La sous-espèce de « Xylella fastidiosa » associée à la maladie de Pierce a été détectée dans le vignoble Luxembourgeois mi-octobre 2026. Si le foyer a été traité, la vigilance reste de mise, y compris en France.
Le foyer n’est pas apparu dans une région méridionale, comme on aurait pu s’y attendre. C’est au Luxembourg que Xylella fastidiosa, sous-espèce fastidiosa, a été détectée le 12 octobre 2026, comme l’a communiqué le gouvernement du Grand-Duché. La bactérie responsable de la maladie de Pierce a été repérée dans trois sites, sur les communes de Mertert et Grevenmacher, dans le vignoble mosellan, à l’est du pays.
Une surprise, étant donné que les signalements précédents situaient la sous-espèce de la bactérie aux Baléares et en Estremadure, en Espagne, dans plusieurs régions du Portugal et dans les Pouilles en Italie. Introduction par des plants ou transport via un insecte ? « Des tests de génotypage pour trouver l’origine géographique et retracer la source de l’infestation sont en cours dans un laboratoire spécialisé en Italie », livre Marc Fiedler, chef de service de la section viticulture au ministère de l’Agriculture luxembourgeois.
Xylella fastidiosa étant classée parmi les organismes de quarantaine prioritaires dans l’Union européenne, deux stratégies peuvent s’appliquer pour la gestion des foyers : l’éradication ou l’enrayement. Au Luxembourg, un programme d’éradication a été enclenché. L’arrachage des vignes dans un rayon de 50 m autour des ceps atteints s’est terminé au 30 octobre 2026. Les autorités ont annoncé leur intention de dédommager les viticulteurs pour les pertes occasionnées.
Vigilance lors de la taille dans les zones tampons
Deux zones tampon d’un rayon de 2,5 km ont été instaurées. Des mesures ont aussi été prises par la Rhénanie-Palatinat, en Allemagne, étant donné la proximité des foyers avec la frontière. De part et d’autre, des prélèvements portant sur plusieurs centaines de ceps ont été effectués pour analyses complémentaires. Les résultats n’étaient pas encore connus début novembre.
Dans cette attente, les autorités allemandes appellent les vignerons concernés par les zones tampons à la vigilance, notamment pendant la taille, s’ils venaient à repérer des vignes où les pétioles sont restés sur les bois après la chute des feuilles, l’un des symptômes caractéristiques de la maladie de Pierce. Ils recommandent aussi de commencer à tailler après le premier gel, de nettoyer et désinfecter les outils de taille ou de prétaille entre les parcelles et de laisser les bois dans la parcelle pour éviter de disséminer la bactérie.
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En France, les vignobles mosellans sont en continuité directe avec les régions touchées. Les prospections de surveillance du territoire n’ont pas révélé d’échantillon positif cette année. Le ministère de l’Agriculture a prévu de renforcer et d’orienter les actions pour l’an prochain en fonction des résultats de l’enquête luxembourgeoise. Par ailleurs, les mêmes précautions peuvent s’appliquer que pour la flavescence dorée. « Nous encourageons les vignerons à vérifier que les plants sont bien munis de leur passeport phytosanitaire et que le traitement à l’eau chaude a bien été effectué », indique Arthur Froehly, responsable du pôle technique du Civa (conseil interprofessionnel des vins d'Alsace).
Ces dernières années, plusieurs foyers de Xylella fastidiosa ont été détectés en Corse, Provence et Occitanie. Mais c’est principalement la sous-espèce multiplex qui a été identifiée. Celle-ci est associée à des brûlures foliaires et dépérissement sur deux arbustes ornementaux, le polygale à feuille de myrte et le genêt d’Espagne.
Reconnaître la maladie de Pierce
Décrite pour la première fois en Californie en 1892, la maladie de Pierce se manifeste par des dépérissements sur vigne et provoque, à terme, la mort du cep atteint. Les symptômes qui doivent alerter : un mauvais aoûtement et les pétioles qui restent attachés aux tiges à la chute des feuilles. La maladie est particulièrement inquiétante car, excepté le traitement à l’eau chaude des plants, « à ce jour il n’existe aucun traitement efficace contre Xylella fastidiosa. La prévention reste la première ligne de défense », décrit le bulletin sanitaire de la plateforme d’épidémiosurveillance sanitaire végétale (ESV). En France, le vecteur principal est le cercope des prés, Philaenus spumarius.