Légumineuse : « Avec du trèfle violet en interculture longue semé sous couvert de blé, j’apporte jusqu’à 140 unités d’azote minéralisable à mes sols dans le Jura »

- - 5 min
Benoît Jacquot, agriculteur bio à Bans (plaine du Val d’Amour dans le Jura)"Le trèfle violet semé sous couvert de blé au début du printemps prend son essor une fois la céréale récoltée." Crédits : © Cerfrance et S.Huet

Producteur en agriculture biologique à Bans (plaine du Val d’Amour dans le Jura), Benoît Jacquot intègre des légumineuses chaque année dans sa rotation culturale, associées ou non à une autre culture. C'est sa garantie de fourniture suffisante d'azote à ses sols et ses productions.

« La fourniture de mes sols et de mes cultures en azote repose sur les légumineuses, étant donné que je n’apporte pas d’azote sous forme d’engrais organique. » C’est ce que rapporte Benoît Jacquot, agriculteur biologique à Bans (plaine du Val d’Amour dans le Jura). Il veille à intégrer une légumineuse chaque année dans sa rotation, que ce soit par une prairie temporaire de luzerne, l’association de céréales et de protéagineux, du méteil ou encore la culture de soja.

Témoignage |  Protéagineux : « sur mes terres du sud de l’Aisne, j’économise 100 euros à l’hectare en engrais azoté sur blé grâce au précédent pois »

Toutes les pailles sont restituées au sol. Le couvert d’interculture participe également à la fourniture d’azote. Du trèfle violet est semé sous couvert de céréale pour que cette légumineuse se développe bien à l’interculture. « Les graines (14 kg/ha) doivent être semées de fin mars à début avril avant que la céréale ne soit trop développée pour qu’elle puisse lui laisser de la lumière pour la levée, témoigne Benoît Jacquot. Le semis ne doit pas être plus précoce, sous peine d’exposer la culture au risque de gel dans cette région. Je le réalise avec une herse étrille de 12 mètres équipée d’un semoir pneumatique. »

Le trèfle se développe lentement sous le blé

Pendant le cycle du blé, le trèfle développe timidement son feuillage mais il construit son système racinaire. Le blé est récolté autour de la mi-juillet et le trèfle prend alors son essor. En fonction de son développement, il est fauché à la mi-août puis une seconde fois vers le 10 septembre en laissant les coupes au sol. « Je pratique cette technique depuis 2020 et j’ai atteint jusqu’à 7 tonnes à l’hectare de biomasse au total sur une année, rapporte l’agriculteur. À la première coupe, le rendement peut atteindre 3,5 tonnes de biomasse à l’hectare, un peu moins à la deuxième coupe. »

Le point sur |  Protéagineux : jusqu’à 60 unités d’azote économisées pour la céréale ou le colza qui suit

Des analyses sont réalisées avec la méthode Merci. La restitution d’azote est importante. « En 2023, avec une matière sèche aérienne de 5 tonnes à l’hectare de trèfle violet mesurée début septembre, la restitution au sol était estimée à 143 unités d’azote par hectare au total, dont 62 unités dans le premier mois de minéralisation », illustre le producteur. Autre avantage : le trèfle restructure bien le sol pendant l’été et sa bonne couverture du sol empêche le développement des adventices.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Une luzerne laissée deux ou trois ans en place en fonction de la présence d’adventices

La luzerne concourt beaucoup à l’apport d’azote au système. Elle est également utilisée pour nettoyer la parcelle vis-à-vis des adventices, auquel cas la culture reste en place durant trois ans. En l’absence d’infestation importante de mauvaises herbes, l’agriculteur laisse la luzerne deux ans.

Lire aussi |  Semer des féveroles de printemps à l’automne est-il un pari gagnant ?

Un blé (avec féverole) suit la luzerne, dans lequel le semis de trèfle est réalisé. Une seconde céréale est ensuite implantée, puis un soja et un tournesol… « J’estime avoir assez d’azote dans mes sols par rapport aux objectifs de rendement que je me fixe. Je fais des analyses de sol chaque année pour suivre leur fertilité, le taux de matière organique, la part d’azote disponible… », précise Benoît Jacquot.

Cette année, avec la sécheresse, le trèfle a levé sous le couvert de la céréale mais sa croissance s’est ensuite arrêtée. « Il a bien résisté à ces conditions difficiles même si aucune fauche n’a été nécessaire au cours de l’été, compte tenu de sa croissance limitée, observe Benoît Jacquot. Il apportera moins d’azote que les autres années mais, sur mon exploitation, c’est toute la rotation culturale qui est conçue pour la fourniture azotée avec, en outre, une action bénéfique sur l’activité des micro-organismes du sol qui restituent de l’azote. »

Le point sur |  Pois d’hiver : les clés d’une implantation réussie

Ferme des Coquelicots. 95 hectares dont 65 de cultures de vente (blé associé à féverole, méteil céréale-protéagineux, soja, tournesol…), 15 de luzerne en prairie temporaire, 15 de prairie permanente.

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires