Fruits et légumes en restauration collective : 48% sont français, selon le SNRC
D'après un rapport du Syndicat national de la restauration collective (SNRC) sur la part de l'origine France dans l'approvisionnement de ses adhérents en 2025, 82% des fruits et légumes viennent de l'UE, plus précisément 48% de France et 34% d'autres pays européens.
D'après un rapport du Syndicat national de la restauration collective (SNRC) sur la part de l'origine France dans l'approvisionnement de ses adhérents en 2025, 82% des fruits et légumes viennent de l'UE, plus précisément 48% de France et 34% d'autres pays européens.
« Les entreprises de la restauration collective sont pleinement au rendez-vous de l’origine France », se félicite Isabelle Aprile, présidente du Syndicat national de la restauration collective (SNRC), le 20 mai, dans un communiqué. À l'appui de cette affirmation, l'enquête du SNRC sur la part de l'origine France dans l'approvisionnement en 2025 de ses adhérents, des entreprises qui servent 6,7 millions de repas quotidiennement dans 28 000 restaurants et cantines. Or, si les résultats semblent satisfaisants sur des catégories telles que les œufs et produits laitiers (94% d’origine France) ou la viande (78,3% d’origine France), cela est nettement moins vrai en fruits et légumes. En effet, seulement 48% des approvisionnements en fruits et légumes sont d’origine française, 34% viennent d’autres pays de l’Union européenne et 18% de pays situés hors de l’UE.
Des fruits et légumes étrangers pour répondre à plusieurs problématiques
Pour éclairer, et peut-être justifier, ses approvisionnements hors France en fruits et légumes, le SNRC invoque les spécificités de la consommation en restauration collective. « Les menus intègrent régulièrement des produits qui ne sont pas ou peu produits en France, indique-t-il, voire en Europe (ananas, bananes, agrumes, avocats, etc.), pour des raisons de diversification alimentaire et d’éducation à l’alimentation ». Parmi les 18% de fruits et légumes hors UE, on retrouve ainsi de la banane, de l’ananas, des agrumes, du kiwi ou encore de l’avocat qui sont, d’après le syndicat, « indispensables à la diversité alimentaire ».
Il cite aussi les capacités de production tricolores. « La production française de fruits et légumes, écrit-il, ne couvre en moyenne que 54 % de la consommation nationale sur la période 2021-2023. Ce taux atteint environ 67 % lorsque l’on exclut les produits exotiques tels que la banane, les agrumes ou l’ananas. »
Privilégier l’origine France malgré les coûts
Le SNRC insiste sur le fait que la restauration collective privilégie déjà « largement » l’origine France, même face à des produits importés moins coûteux. Pour illustrer ces écarts de prix, il cite l'exemple de la tomate ronde (catégorie 1, 57-67mm) en s’appuyant sur des données du MIN de Nantes : 3 euros HT/kg pour la marocaine, 3,50 euros HT/kg pour l’espagnole, 3,80 euros HT/kg pour la française et 6,98 euros HT/kg pour la française bio. Contacté par Réussir Fruits et Légumes pour connaître le taux d’origine France dans les approvisionnements en tomates, le syndicat a indiqué ne pas détenir cette information.
« Le véritable enjeu n’est pas d’imposer de nouvelles obligations » selon le SNRC
Les résultats globaux de cette enquête, tous produits confondus, faisaient dire le 20 mai au SNRC que « les entreprises de la restauration collective répondent d’ores et déjà pleinement aux objectifs poursuivis par l’article 4 du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricole » (le projet de loi, consultable sur ce lien, a depuis été adopté à l'Assemblée nationale, le 2 juin, et doit être examiné au Sénat). Au moment de la prise de parole du SNRC, cet article 4 voulait interdire de proposer dans les restaurants collectifs publics des repas dont les produits ne sont pas issus de l’Union européenne, sauf en cas d’absence d’offre. Il a ensuite été durci, le 29 mai, notamment à la suite d'un amendement d’Aurélie Trouvé (LFI) qui a remplacé le périmètre européen par la notion de « territoire français ». Au regret de la ministre Annie Genevard, qui a affirmé que « cette mesure ne tiendra pas devant un juge » (lire ici le compte-rendu des débats).
En l'état, l'article 4 prévoit donc que « sauf en cas d’absence d’offre pour un produit particulier et non substituable dans les quantités demandées, les repas servis dans les restaurants collectifs dont les personnes morales de droit public et de droit privé ont la charge comprennent uniquement des produits originaires du territoire français ».
Pour le SNRC, « le véritable enjeu n’est pas d’imposer de nouvelles obligations aux acheteurs, mais de restaurer la capacité productive de l’agriculture française ».
Comment est calculé l’approvisionnement des adhérents du SNRC ?
L’enquête a été réalisée en mars 2026 et couvre 80 à 85 % des approvisionnements des adhérents du SNRC, pour tous les produits au-delà des seuls fruits et légumes. « Les données ont été déclarées en volume, précise le syndicat, afin de garantir une lecture homogène des approvisionnements entre les différentes familles de produits. Elles ont ensuite été compilées, anonymisées, puis converties en pourcentages pour permettre une analyse consolidée à l’échelle du secteur. »