Installé à Saint-Yvoine depuis 2010, Yannick Allard perpétue une histoire familiale commencée avec son père et son oncle. À la tête d’un troupeau d’une centaine de vaches laitières, dont près de la moitié sont des Jersiaises, l’éleveur de 36 ans raconte son amour pour cette race.
Aujourd'hui, être éleveur n'est pas chose aisée. C'est pourtant la voie qu'à choisi Yannick Allard, 36 ans, installé depuis 2010 à Saint-Yvoine dans le lieu-dit "Les Pics". Yannick connaît les matins qui commencent tôt et les soirées qui finissent tard.
C'est à seulement 20 ans, après avoir fait une école d'agriculture au Breuil-sur-Couze, qu'il décide de marcher sur les pas de son père et de son oncle en rejoignant le GAEC pour s'associer avec eux : « quand je suis arrivé, mon oncle est parti à la retraite », précise le jeune éleveur. C'est ainsi, qu'avec son père, ils se retrouvent à la tête d'un cheptel exclusivement composé de Prim'Holstein dans un premier temps.
« Au début il n'y avait que la maison d'habitation c'est moi qui ai tout construit autour. La première stabule je l'ai faite en 1988 et la dernière en 2014 », se remémore Éric, le papa. Tous les ans, petit à petit, tôles par tôles, l'exploitation a grandi pour maintenant mesurer autour de 180 hectares répartis sur deux sites : aux Pics et au Vernet-Sainte-Marguerite.
Lorsque Yannick rejoint l'équipe, les Jersiaises ne font pas encore partie de son quotidien. Ce n'est qu'en 2016 qu'il introduit trois Jersiaises dans son troupeau « au début c'était juste un essai pour comparer les taux de matières grasses » explique-t-il. En effet, la race Jersiaise est renommée pour la qualité exceptionnelle de son lait, le plus riche de toutes les races bovines en matière grasse (ce que l'on appelle le taux butyreux) et en protéines. Aujourd'hui, il élève une centaine de vaches laitières, dont près de la moitié sont des Jersiaises. Une race qu'il ne demandait qu'à découvrir, avant de lui donner progressivement une place centrale dans son troupeau.
Une race « très facile à vivre »
Il suffit de quelques minutes passées près du troupeau pour comprendre ce qui plaît chez ces vaches. « Elles sont très faciles à vivre. C'est une race qui est très câline et il n'y a pas plus curieux », raconte le trentenaire, tombé amoureux de la race. Aussi, ce sont des vaches qui sont moins lourdes et moins gourmandes que les Prim'Holstein qui constituent l'autre moitié du troupeau.
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Cette proximité semble compter pour l'éleveur. Au-delà de leur production, ce sont aussi des bêtes avec lesquelles il prend plaisir à travailler au quotidien malgré quelques péripéties notamment quand l'une d'entre elles tombe dans la fosse à lisier ! « C'est tellement curieux qu'elle soit passée de l'autre côté de la barrière et qu'elle ait glissé » raconte Éric. « Si elles peuvent faire une bêtise elles vont le faire », poursuit-il. Une mésaventure heureusement sans conséquence dramatique mais qui rappelle que dans un élevage, les journées peuvent rapidement prendre une tournure inattendue.
Yannick ne cherche pas à donner une image idyllique du métier d'éleveur. Il parle volontiers des difficultés rencontrées au fil des années. Entre 2010 et 2011, lorsqu'il a installé son troupeau dans un nouveau bâtiment, les débuts ont notamment été compliqués. « S'il avait été tout seul je pense qu'il aurait tout arrêter », s'inquiète Madeleine sa maman. À cette période, des animaux ont été perdus, « on a eu des catastrophes c'était phénoménal. Les bêtes glissaient sur le béton, on a perdu une quinzaine de vaches », confie le père de Yannick. Ces épisodes auraient pu le faire douter mais Yannick a continué. « C'est un métier passion », avoue-t-il. Avant d'ajouter que sans cette passion, « ce n'est pas bon de le faire ».
Une passion qui n'empêche pas les coups de fatigue ni les moments de colère. « Il y a des jours avec et des jours sans », reconnaît-il.
Et après ?
Yannick a deux enfants, âgés de 4 et 12 ans. Savoir s'ils reprendront un jour l'exploitation est encore une décision prématurée. « Ils ont le temps », sourit-il. Lui-même sait que le métier devra évoluer. Son propre projet pourrait d'ailleurs poursuivre la transformation déjà engagée en 2010 : augmenter encore la part des Jersiaises dans le troupeau, peut-être jusqu'à en faire la totalité à terme ? À suivre...
Prochaine étape : le Sommet de l'élevage où quatre de ses Jersiaises participeront au Concours Interrégional Jersiaise « Sommet Jersey Show ». Rendez-vous le jeudi 8 octobre à 13h30 !