructif. » Il est donc utile de guetter les formations proposées par les divers organismes. « De plus, des conseillers de certaines chambres peuvent être formés, poursuit Clara Carreau, et la Fredon propose un service d’identification et de sexage. Cela peut être utile en cas de doute sur l’identification, notamment au début. »
En toutes saisons, scruter le verger
À vos loupes ! « Les œufs sont très petits et difficiles à voir, prévient Clara Carreau, ingénieure au CTIFL La Morinière. Ils se situent généralement à l’aisselle des bourgeons et dans les renfoncements du bois. » Il est aussi ardu de repérer les premières fondatrices issues de ces œufs, à la fin de l’hiver. « Une fois le début d’éclosion des bourgeons aux stades C-C3 ou BBCH-53 et 54, poursuit l’experte, il est plus facile d’apercevoir les premières fondatrigènes aptères qui se "promènent" sur le bout des jeunes feuilles. Les premiers enroulements de feuilles apparaissent avec l’augmentation des populations d’aptères. » Autre indice : les fourmis qui « se nourrissent du miellat produit par le puceron », indique Morgane Lheureux, ingénieure à Verexal.