Cette année, la traditionnelle fête de la Madeleine, dans les rues de Saugues, a pris une autre dimension. En effet, durant tout le week-end, la ville accueillait un événement de portée nationale et internationale dédié au mouton et plus spécifiquement à la tonte des moutons. A cette occasion, la municipalité avait ouvert les portes du marché aux bestiaux « Michel Malige » où se déroulait le championnat de tonte de l´association des tondeurs de moutons (ATM). Durant ces deux jours dédiés à la tonte mais aussi à la production ovine en général, une ambiance formidable régnait sur les lieux. Explosion de joie, convivialité, échanges, tels étaient les maîtres mots de cette grande fête. Le concours de tonte a captivé l´ensemble des visiteurs. 115 tondeurs de tous horizons, français, étrangers, professionnels, amateurs ont « déshabillé » 1 200 agnelles conduites sur les lieux au rythme de la tonte par des éleveurs du département.
Douze étrangers sur un total de 115 tondeurs en concours
Plusieurs catégories de tondeurs avaient été constituées : « les intermédiaires » pour les débutants, « les seniors » pour les tondeurs confirmés et les « open » pour ceux qui sont très expérimentés. Le concours comprenait aussi une catégorie féminine, une autre pour les amateurs locaux et une catégorie internationale. Douze étrangers provenant d´Autriche, Nouvelle-Zélande, Norvège, Suisse, Espagne, Italie (Sardaigne) et Grande-Bretagne (Ecosse) ont pris part à cette compétition. Un mouton coincé entre les jambes et une tondeuse à la main, les candidats se sont appliqués à la tâche sous les encouragements d´un public intéressé et impressionné. Entourés de juges, les tondeurs ont tenté de travailler du mieux possible en un temps record.
« Les juges étaient chargés d´évaluer la qualité de la tonte ; le but étant de tondre au plus près de la peau et sans couper les mèches de laine en deux. Sont également évaluées la finition (aspect général de la brebis, traces de laine, éventuelles coupures sur l´animal) et la vitesse de tonte », a indiqué Valérie Sainrat, tondeur membre de l´ATM. Ce concours, qui a fait un vainqueur par catégorie, a également permis de désigner le champion de France de tonte. Tout près de l´activité tonte, l´espace ovin réunissait l´ensemble des structures de Haute-Loire qui interviennent pour l´élevage ovin ; la Chambre d´agriculture, les deux organisations de producteurs (APIV 43 et COPAGNO), Codélia, la FDO (Fédération départementale ovine), le GDS et l´Upra Races ovines des Massifs, parlaient d´une seule et même voix pour assurer la promotion de la production ovine.
Des démonstrations techniques (identification électronique, diagnostic de gestation, logiciel de gestion de troupeau.) révélaient « qu´être éleveur ovin aujourd´hui, c´est être un professionnel de l´agriculture » comme l´a signalé Claude Font, président de la FDO. De même, Gilbert Bros, président de la Chambre d´agriculture, a indiqué que « le mouton est une production d´avenir pour le département. Il doit gagner de l´importance. Nous avons deux Organisations de producteurs pour assurer les débouchés et mettre en place des politiques de qualité ; toutes les conditions sont réunies pour réussir. Mais les pouvoirs publics doivent aussi nous accompagner ». Une présentation de 160 ovins de race Bizet, Blanche du Massif Central, Noire du Velay et Lacaune permettait aux visiteurs de découvrir les races implantées dans le département. A l´extérieur du marché, des exposants présentaient leurs matériels spécifiques ovins. A travers cette manifestation, la Haute-Loire a démontré qu´elle était aussi une terre de moutonniers.