Plan sécheresse : le ministère de l’Agriculture envisage un volet « fourrage » pour les éleveurs
Alors que l’inquiétude grandit chez les éleveurs obligés d’entamer les stocks de fourrage d’hiver, le ministère de l’Agriculture affirme étudier des solutions dans le cadre d’un plan sécheresse qui sera annoncé à la rentrée.
Alors que l’inquiétude grandit chez les éleveurs obligés d’entamer les stocks de fourrage d’hiver, le ministère de l’Agriculture affirme étudier des solutions dans le cadre d’un plan sécheresse qui sera annoncé à la rentrée.
« Un grand champ tout cramé. Je nourris mon lot de jeune comme en hiver. Cette pâture n’a plus rien à offrir pour les nourrir. Je me tâte à les ramener à la ferme, ce qui voudrait dire au bâtiment », témoigne un éleveur bovin de l’Eure sur Facebook, ce 5 août. « Cet été, nos vaches mangent déjà le foin de l’hiver […] Avec la sécheresse, l’herbe ne pousse plus. Les prairies sont grillées, il n’y a plus rien à pâturer. Alors nous ouvrons les stocks de foin récoltés en début d’été — ceux qui devaient nourrir le troupeau tout l’hiver », écrit pour sa part un éleveur bio du Nord sur le réseau social. Ces témoignages se multiplient alors que l’inquiétude grandit chez les éleveurs face à « un phénomène » de sécheresse de plus en plus qualifié d’historique et comparé à ceux de 1976 et de 2022.
Un plan canicule, sécheresse, incendies en préparation pour la rentrée
Un sujet « scruté de très près par le ministère », assure-t-on à la rue de Varenne, précisant que dans le cadre d’un plan d’aide sécheresse « en cours d’élaboration », un volet « fourrage » est « notamment à l’étude ».
Annoncé fin juillet par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard dans une interview à Ouest France, un plan d’urgence, baptisé Casi, pour « canicule, sécheresse, incendies » est attendu pour la rentrée. Il se basera sur des dispositifs classiquement utilisés dans ce type de situation : « mesures d'urgence en faveur de la trésorerie des exploitations », « prises en charge de cotisations sociales » ou encore « dispositifs de simplification et de dérogation », esquisse le ministère de l’Agriculture dans un communiqué ce 5 août. La ministre a « réuni l’ensemble des préfets » pour leur demander de désigner un « référent sécheresse » et de mettre en place des « cellules départementales sécheresse » afin d’établir un diagnostic précis de la situation et de recueillir des propositions « adaptées aux réalités de chaque département ».
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Les services locaux sensibilisés à la question de la « concurrence des méthaniseurs »
Concernant l’impact de la sécheresse sur l’élevage, le ministère de l’Agriculture rappelle par ailleurs à Reussir.fr les mesures précédemment annoncées dont la valorisation précoce des jachères autorisée. « Ont été réunis les syndicats agricoles ainsi que les représentants des méthaniseurs et les énergéticiens, afin de traiter le sujet de l’éventuelle concurrence entre alimentation animale, et utilisation dans des méthaniseurs. Les services locaux ont été sensibilisés à ce sujet, afin de prendre les décisions qui s’imposent, territoire par territoire », souligne aussi le ministère.
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Appel aux fourrages hors des frontières : la ministre écrit aux autres ministres européens
Face au déficit de fourrages pour les éleveurs, « l’Etat se charge de coordonner, aux côtés des chambres d’agriculture et des syndicats agricoles, la solidarité entre territoires », nous confie par ailleurs la rue de Varenne. Ainsi « 20 000 tonnes ont quitté la Marne mi-juillet vers d’autres départements » poursuit le ministère.
20 000 tonnes ont quitté la Marne mi-juillet vers d’autres départements
Par ailleurs, face à cette situation exceptionnelle « la ministre de l’Agriculture a écrit aux autres ministres européens de l’agriculture afin de creuser l’hypothèse d’envoi de fourrages de la part de ces Etats vers la France », nous informent ses services.
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