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Sécheresse dans l'Allier : un plan de soutien agricole à hauteur de plusieurs millions d'euros

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Christophe Noël du Payrat, préfet de l'Allier, a exposé les priorités et mesures prévues pour l'année scolaire aux journalistes locaux. Crédits : © AC

Face aux impacts de la sécheresse sur les exploitations du département, le préfet de l'Allier, Christophe Noël du Payrat, a détaillé, lors de sa conférence de presse de rentrée, les mesures économiques de soutien au monde agricole. 

Un « fonds de réarmement agricole » de 2 095 000 €

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a donné un plan décliné localement avec des enveloppes « à la main des préfets ».

Dans l'Allier, le fonds de réarmement agricole s'élève à 2 095 000 €, qui seront complétés « dans le courant de l'automne ».

Face à des agriculteurs tous touchés, le préfet a priorisé deux catégories. 

D'abord les jeunes agriculteurs et nouveaux installés avec un dispositif qui se veut simple : « ça prend 5 minutes de remplir le formulaire. Le seul document demandé, c'est un RIB ». 

Les premiers décaissements ont lieu « dans les jours qui viennent ». 

Ensuite, les exploitations les plus en difficulté : l'administration « internalise la complexité » et examinera les comptes, en lien avec le réseau bancaire et la MSA, pour déterminer qui est aidé, comment et à quel niveau — en veillant à soutenir des entreprises viables.

 

 

Près de 6 millions d'euros de dégrèvements de taxe foncière

Autre mesure : les dégrèvements de taxe foncière sur les propriétés non bâties, fixés à un taux élevé de 50 %, pour un montant « de près de 6 millions d'euros ». 

L'information sera diffusée auprès des mairies : quand il y a un fermier, le propriétaire doit lui faire bénéficier du dégrèvement, une obligation prévue par le Code rural. 

Les fermiers peuvent d'ailleurs déduire directement le dégrèvement du fermage avant la fin de l'année.

S'ajoutent des dispositions nationales : les calamités agricoles, dont les pertes de récolte seront chiffrées « dans les semaines qui viennent », les dispositifs de la MSA (accompagnement psychologique, reports d'échéances), l'aide aux engrais et au carburant agricole — environ 800 demandes par mois pour 350 000 € mensuels, l'aide au GNR étant prolongée jusqu'à la fin de l'année.

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Anticiper pour pouvoir être aidé

Le préfet a aussi appelé les exploitants à franchir le pas d'Agridiff, dispositif d'aide aux exploitations en difficulté existant mais « très peu utilisé ».

« Tout ça se fait dans des règles de confidentialité extrêmement strictes », assure-t-il. 

Et de prévenir : si les agriculteurs viennent trop tard, « on ne peut plus les aider. 

Il faut anticiper ». Agridiff propose aides financières, audit et soutien psychologique et social.

 

 

Préparer le long terme

Au-delà de l'urgence, le gouvernement annoncera cet automne des mesures d'adaptation au changement climatique. 

Le préfet salue une « prise de conscience forte » du monde agricole : « Ce qui s'est passé cet été, c'est ce qu'on pensait qu'il se passerait dans 5, 10 ou 20 ans. Il faut accélérer très clairement. » 

Il s’agit de créer ou remettre en état les retenues d'eau, sous-utilisées et simplifiées par la loi d'urgence agricole, tout en adaptant les cultures pour une gestion « plus sobre et plus efficace » de l'eau ; et faire évoluer les bâtiments d'élevage, avec les fonds européens gérés par le Conseil régional, pour plus de confort animal.

 

Lire aussi : Trois clés pour renforcer la résilience de son exploitation

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