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En Charente : « Les tanins de châtaigne permettent de diminuer les doses de cuivre pour lutter contre le mildiou de la vigne »

Julien Chadutaud, responsable vignoble aux domaines Jean Martell, à Rouillac, en Charente, a testé les tanins de châtaigne contre le mildiou et a pu diminuer de moitié la dose de cuivre.

Julien Chadutaud devant les vignes des domaines Jean Martell
Julien Chadutaud, responsable vignoble aux domaines Jean Martell,estime que les tanins de châtaigne peuvent permettre de diminuer les doses de cuivre contre le mildiou, mais ne peuvent pas le remplacer.
© J. Chadutaud

« Nous avons testé les tanins de châtaigne, classés engrais foliaires (norme NFU 44 051), contre le mildiou en 2024 et 2025, ce qui tombait bien puisque 2024 a été une année de particulièrement forte pression. Le produit se présente sous forme liquide et peut s’employer seul ou en combinaison avec du cuivre. Il faut néanmoins bien suivre les précautions d’usage, qui impliquent d’acidifier l’eau avant introduction du produit. Le produit s’active en effet à pH 4-4,5. Or notre eau est à 7 ou 8 de pH.

Un produit à utiliser avec des adjuvants

Nous avons donc employé des adjuvants puis introduit le produit, pour une dose de 2,5 litres par hectare minimum et un volume hectare important. Normalement, nous passons à 150 litres par hectare, mais avec ce produit, il faut être à 250 litres par hectare pour un bon effet couvrant. Le produit ne provoque aucun bouchage. Il se dilue bien et ne sédimente pas particulièrement.

En 2024, nous avons traité notre témoin non traité avec cette bouillie de tanins de châtaigne début juin, car nous avions déjà du mildiou sur grappes et sur feuilles. Nous avons constaté un assèchement du mildiou en 24 heures. Mais il y a eu beaucoup de pluie, qui a provoqué des recontamination en l’espace de seulement deux ou trois jours. Nous avons effectué un second traitement environ une semaine après, avec cette fois trois modalités : les tanins de châtaigne seuls d’un côté, les tanins de châtaigne avec une demi-dose de cuivre (environ 250 g de cuivre métal) d’un autre côté, et enfin, une dose normale de cuivre (environ 500 g). Une semaine après, à la mi-juin, nous avons réitéré avec les deux dernières modalités, celle avec la châtaigne seule ayant décroché.

Les tanins seuls ne suffisent pas contre le mildiou

Au final, en condition de forte pression mildiou, le produit seul ne suffit pas. En revanche, ajouté à une demi-dose de cuivre, on obtient à peu près le même résultat qu’avec une pleine dose de cuivre. Nous pensons continuer à employer ce produit, en nous adaptant aux conditions du millésime et le combinant avec du cuivre. »

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