La ministre de l’Agriculture Annie Genevard ne sera finalement pas présente au Sommet de l’Elevage le mardi 6 octobre, a annoncé son cabinet ce 5 octobre. Pour cause, le manque de sécurité disponible, lié aux mobilisations lycéennes, affirme son entourage.
« En raison de la mobilisation prévue ce mardi 6 octobre […] nous sommes contraints d’annuler la visite de la ministre [de l’Agriculture, ndlr] au Sommet de l’élevage, prévue les lundi 5 et mardi 6 octobre », annonce le cabinet d’Annie Genevard ce 5 octobre. Une décision prise « à la demande du Premier ministre », car la préfecture « n’est pas en mesure d’assurer la sécurité du déplacement ministériel », indique le ministère, alors que des mobilisations lycéennes sont prévues le 6 octobre.
Annie Genevard était prévue ce 5 octobre au soir pour inaugurer l’évènement d’ouverture « Pâture » du Sommet de l’Elevage, situé Place de Jaude à Clermont-Ferrand. Le 6 octobre, la ministre de l’Agriculture devait participer à l'ouverture du salon à Cournon d’Auvergne aux côtés de son président Jacques Chazalet. Outre les déambulations dans les halls, Annie Genevard devait aussi conclure la conférence « Éleveurs, prairies, revenus et territoires : quelle PAC pour continuer à produire demain ? ». Et était attendue pour échanger avec les élus locaux et les responsables professionnels.
Des réponses sur l’assurance prairie demandées par les associations de ruminants
La ministre de l’Agriculture était notamment attendue sur le sujet de l’assurance prairie, qui a fait l’objet de différentes actions syndicales, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Massif central. Dans un communiqué du 5 octobre, les associations de ruminants de la FNSEA (Fédérations nationales bovine, des éleveurs de chèvres, ovine, et des producteurs de lait) appellent à la diffusion d’une « cartographie nationale avec les taux de pertes sur les prairies estimés par l’Indice satellite à date ». Les organisations dénoncent aussi l’écart entre l’état de perte mesuré par le satellite et celui issus des retours de terrains, qui « font état de pertes supérieures à 50 % dans la majorité des départements ». Ils demandent donc une nouvelle méthode de suivi des pertes « dès la campagne prochaine ». Et appellent à intégrer un rectificatif financier des indemnisations, « d’assurances et de solidarité nationale », dans le projet de loi de finances 2027.
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Réagissant au projet de loi de finances présenté le 1er octobre, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) regrettent dans un communiqué l’absence de « mesures immédiates de trésorerie tant attendues sur le terrain ». Et dénonce le « silence » sur le plan de rebond annoncé par le gouvernement au moment de la présentation du plan Casi. La Coordination rurale (CR) demande, dans un communiqué, une « traduction concrète » du « plan de relance de l’agriculture française » annoncé par Annie Genevard. Le syndicat appelle notamment à publier les décrets d’application de la loi d’urgence agricole. Dans un communiqué, la Confédération paysanne réclame de son côté que le budget 2027 permette d’abord « à chaque ferme de surmonter cette crise », puis de « réorienter le modèle agricole vers plus de robustesse ». Le syndicat paysan a aussi appelé son réseau à rejoindre les mobilisations lycéennes, selon un post publié le 4 octobre sur Facebook. « Nous rejoindrons la colère de la jeunesse et nous y joindrons la nôtre », annonce le syndicat, dont des représentants seront présents au Sommet de l’Elevage.