Aller au contenu principal

Semis de colza 2026 : attendre la pluie sans compromettre l’implantation

Difficile d’envisager des semis de colza dans les conditions pédo-climatiques actuelles. Selon les types de sol un déchaumage est possible ou non mais toute préparation d’un lit de semence s’avère difficilement réalisable. Tout l’enjeu va désormais consister à arriver à semer dans des créneaux permettant d'avoir un colza suffisamment développé à l’automne.

<em class="placeholder">Déchaumage après récolte d&#039;une parcelle d&#039;orge.  </em>
« Très peu d’agriculteurs ont réussi à déchaumer leur parcelle », explique Patricia Huet, de la chambre d'agriculture d'Eure-et-Loir.
© JC. Gutner

Les sols sont extrêmement secs dans la grande majorité des régions productrices de colza qui n'ont pas connu de pluie depuis début juin. Les tendances de Météo-France et des principaux organismes météorologiques convergent vers un mois d’août 2026 plus chaud et plus sec que la normale sur une grande partie du territoire. Dans ces conditions que faire, alors la période conseillée pour semer les colza approche ?

​​​​​​« Pour faire germer et lever des colzas il faudrait 15 à 20 mm de pluie au semis, puis la même quantité d’eau toutes les semaines pour permettre un bon démarrage de la plante, énonce Patricia Huet, conseillère à la chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir. Dans le cas contraire, la plante va sécher ou végéter et sera alors trop faible pour faire face aux attaques des ravageurs d’automne. »

La date idéale de semis d’un colza se situe entre le 15 et le 25 août pour assurer une bonne robustesse de la culture avant l’hiver. « Pour un colza robuste il faut une croissance continue après le semis. Or, au vu des conditions actuelles de sécheresse des sols, sans pluie, les racines ne vont jamais trouver d’humidité pour survivre. Dans nos terres limoneuses, c'est l’ensemble du profil qui est sec. »

Pas de travail du sol possible dans les sols limoneux

L’Eure-et-Loir comme la plupart des départements n’a pas eu de pluie depuis début juin. « Très peu d’agriculteurs ont réussi à déchaumer leur parcelle », explique Patricia Huet. « Dans des sols limoneux il faut une reprise du sol sur une quinzaine de centimètres, pour un bon enracinement du colza. Actuellement, il n’y a pas de travail du sol possible. Ceux qui s’y sont essayés ont créé de grosses mottes très dures. »

Ce constat fait écho aux recommandations des équipes de Terres Inovia Centre et Ouest : « Les sols limoneux et les sols très argileux sont ceux qui présentent aujourd’hui les plus fortes contraintes par le sec. Dans ces situations, un travail réalisé dans un sol trop sec peut dégrader davantage le futur lit de semence qu’il ne l’améliore. » L’institut technique recommande donc de ne pas multiplier les interventions dans le seul objectif de préparer les parcelles à l’avance. Un travail pourra être réalisé peu de temps avant le semis, « si les pluies venaient à revenir tardivement en août ».

Des situations plus favorables dans les sols argilo-calcaires

Toutes les situations ne se ressemblent toutefois pas. Les sols sont également extrêmement secs en Poitou-Charentes, mais Gwendal Cholet, conseiller agronomie à la chambre d’agriculture Charente-Maritime Deux-Sèvres, recommande un passage de déchaumeur à disque dans les sols argilo-calcaires plus ou moins profonds de la région. « C’est un peu motteux mais moins qu’on ne le pensait. » Par contre, il déconseille « clairement » le labour. « À part remonter des parpaings, ça ne fera rien d’efficace. » Le conseiller espère désormais des pluies dans la deuxième quinzaine d’août. « Nous conseillerons alors un passage de herse rotative avant le semis au monograine. »

Les équipes de Terres Inovia confirment que « les sols sableux et argilo-calcaires ont conservé généralement une porosité plus importante sur l’horizon 0-10 cm. » Ces sols ont permis, ou permettent selon les cultures précédentes, de pouvoir réaliser une première intervention sur cet horizon. L’institut technique indique que ces types de sol retrouvent plus rapidement une aptitude au travail après une pluie suffisante.

Un désherbage qui s’annonce compliqué

« Nous avons des inquiétudes quant au désherbage car rien ne va lever pendant l’interculture au vu des conditions actuelles, énonce Gwendal Cholet. Il faudra faire un herbicide de prélevée au semis car nous craignons que les adventices, dicotylédones et graminées, lèvent en même temps que le colza et le concurrence fortement. »

Même inquiétude du côté de Patricia Huet en Eure-et-Loir. « Normalement le travail du sol en interculture permet de faire germer les repousses et les graines d’adventices avant que le colza ne lève. Dans la situation actuelle tout travail type faux-semis est impossible. » Le désherbage risque d’être d’autant plus compliqué à gérer que la moisson 2026 a donné beaucoup de petits grains, et que les moissonneuses ont rejeté une multitude de graines qui vont salir les parcelles, ajoute la conseillère.

