Mobilisés aux côtés d’agriculteurs convoqués par l’OFB, la FDSEA de la Creuse et les Jeunes Agriculteurs (JA) demandent davantage de souplesse face aux sécheresses et aux nouvelles contraintes liées au changement climatique.
La FDSEA de la Creuse et les Jeunes Agriculteurs se sont mobilisés ce lundi aux côtés d’agriculteurs convoqués par l’Office français de la biodiversité (OFB). Au cœur du dossier : un aménagement réalisé pour permettre l’abreuvement des troupeaux dans un contexte de sécheresse et de manque d’eau. À l’issue des auditions, un échange a eu lieu entre les agents de l’OFB, Christian Arvis, président de la FDSEA de la Creuse, et Cyrille Brigonnet, président des JA. Pour les deux responsables syndicaux, le message est clair : face au changement climatique, il faut davantage de souplesse, de bon sens et la possibilité pour les agriculteurs d’anticiper.
Face aux difficultés d’accès à l’eau, les agriculteurs concernés ont mis en place un aménagement destiné à assurer l’abreuvement de leurs animaux. Une réponse concrète à une réalité de terrain, alors que les épisodes de sécheresse se multiplient et rendent la gestion de l’eau toujours plus complexe dans les exploitations d’élevage.
Pour la FDSEA et les JA, il est aujourd’hui indispensable de regarder ces aménagements au regard de leur utilité et des contraintes auxquelles les agriculteurs sont confrontés.
« Il faut de la souplesse et du bon sens. On ne peut pas demander aux agriculteurs de s’adapter au changement climatique et, dans le même temps, leur compliquer la mise en place des solutions dont ils ont besoin sur leurs exploitations », rappelle Christian Arvis.
Une ressource utile aussi en cas d’incendie
Pour la FDSEA et les JA, cet aménagement ne doit pas être considéré uniquement sous l’angle de son utilisation agricole. La ressource en eau a également pu être mobilisée lors des incendies de l’été.
« Lors des incendies, cette eau a aussi servi. Quand il faut intervenir rapidement pour lutter contre un feu, cette ressource peut être précieuse. Il faut donc regarder l’utilité globale de ces aménagements et pas uniquement leur destination première », souligne le président de la FDSEA de la Creuse.
Cette ressource permet par ailleurs d’éviter de solliciter le réseau d’eau potable pour l’abreuvement des animaux.
« Utiliser une réserve adaptée pour faire boire les animaux, c’est aussi éviter de prendre de l’eau potable sur le réseau. Là encore, il faut avoir une vision globale de la gestion de l’eau. L’agriculteur doit pouvoir disposer de ressources adaptées à ses besoins sans systématiquement avoir recours au réseau d’eau potable », poursuit Christian Arvis.
« On ne peut pas demander aux agriculteurs de s’adapter sans leur donner les moyens »
À l’issue de l’audition des agriculteurs, un échange entre les représentants syndicaux et les agents de l’OFB a permis de rappeler les attentes de la profession.
Pour Cyrille Brigonnet, président des JA de la Creuse, l’enjeu dépasse largement le seul dossier du jour : « Aujourd’hui, le sujet est celui de l’adaptation de nos exploitations. Les jeunes agriculteurs doivent pouvoir se projeter et investir. Si on sait que les périodes de sécheresse vont devenir une contrainte récurrente, il faut pouvoir anticiper et sécuriser l’abreuvement des animaux. On ne peut pas attendre d’être en situation de crise pour agir », insiste-t-il.
Pour les JA, la question des réserves d’eau doit donc être pleinement intégrée à la réflexion sur l’avenir de l’agriculture.
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« Il faut faire évoluer les règles sur les réserves d’eau. Nous ne demandons pas de faire n’importe quoi, nous demandons de pouvoir anticiper. Les règles doivent être adaptées aux réalités du terrain et permettre aux agriculteurs de constituer des réserves lorsque cela est nécessaire », affirme Cyrille Brigonnet.
Donner aux agriculteurs les moyens de s’adapter
Pour la FDSEA comme pour les JA, la question de l’eau devient un enjeu majeur pour l’avenir de l’élevage creusois. Disponibilité de la ressource, abreuvement des animaux, prévention des risques incendie et adaptation au changement climatique sont désormais étroitement liés.
« Le changement climatique impose de nouvelles contraintes à nos exploitations. Les agriculteurs sont les premiers à le constater et ils sont prêts à s’adapter. Mais encore faut-il leur en donner les moyens. On ne peut pas leur demander d’anticiper les sécheresses tout en mettant des obstacles à chaque fois qu’ils cherchent des solutions », rappelle Christian Arvis.
Même constat du côté des JA
« Nous devons préparer l’avenir. Il faut permettre aux exploitations de stocker de l’eau, de sécuriser l’abreuvement et de réduire leur dépendance au réseau d’eau potable. C’est une question de bon sens, mais aussi une question de maintien de l’élevage dans nos territoires », estime Cyrille Brigonnet.
FDSEA et JA souhaitent ainsi que le dialogue avec les services de l’État et l’OFB se poursuive, avec une approche davantage fondée sur le pragmatisme et la prise en compte des réalités agricoles.
Pour la FDSEA de la Creuse et les JA, la réglementation doit accompagner l’adaptation des exploitations plutôt que la freiner. Les agriculteurs doivent pouvoir mettre en œuvre des solutions permettant de répondre aux épisodes de sécheresse, tout en assurant une gestion responsable de la ressource.
La mobilisation de lundi se veut donc également un message adressé aux pouvoirs publics : il est temps d’anticiper les conséquences du changement climatique et de donner aux agriculteurs les moyens de s’y adapter. Cela passe notamment par davantage de souplesse concernant les aménagements agricoles et par une évolution des règles encadrant les réserves d’eau.
« Quand un agriculteur est concerné, c’est toute la profession qui se mobilise ! », rappellent la FDSEA de la Creuse et les JA, qui entendent continuer à défendre les agriculteurs et leur capacité à faire évoluer leurs exploitations face aux nouvelles contraintes.