Au premier semestre 2021, l’Itavi a mené des entretiens auprès des GMS, de la RHD et des entreprises de transformation pour évaluer les freins et leviers dans le cadre du European Chicken commitment (ECC), qui présente un nouveau cahier des charges axé sur le bien-être animal. La plupart des opérateurs interrogés (essentiellement des grands groupes) étaient déjà engagés. Les GMS notamment avaient déjà mené une réflexion sur le bien-être animal depuis longtemps. Leur démarche était plus claire et approfondie mettant à profit des leçons tirées de la filière œufs avec la fin d’approvisionnement des œufs de code 3. En revanche, en RHD, moins d’acteurs étaient engagés, et la sensibilité au bienêtre animal était plus hétérogène qu’en GMS. Les acteurs de la transformation engagés étaient surtout des entreprises à marques forte.
Le Poulet ECC, un changement de paradigme dans la construction du segment : Pour François Cadudal, économiste à l’Itavi, la construction de la segmentation du marché du poulet ECC implique un changement de paradigme qui s’opère à la fois sur le type de produit, l’échelle géographique et les acteurs impliqués. Historiquement les segments du marché de la volaille étaient portés essentiellement sur les produits frais pour les rayons des GMS. La démarche ECC implique désormais l’élargissement des débouchés qui concerne aussi bien le frais, que les produits transformés et la restauration hors domicile (RHD). Auparavant la segmentation concernait souvent un pays (comme le Label Rouge en France), aujourd’hui l’ECC apporte une dimension plus européenne. Si dans le passé, le cahier de charge de la production était coconstruit par la filière (poulet de demain au Pays-Bas coconstruit entre les abattoirs et les GMS), aujourd’hui de nouveaux acteurs comme les ONG s’impliquent dans ce processus.