Attendre la pluie sans retarder excessivement les semis

« Dans les conditions actuelles, nous déconseillons de semer. Notre espoir est qu’il y ait des pluies après le 15 août. Dans des sols chauds, avec l’inertie du sol, le colza pourrait lever rapidement », énonce Patricia Huet. Mais si les pluies n’arrivent pas, on ne pourra attendre indéfiniment. « Nous déconseillons de semer au-delà du 5, 10 septembre car à partir du 20 septembre arrivent les adultes de grosses altises. Un colza semé au 20-25 août sera au stade 4 feuilles et armé pour résister à leurs morsures. Ce ne sera pas le cas pour des colzas semés plus tardivement. » 

Gwendal Cholet parle, lui, du 15 septembre « grand maximum » comme date limite pour semer en Charente-Maritime, et rappelle qu’il est déjà arrivé par le passé qu’aucune surface de colza ne soit semée faute de pluie dans son département.

La situation actuelle impose de raisonner le déclenchement du chantier en fonction de l’arrivée de la pluie et de l’état du sol plutôt que de chercher à respecter coûte que coûte une date calendaire. Après le retour des pluies, l’objectif sera de profiter rapidement de la fenêtre d’intervention, sans multiplier les passages, afin de préserver la structure du sol et l’humidité retrouvée.

Les plus lus

<em class="placeholder">Élodie Thirouin, agricultrice à Ychoux (40)&quot;Un pH trop acide peut avoir un impact important sur nos cultures (légumes surtout) et donc, on ne peut pas se permettre de ...</em>
Chaulage : « Je dépense 62 €/ha d'apport de dolomie tous les deux ans par parcelle sur des sols sableux des Landes où le pH peut baisser rapidement »

Éloïse Thirouin est à la tête d'une exploitation de 400 hectares à Ychoux (Landes). Ses terres sableuses à tendance acide l'…

Moissonneuse batteuse en action dans une parcelle de blé tendre. Allier. 2024
Moisson 2026 : une qualité rassurante en blé tendre mais des rendements en retrait et localement catastrophiques

Au 16 juillet, la récolte française de blé tendre est achevée ou en passe de l’être dans la plupart des régions. Les…

<em class="placeholder">Annie Genevard, ministre de l&#039;agriculture et Sébastien Martin, ministre délégué à l&#039;industrie,  </em>
Prix des engrais azotés : une aide de 50 euros par tonne « pour tous les agriculteurs »

Le gouvernement français a abondé l’aide européenne aux achats d’engrais azotés pour le monter à 145 millions d’euros au…

<em class="placeholder">Maxime Senet, céréalier à Sainte-Solange, dans le Cher, devant sa moissonneuse-batteuse</em>
Hausse des coûts d'intrants : « Je vais opérer des ajustements d’assolement pour réaliser des économies d’azote »

Maxime Senet est céréalier à Sainte-Solange, dans le Cher. Il cherche à adapter sa stratégie face à l’augmentation du…

<em class="placeholder">Prestataire de service avec une moissonneuse batteuse de marque CLAAS vidant sa trémie dans la remorque d&#039;un tracteur durant la moisson des blés. Récolte des céréales. ...</em>
Prix du blé : accompagner la tendance à la hausse en commençant à vendre sa récolte

Après des mois sans grandes variations, les prix du blé décollent depuis le démarrage de la nouvelle campagne début juillet.…

<em class="placeholder">Guillaume Debreuve, agriculteur à Dierrey-Saint-Pierre (Aube),&quot;Dans le méthaniseur, le seigle se dégrade plus difficilement qu&#039;une orge, provoquant un épaississement du ...</em>
Méthanisation : « J’utilise depuis deux ans l’orge d’hiver dans l’Aube, plus souple à récolter et moins délicate à gérer que le seigle »

Agriculteur à Dierrey-Saint-Pierre (Aube), Guillaume Debreuve alimente un méthaniseur avec une autre exploitation agricole en…

Publicité
Titre
OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
[OFFRE ÉTÉ – EXCLUSIVITÉ WEB] : Profitez maintenant de -15% sur votre abonnement annuel*. Code promo SUMMER2026
Accédez à tous les articles du site Grandes Cultures
Consultez les revues Réussir Grandes Cultures au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Grandes Cultures