Emmanuel Macron au salon de l'agriculture 2024 a annoncé la mise en place rapidement de prix planchers dans les filières agricoles. Une annonce qui réjouit Confédération Paysanne et Coordination rurale mais laisse la FNSEA et de nombreux acteurs économiques perplexes.
Lors de sa visite mouvementée, samedi, au salon de l’agriculture, Emmanuel Macron a notamment évoqué l’instauration de « prix planchers » pour les produits agricoles. Face à une trentaine de manifestants, il a répété : «D'ici trois semaines, il y aura un prix minimum, un prix plancher en dessous duquel le transformateur ne pourra pas acheter, et le distributeur ne pourra pas vendre», rapportent nos confères d’Agra. Ce prix plancher serait basé sur les indicateurs de coûts de production reconnus par les interprofessions dans le cadre de la contractualisation via Egalim.
Comment mettre un plancher sur les prix liés au marché mondial, comme les céréales ?
Cette annonce peut laisser particulièrement dubitatif, par exemple en ce qui concerne les céréales, dont la France est exportatrice nette. Si lors des années de cours bas, avec une récolte importante, elle applique un prix planchers dépendant des coûts de production, les céréales françaises ne trouveront aucun débouché sur le marché mondial.
Comment gérer les dégagements en cas de surproduction ?
Chaque année, certains fruits et légumes sont déclarés en crise conjoncturelle par le RNM. Par exemple si la météo a été favorable pour la pousse, mais qu’elle est défavorable à la consommation, le marché est très lourd et ne se fluidifie que grâce à des opérations de dégagements, des promotions qui seraient alors impossibles. Que deviendraient alors les produits concernés ?
Selon le discours du président, ces prix seront imposés par la loi. Or, selon Agnès Pannier-Runacher, sur Public Sénat, le but est de « responsabiliser chaque interprofession ».
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Elles « devront se mouiller », interpelle la ministre, ce à quoi Bruno Dufayet de la FNB répond « Vous n’avez pas compris les propos de samedi madame la ministre. Il dit nous allons imposer des prix planchers à hauteur des coûts de production interpro. C’est la loi qui va les imposer, pas les interpro à leurs membres car justement elles n’y sont pas arrivées ».
Je n’ai pas du tout envie que le prix plancher soit le prix du lait appliqué par Lactalis !
Thierry Roquefeuil, président de la FNPL (éleveurs laitiers, FNSEA) s’inquiète ouvertement : « Il y a un gros risque qu’à partir du moment où l’on fixe un prix plancher, toutes les industries laitières se mettent à payer au prix du prix plancher, ce qui sera légal. Je n’ai pas du tout envie que le prix plancher soit le prix du lait appliqué par Lactalis ! Et si on met ce prix plancher trop haut, les produits français ne seront plus compétitifs et perdront des marchés à l’international ». Philippe Goetzmann, conseiller dans l’agroalimentaire, résume sur Twitter « Un prix plancher garantit un prix, un bout de papier quoi. Ça n'a jamais garanti un volume, ce qui fait le Chiffre d’affaires ».
Qu’en pensent les politiques ?
Si la France Insoumise salue la proposition, s’en estimant à l’origine, Les Républicains dénoncent l’absence de prise en compte des charges.
Enfin @EmmanuelMacron a compris la nécessité de prix planchers pour les agriculteurs ! Il reprend donc la proposition de loi que @mbompard et moi avions portée à l'Assemblée nationale en novembre. Assez de blablas, la @FiAssemblee mettra la pression pour un vote au plus vite. pic.twitter.com/uYCtmUF2cr