Vignes bio : les surfaces ont reculé de près de 8 % en 2025
Alors que le vignoble bio a perdu près de 12 700 hectares en 2025, l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine sont particulièrement touchées. Un reflet de la crise…
Le vignoble bio français a perdu près de 12 700 hectares en 2025, accusant une baisse de près de 8 % sur un an, selon les dernières données de l’Agence Bio, dévoilées le 16 juin. La perte est deux fois plus importante qu’en 2024, année marquée par un recul d’environ 6 700 ha, soit -3,9 % sur un an. À l’échelle de la filière viticole, la part des surfaces bio s’élève à 20 % en 2025, en repli d’environ un point sur un an. « La viticulture bio est en recul dans les grandes régions productrices, tandis que des zones émergentes montrent des signes de développement, mais à petite échelle », analyse l’Agence Bio.
Chute des surfaces en Occitanie et Nouvelle-Aquitaine
Logiquement, ce sont les bassins les plus impactés par la crise qui souffrent. L’Occitanie, la région qui compte le plus de surfaces, perd 5 904 ha. Cela représente une baisse de 11 %, à 49 368 hectares en 2025. Il lui reste 3 178 exploitations, un nombre en baisse de 5 %.
La Nouvelle-Aquitaine, troisième région viticole bio, perd 5 807 ha, soit une chute de 19 % en surfaces, à 24 463 ha. Elle perd 13 % de ses domaines, tombant à 1 624.
Recul des surfaces en Paca et Aura
Les régions Paca et Auvergne-Rhône-Alpes (Aura), respectivement deuxième et quatrième vignobles bio, voient leurs surfaces se contracter de 2 % chacune. Le nombre d’exploitations a lui augmenté de 1 % en Paca, à 1921, mais il a diminué de 3 % en Aura, à 1 334.
Hausse des surfaces en Bourgogne, Grand Est et Corse
En Bourgogne Franche-Comté, Grand Est et Corse, les surfaces augmentent légèrement, respectivement de 1 %, 3 % et 1 %. En Grand Est et Corse, le nombre de domaines a baissé de 2 %, mais il est stable en Bourgogne Franche-Comté.
Gain de 100 ha en Île-de-France, Normandie et Bretagne cumulées
Le solde est nettement positif en Île-de-France (+ 19 % d’exploitations, + 23 % de surfaces), de même qu’en Normandie (+ 17 % d’exploitations, + 49 % de surfaces) et Bretagne (+ 9 % d’exploitations et + 54 % de surfaces). « Cette dynamique encourageante ne représente toutefois qu’une augmentation cumulée de 100 ha pour ces trois régions », nuance l’Agence Bio.
Le vignoble bio vit une crise structurelle
Ces pertes de surfaces sont liées à la crise que traverse la viticulture. L’Agence pointe comme « nouveau défi » l’adaptation aux no-low en raison de la demande des cavistes.
Les ventes de vin bio en baisse
Les signaux du marché déjà partagés par l’Agence Bio lors du dernier Sia pourraient encore inciter les viticulteurs bio à renoncer. En effet, les ventes de boissons alcoolisées bio diminuent en 2025 en France, et c’est particulièrement vrai pour le vin qui encaisse une baisse de 2,4 %, à 1,4 milliard d’euros. Du côté de l’export, en 2025 « les exportations bio reposent toujours sur le vin (53 %), évalue l’Agence Bio, l’épicerie (23 %) et les fruits et légumes (11 %) ». Elle relève toutefois une déprise de -1,8 % en vin, soit -12 millions d'euros, qui a été compensée par l’export des autres boissons alcoolisées.