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Faites une bonne première coupe grâce au semis de prairies sous couvert

La ferme expérimentale de Thorigné d’Anjou vient de terminer trois ans d’essais de semis de prairie sous différents couverts. Entre 5 et 9 tMS/ha d’ensilage ont été récoltés en première coupe, avec une valeur alimentaire très variable.

Les essais ont comparé des mélanges plus ou moins riches en protéagineux et céréales, et des  récoltes à trois stades.
Les essais ont comparé des mélanges plus ou moins riches en protéagineux et céréales, et des récoltes à trois stades.
© B. Daveau

Cela fait une dizaine d’années que des essais de semis de prairies sous couvert de céréales-protéagineux sont menés sur la ferme expérimentale de Thorigné d’Anjou, dans le Maine-et-Loire. Des essais motivés par un contexte de plus en plus compliqué pour implanter les prairies début septembre avec des sécheresses qui se prolongent. « Les prairies mettaient énormément de temps à lever avec, dans notre système bio, des niveaux de salissement en première année de plus en plus importants. En parallèle, nous observions que nos associations de céréales/protéagineux semées fin octobre-début novembre et récoltées en fourrages avant la sécheresse estivale, s’avéraient plus robustes vis-à-vis des sécheresses. D’où l’idée de combiner les deux en réalisant des implantations de prairies sous couvert de méteil », explique Bertrand Daveau, de la ferme expérimentale.

Les essais menés ces trois dernières années portent sur le semis de prairie sous couvert de méteil récolté en ensilage. Ils se sont terminés en 2022. L’objectif est de comparer différentes stratégies : une stratégie volume avec des mélanges très productifs à dominante de céréales et récoltés début juin, une stratégie avec des mélanges plus qualitatifs avec davantage de protéagineux et récoltés plus tôt début mai, et des stratégies intermédiaires.

 

 
Faites une bonne première coupe grâce au semis de prairies sous couvert

 

L’implantation de la prairie a été réalisée mi-octobre en un seul passage avec un semoir double caisson, les céréales-protéagineux étant semées à 2-3 cm de profondeur, et les espèces prairiales (10 kg fétuque élevée, 8 kg RGA, 3 kg trèfle blanc, 3 kg trèfle hybride, 3 kg lotier corniculé) en surface. Les essais (1) comparent trois mélanges de céréales-protéagineux (céréales +, mixte, protéagineux +), et trois dates de récolte : un stade précoce début mai à la floraison des protéagineux, un stade intermédiaire deuxième quinzaine de mai à la floraison des céréales, et un témoin au stade laiteux-pâteux début juin. À noter qu’aucune différence au niveau des différentes stratégies n’a été constatée sur la qualité d’implantation des prairies. La teneur en protéagineux des mélanges (61 % pour protéagineux +, 45-50 % pour mixte et 27 % pour céréales +) n’a pas non plus évolué avec le stade de récolte.

Deux stratégies basées sur un mélange hyperprotéagineux

« Avec le mélange céréales + récolté tardivement au stade laiteux pâteux (le témoin), on peut espérer récolter plus de 9 tMS/ha mais la valeur nutritive ne dépasse pas 0,77 UFL et 10 % de MAT. Cela peut convenir à des vaches allaitantes ou des génisses laitières, plus difficilement à des vaches laitières », souligne Bertrand Daveau.

En élevage laitier, au vu des résultats d’essais, deux stratégies basées sur des mélanges hyperprotéagineux (avoine 40 grains/m2, pois fourrager, vesce, féverole) sont possibles. Tout dépend de ce que l’on veut privilégier : le rendement ou la valeur alimentaire. « Soit l’éleveur fait une récolte précoce début mai au stade floraison des protéagineux. Il ne faut pas s’attendre alors à plus de 4,5 à 5 tMS en ensilage de première coupe, mais il peut espérer ensiler un fourrage à 0,9 UFL et 15 % MAT/kgMS, précise Bertrand Daveau. Soit l’éleveur patiente jusqu’au stade floraison des céréales. En attendant trois semaines, il profite de l’accélération de la pousse du mélange en mai (120 à 130 kgMS/ha/j), et peut récolter 7 tMS d’un ensilage à 0,85 UFL et 130-135 en MAT. » Cette stratégie intermédiaire permet de garder de la valeur alimentaire et de gagner en biomasse, ce qui dilue un peu les frais d’implantation et de semences. Elle permet parfois aussi d’ensiler dans de meilleures conditions de portance, d’avoir une meilleure fenêtre pour les travaux de fanage et donc une meilleure conservation de l’ensilage.

Un nouvel essai vient de démarrer. Il donne une plus belle part à la féverole, moins sensible à la verse que le pois fourrager. L’objectif ? Concilier davantage valeur nutritive et rendement.

(1) Dispositif à 7 modalités en blocs et 4 répétitions.

Le saviez-vous ?

Les essais de Thorigné montrent qu’il vaut mieux semer les espèces prairiales le même jour que les céréales-protéagineux à la mi-octobre à des profondeurs différentes, en roulant le tout. Le sursemis de prairies en sortie hiver dans les céréales-protéagineux en place est beaucoup plus aléatoire.

Les avantages du semis sous couvert

- Contourner la sécheresse de fin d’été (semis mi-octobre) ;

- éviter le salissement de la prairie en phase d’installation ;

- produire de la biomasse supplémentaire au printemps ;

- garantir l’installation réussie d’une prairie.

« Je ne vois aucun inconvénient, si ce n’est qu’avec un semoir classique avec un seul caisson, il faut passer deux fois pour semer à deux profondeurs différentes », précise Bertrand Daveau.

Le rendement grain pénalisé par les espèces agressives

Dans le cas d’une récolte en grain des céréales-protéagineux, les espèces prairiales agressives, trèfle violet et RGH, sont à proscrire : lors des essais, elles ont certaines années pénalisé le rendement grain. Aucune différence de résultats en termes de rendement grain et de qualité des prairies n’a été observée en faisant varier les densités de semis respectives de céréales-protéagineux et d’espèces prairiales.

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