La crise climatique de l’été a des répercussions sur l’aval de la filière et fragilise les entreprises agroalimentaires. La Coopération Agricole appelle notamment à rouvrir les négociations commerciales.
Après la crise climatique estivale, la Coopération Agricole a réclamé des mesures d'urgence afin de préserver la résilience et la compétitivité de l’ensemble de la filière agroalimentaire, lors d’une conférence de presse le 1er septembre.
« Aujourd’hui, nous sommes dans une équation impossible où il faut soutenir le revenu des agriculteurs, absorber les crises et être capable de financer l’adaptation, c’est une équation impossible » explique Jean-Luc Duval, président de la Coopération Agricole.
Des lignes de production au ralenti
Au-delà des pertes considérables subies par les exploitations agricoles et des coûts engagés pour des productions qui n’ont jamais pu être commercialisées, les industries agroalimentaires ont également été lourdement touchées. Les difficultés d’approvisionnement dans les usines ont fortement perturbé leur activité, avec des baisses de volumes allant de 25 % à 80 % selon les filières concernées.
Les cadences de production de sites de transformation alimentaires ont diminué en moyenne de près de 20 %, soit l’équivalent d’une journée de production perdue chaque semaine.
« La sécheresse impacte directement le chiffre d’affaires et le compte de résultat des entreprises » souligne Jean-Luc Duval, président de La Coopération Agricole.
L’impact ne se limite pas à la réduction des volumes transformés, il affecte également la performance économique des entreprises avec un manque à gagner significatif sur le chiffre d’affaires et une dégradation de leur situation financière.
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Le manque à gagner pourrait représenter de quelques millions d’euros à plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec, en complément, des pertes de résultat susceptibles d’atteindre plusieurs dizaines de millions d’euros.
La Coopération agricole appelle au soutien des filières agricoles
Les différents acteurs de la filière appellent à la mise en œuvre immédiate de mesures d’urgence pour réagir à cette difficulté. Pour préserver la trésorerie des entreprises à très court terme, la Coopération Agricole demande une mobilisation rapide des dispositifs d’assurance climatique pour couvrir les mortalités animales, notamment dans les filières avicole et porcine, ainsi que les pertes importantes de récoltes.
Pour soutenir les acteurs de la filière céréalière, la Coopération agricole sollicite également une augmentation du taux de financement du dispositif aval de FranceAgriMer, de 70 % à 80 %.
La grande distribution et la restauration hors domicile sont appelées à réouvrir immédiatement les négociations commerciales afin d’adapter les contrats à la réalité des faibles volumes disponibles et à la hausse des coûts de production et de transformation.
Le plan d'investissement « Souveraineté alimentaire 2035 » prévoit de mobiliser 30 milliards d’euros supplémentaires sur 10 ans, venant s'ajouter aux 3,5 milliards d'euros déjà investis chaque année par les coopératives. Ce financement conséquent vise à dynamiser et moderniser l'industrie agroalimentaire, sécuriser les infrastructures face au manque d'eau et accélérer la transition énergétique des usines pour garantir l'autonomie alimentaire du pays. « On ne décrète pas la souveraineté alimentaire, on la produit» explique Jean-Luc Duval. Pour soutenir cette ambition, la filière agricole réclame l'intégration de ce plan au sein du futur Fonds européen de compétitivité.