Cépage rouge originaire de Grèce, le xinomavro est expérimenté dans le sud de la France. Il montre un intérêt pour l’élaboration de vins rosés grâce à sa trame acide et son faible degré d’alcool.
Origine et adaptation locale
Une variété ancestrale née en Grèce
Le xinomavro est un cépage très ancien cultivé en Grèce et bien connu en Macédoine centrale où il est implanté sur des terroirs d’altitude. « Il trouve ses origines là où s’étend aujourd’hui l’appellation naoussa, une région un peu plus chaude que Montpellier et surtout plus sèche, recevant en moyenne 117 mm de moins », observe Jacques Rousseau, responsable des expérimentations viticoles au groupe ICV. En France, le xinomavro est inscrit au Catalogue officiel des variétés de vigne de raisins de cuve depuis 2015 sur la liste A et classé.
Cette variété est expérimentée sur la parcelle VitAdapt à l’Inrae de Bordeaux ainsi qu’au Centre du rosé dans le Var. À noter que les côtes-de-provence, les coteaux-varois-en-provence et les coteaux-d’aix-en-provence l’ont inscrit dans la catégorie des variétés d’intérêt à fin d’adaptation (Vifa). Le xinomavro craint le mildiou, la pourriture grise et un peu moins l’oïdium.
Phénologie et caractéristiques agronomiques
Débourrement précoce et maturité tardive
La variété est caractérisée par un débourrement précoce, comme le chasselas, « ce qui le rend sensible aux gelées de printemps », souligne Jacques Rousseau. Sa maturité est tardive et permet ainsi de le récolter « avec des journées plus fraîches et des degrés d’alcool potentiel autour de 12 à 12,5 °C seulement », remarque Nathalie Pouzalgues, cheffe de projet au Centre du rosé. Un atout face à des cépages emblématiques de Provence récoltés beaucoup plus tôt et avec des degrés élevés à maturité. Avec une fertilité élevée, des grappes et des baies moyennes à grosses (poids moyen des baies de 2 grammes sur la parcelle VitAdapt), le xinomavro offre une belle productivité.
Le cépage grec offre des vins d’une couleur d’intensité moyenne avec une belle acidité et des arômes sur le fruit et la confiserie. « Ce qui est intéressant pour l’élaboration de vins rosés d’assemblage. Le xinomavro peut être imaginé comme un complément du grenache, plus riche en sucre, pour lui apporter de l’alcool », souligne Nathalie Pouzalgues. Sur des vins issus d’une parcelle audoise, Jacques Rousseau observe « un profil olfactif intense avec du cassis et de l’amylique et un bon équilibre en bouche avec du volume et de la fraîcheur ». En Grèce, le xinomavro sert de base pour l’élaboration de vins effervescents, mais aussi pour la production de vins rosés et rouges, légers ou puissants.
carte d’identité
Origine Grèce
Couleur rouge
Surface cultivée en France moins de 10 hectares
Le seul clone agréé du xinomavro en France porte le numéro 1255
On peut rencontrer également le xinomavro en Australie, en Bulgarie, en Allemagne, en Espagne, en Italie