Agroalimentaire : « Les industriels sont plus enclins à innover, les distributeurs à référencer et les consommateurs à se laisser tenter »

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Le rayon frais laitier est un moteur de l'innovation en 2025 Crédits : © Virginie Pinson

Après deux années de crise inflationniste, la situation économique s’améliore et les consommateurs recommencent à monter en gamme. Les industriels de l’agroalimentaire reprennent le goût du risque et innovent, la grande distribution référence, et le consommateur, notamment les jeunes, répond présent. 

Le chiffre d’affaires des PGC-FLS (produits de grande daet frais libre-service) en grandes surfaces alimentaires devrait atteindre un record historique sur 2025, puisque sur les huit premiers mois de l’année il s’établit à 88 milliards d’euros, selon NielsenIQ. C’est 1,9 % de plus que sur la même période de 2024 et 36,7 % de plus qu’en 2017. 

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Retour de la montée en gamme

En 2022 et 2023, la hausse du chiffre d’affaires PGC-FLS était uniquement due à l’inflation, alors que l’effet volume était négatif, tout comme l’effet de mix. Sur 2024, l’inflation s’est stabilisée, les volumes restaient contraints mais l’effet de mix tournait au vert. Sur les 8 premiers mois de 2025, la tendance est nette. Sur la croissance du chiffre d’affaires, l’inflation a un effet négatif (-1  %), gommé par la hausse des volumes (+1,4 %) et la montée en gamme apporte 1,7 % de croissance. 

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Les marques nationales remontent

Les grandes gagnantes de ce retour de la consommation plus valorisées sont les PME, puisque leurs produits affichent une hausse de 3,9 % des ventes en volumes sur les 8 premiers mois de 2025, devant les marques nationales dans leur ensemble (+2,7 %), les grands groupes et MDD premium (+2,6 % chacun). Les MDD premiers prix affichent un timide +0,8 % tandis que les MDD Bio restent tout de même en retrait (-14 %).

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Le retour de l’offre passe par les innovations

Après les restrictions d’assortiments, les GMS déployent de nouveau leur offre, ce qui passe par l’innovation. Sur les trois premiers trimestres de 2025 comparé à 2024, le nombre d’innovations a rebondi de 7 %, grâce au frais laitier notamment, et ses 19 lancements dont 11 innovations protéinées. Le chiffre d’affaires par innovation à quant à lui progressé de 27 %. Trois trimestres après leur lancement, 26 innovations ont dépassé le million d’euros de chiffre d’affaires, c’est deux fois plus qu’en 2024. « Les industriels sont plus enclins à innover, les distributeurs à référencer et les consommateurs à se laisser tenter » résume Nicolas Léger, directeur Customer Insights de NielsenIQ.

Combien d’innovations vont durer ? 

« Même dans le top inno, la moitié s’arrête. Les échecs sont normaux » prévient Nicolas Léger. Néanmoins le point commun des innovations encore en croissance quelques années plus tard, c’est qu’elles ont toutes augmenté leur offre. Le facteur clé pour la réussite d’un lancement est le référencement, mais pour la pérennisation c’est l’élargissement de l’offre. Pour ce faire, deux stratégies. Innover dans les variétés, qui permettent de séduire de nouveaux acheteurs, et innover dans le format, avec des plis gros volumes à des prix plus compétitifs au kilo qui permettent de fidéliser les nouveaux fans. « Il est important de prévoir du roulement dans les variétés, c’est normal d’avoir une partie qui disparait », pointe Nicolas Léger. 

Toujours du plaisir dans le top des innos

Parmi les meilleurs lancements de 2024 selon NielsenIQ, Ferrero est doublement présent (glace Nutella et Kinderini), tout comme Giovanni Rana (Rana Passione et Rana Arte Del Pesto). La gourmandise est aussi représentée par Magnum Fantasia et la montée en gamme par Maison Perrier (meilleur lancement) et Leffe Prestige1240. On y trouve aussi les tranches végétales de Fleury Michon qui ont dépassé les 8 millions d’euros de CA, avec un taux de pénétration de 5,4 points et un taux de réachat de près de 36 %. Le positionnement prix, compétitif face au carné, est un atout du produit. 

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