Le gouvernement Lecornu a présenté ce 1er octobre son budget 2027 marqué par l’annonce de 54 milliards d’euros d’économie. Le budget du ministère de l’agriculture se stabilise à près de 4 milliards d’euros après un été 2026 très compliqué pour les agriculteurs.
Le budget 2027 doit être voté pour éviter une loi spéciale sinon le gouvernement devrait suspendre les dépenses d’intervention « dites discrétionnaires » dont les aides aux agriculteurs en faveur de l’adaptation du changement climatique, peut-on lire dans le dossier de presse du budget 2027 du gouvernement présenté ce 1er octobre en Conseil des ministres.
Un budget basé sur 54 milliards d’économies mais qui promet de « mobiliser les moyens nécessaires pour apporter une réponse rapide aux crises et accompagner les exploitations agricoles fragilisées», affirme le gouvernement Lecornu.
Le budget du ministère de l’Agriculture se stabilise à 3,94 milliards d’euros
En ajoutant crédits budgétaires et taxes affectées, le budget du ministère de l’Agriculture, proposé dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 sera de 3,94 milliards d’euros, contre 4 milliards l’an passé. En crédits de paiement, le budget passe de 3,5 à 3,3 milliards d’euros. Une stabilisation qui intervient après deux ans de basse alors que le budget 2024 s’élevait à 5,37 milliards d’euros d’autorisations d’engagements.
Plus de moyens pour le fonds national de gestion des risques en agriculture
Dans le détail, après les épisodes de sécheresse et de canicules de 2026, le financement du Fonds national de gestion des risques en agriculture (FNGRA) est renforcé de 100 millions d’euros, porté à 600 millions d’euros (y compris les fonds européens), la subvention de l’état progressant de 52 millions d’euros.
Le dispositif de garantie GRETEA (pour le réaménagement des dettes et renforcement de la trésorerie des exploitations agricoles) est prolongé d’un an pour faciliter l’accès au crédit des exploitations en difficulté financière.
Le fonds hydraulique agricole est préservé avec un budget stabilisé à 60 millions d’euros d’engagements.
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Un suramortissement pour les projets agricoles d’avenir et le TO-DE prolongé
Le budget 2027 prévoit par ailleurs « un nouveau suramortissement agricole » qui soutiendra fiscalement les investissements labellisés « projets agricoles d’avenir ».
Le dispositif TO-DE d’exonération de cotisation patronale pour les travailleurs saisonniers sera prolongé avec un financement prévu de près de 600 millions d’euros (contre 449 millions d’euros précédemment selon l’AFP).
A noter par ailleurs le renforcement des ressources de l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) grâce à une hausse de sa subvention et du plafond de la taxe qui lui est affectée et, comme promis, par Annie Genevard un budget stable accordé aux Chambres d’agriculture à 335 millions d’euros.
Face à l’intensification des crises sanitaires, le budget 2025 prévoit un renforcement des moyens consacrés aux vétérinaires sentinelles (avec 7 millions d’euros supplémentaires). Par ailleurs 4 millions d’euros de nouveaux crédits seront consacrés au suivi des PFAS dans l’alimentation et les moyens de l’Anses seront réhaussés.
Par ailleurs l’Agence de services et de paiement (ASP), qui verse les aides PAC aux agriculteurs, voit sa dotation renforcée de 18 millions d’euros pour moderniser son système d’information avant la prochaine programmation et ainsi « faciliter et sécuriser les versements aux agriculteurs », peut-on lire dans le dossier de presse.
A noter par ailleurs que le budget 2027 prévoit pour l’enseignement agricole 46 ETP supplémentaires afin d’accompagner la hausse des effectifs.