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Les prairies multi espèces répondent à l'adaptation au changement climatique par rapport à deux points en particulier : la capacité de pousse de l’herbe dans des périodes chaudes ou froides et la résistance. Ainsi, on peut avoir des prairies multi espèces qui démarrent plus tôt que des ray-grass anglais / trèfle blanc et donc potentiellement faire pâturer les vaches laitières ou faucher plus tôt.
Demain, la pousse de l'herbe va avoir une cassure assez importante l'été à cause du changement climatique, et potentiellement une pousse intéressante à l’automne et l’hiver« Avec des prairies multi espèces qui démarrent tôt pour optimiser la productivité au printemps, on peut aussi choisir des espèces qui ont des capacités de pousse plus importantes en période estivale », souligne Benoît Possémé, conseiller spécialisé fourrage à la Chambre d'agriculture de Bretagne.
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Dans la majorité des cas, on va aller chercher une des deux grandes graminées résistantes au sec : fétuque élevée ou dactyle « avec une nette préférence pour le fétuque élevée, qui va permettre plus facilement aux autres espèces de se maintenir dans le mélange ».
On gardera également en graminée une espèce comme le ray-grass anglais, qui s'implante assez vite, même si il ne sera pas là l'été, il sera utile sur d'autres périodes.
Pour les légumineuses, le trèfle blanc reste souvent un incontournable. La deuxième légumineuse qui va correspondre aux objectifs de l'éleveur : soit luzerne ou trèfle violet.
Le frein de la luzerne va être lié à l'hydromorphie des sols, ce qui l'empêche d'être implantée partout. Même si le pâturage de luzerne se développe, ce n'est pas non plus la légumineuse la plus adaptée au pâturage notamment à cause du risque de météorisation. Quant au trèfle violet, son inconvénient réside dans sa durée de vie, surtout si on raisonne ses prairies sur 4 ou 5 ans.
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Avec les prairies multi espèces, si les conditions sont sèches, impossible d'empêcher la baisse de production fourragère l'été, mais le creux sera réduit nettement. « On gagne 15 jours de pousse de plus avant que le sec ne soit vraiment pénalisant et la pousse peut démarrer 15 jours plus tôt en automne si il y a des averses fin août, donc on gagne quasiment un mois de pousse supplémentaire par rapport à des prairies d'association », ajoute Benoît Possémé.
Sans compter qu'au-delà des aléas climatiques, en prairie multi espèces, on est à 30% de productivité en plus en moyenne par rapport à des prairies d'associations. C'est donc une façon de sécuriser ses stocks. Reste à avoir des mélanges et des jeux de dosage adaptés en fonction de son exploitation, de son sol...
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Pour pallier la baisse de fourrage, des essais sont menés depuis trois ans sur l'ensemble de la Bretagne notamment, sur des plateformes chez des éleveurs avec différentes modalités. « Les éleveurs de vaches laitières ont besoin de fourrage disponible dès juillet, donc on s'est dit pourquoi ne pas planter des intercultures plus tôt (15 mai), et faire souffler les prairies qui commencent à peiner à cette période là », explique Stéphane Boulent, conseiller fourrage et bio à la Chambre d'agriculture de Bretagne.
Pendant trois ans, six modalités (RGI et trèfle d’Alexandrie; RGI et colza; teff grass et trèfle d’Alexandrie; chicorée et trèfle d’Alexandrie, avoine 2n et trèfle d’Alexandrie; chicorée, avoine 2n et trèfle d’Alexandrie) ont été testées avec les mêmes protocoles sur différentes fermes. Et le résultat est plutôt encourageant avec deux récoltes réalisées en moins de 100 jours : une première 55 jours après, sur la première quinzaine de juillet et une deuxième dans la dernière quinzaine d'août. « Ca répond donc à l'objectif d'avoir un fourrage disponible sur l'été et qui est autour de 3,5 - 3,8 tMSpar hectare ».
On retiendra que l’avoine et le colza présentent des croissances rapides mais sont peu pérennes.
Le RGI et le Trèfle Alexandrie supportent moins les fortes températures. Le Teff grass et la Chicorée résistent mieux aux conditions séchantes. Il convient aussi d'avoir une vigilance sur la souplesse d’exploitation au pâturage et la gestion des épis (Avoine et Teff grass).
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Avoine et Teff gras sont donc à utiliser plutôt pour de la fauche et ensilage alors que la Chicorée ou le Colza fourrager sont plus faciles sur le pâturage. A chacun de choisir ses intercultures en fonction de ses problématiques donc, mais pour Stéphane Boulent, « on gagne sur tous les tableaux avec un coût en moyenne de 50 euros par tonne de matière sèche par hectare pour deux cycles de production ».
On retiendra que l’avoine et le colza présentent des croissances rapides mais sont peu pérennes.
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Le changement climatique, c'est aussi des risques accrus de sécheresse d'automne, alors que les prairies sont traditionnellement semées fin août, début septembre.
La station expérimentale de la Chambre d'agriculture des Pays de la Loire à Thorigné d'Anjou (49) a une vraie expertise sur les prairies semées sous couvert. En semant des prairies multi espèces sous couvert de mélange céréalier au mois d'octobre, ce dernier sert de protection à la jeune prairie. Le mélange céréalier assurera un stock fourrager au printemps, alors que la prairie démarrera un peu plus tard. Ensuite la prairie prend le relais plus on moins vite en fonction de l'endroit et du climat.
Globalement les qualités d'implantation des prairies constatées sont assez bonnes et s'accompagnent d'un volume non négligeable de fourrage. En cas d'hiver pluvieux, la céréale va aussi pouvoir absorber l'humidité. Enfin, le couvert hivernal sera plus marqué, ce qui va davantage limiter le lessivage des sols.
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En conditions sèches, le sorgho présente une alternative au maïs grâce à ses capacités de résistance aux fortes chaleurs et sa moindre sensibilité au stress hydrique. Sa teneur énergétique est similaire au maïs mais il est moins riche en amidon, en faisant un fourrage très digestible et pouvant remplacer une partie du maïs dans la ration.
Récolté en ensilage ou enrubannage, le sorgho s’incorpore dans les rations selon les besoins des différents types d’animaux.
Les variétés multi-coupes peuvent aussi être récoltées en vert et distribuées, ou encore être pâturées. « Dans ce cas, il faut attendre que la plante atteigne 60-70 cm de hauteur. En-deçà, la plante contient de la dhurrine qui, en se dégradant dans le rumen, produit de l’acide cyanhydrique, toxique pour les animaux », prévient l'Idèle.
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Dans les perspectives de changement climatique, les pousses hivernales vont sans doute être plus soutenues, avec de l'herbe à exploiter en fin d'automne, début d'hiver et en fin d'hiver. La station expérimentale de la Chambre d'agriculture de Bretagne, à Trévarez, mène des essais sur le pâturage hivernal sur un lot de génisses et un lot de vaches laitières.
« Pour les génisses, on obtient des niveaux de croissance comparable à ce qui se passait en bâtiment, donc c'est plutôt encourageant », constate Benoît Possémé. Et d'ajouter : « les génisses sont dehors une bonne partie de l'hiver avec une ration quasiment 100% herbe. On regarde la quantité d'herbe valorisée et l'impact sur la prairie ». Et à ce sujet, les essais n'ont pas mis en évidence de dégradations.
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