Recherche et innovation : la Commission européenne lance sa stratégie pour l’agriculture et les zones rurales
La Commission européenne a lancé le 8 septembre une nouvelle stratégie européenne pour la recherche et l’innovation pour l’agriculture, la sylviculture, les zones rurales et les systèmes alimentaires. L’objectif est notamment de favoriser la participation des agriculteurs pour améliorer l’adoption des innovations.
La Commission européenne a lancé le 8 septembre une nouvelle stratégie européenne pour la recherche et l’innovation pour l’agriculture, la sylviculture, les zones rurales et les systèmes alimentaires. L’objectif est notamment de favoriser la participation des agriculteurs pour améliorer l’adoption des innovations.
Comment améliorer le transfert des résultats de la recherche scientifique vers des de réels gains sur les exploitations agricoles ? C’est la question à laquelle souhaite répondre la Commission européenne dans sa nouvelle stratégie européenne pour la recherche et l’innovation pour l’agriculture et les zones rurales lancée le 8 septembre, qui intègre aussi les enjeux de la sylviculture et des systèmes alimentaires. Bruxelles prévoit deux cadres « interconnectés » visant à développer la compétitivité, la durabilité et la résilience de ces secteurs : le premier, « AgRI 2040 », est consacré à l’agriculture, à la foresterie et aux zones rurales ; et le second, « Food 2040 », ciblera les systèmes alimentaires, dont la pêche et l’aquaculture. Près de 20 propositions sont faites par Bruxelles, qui seront lancées à partir de 2027 ou 2028.
Huit domaines d’actions à prioriser dont les sols, l’eau, l’élevage ou la bioéconomie
Dans le cadre « AgRI 2040 », la Commission européenne liste huit domaines d’action où prioriser son approche, avec un objectif associé pour la recherche et l’innovation :
- Sols, agroécosystèmes, eau et nutriments : restaurer les sols, les maintenir en bonne santé, et développer des systèmes hydriques résilients pour aboutir à une production agricole durable.
- Systèmes de culture : renforcer la capacité d’adaptation des cultures aux stress environnementaux (salinité, sécheresse, canicules) via des approches agroécologiques, l’amélioration des variétés par des biotechnologies ou encore par le développement des cultures de protéagineux.
- Systèmes d’élevages : assurer la santé et le bien-être des animaux d’élevage, réduire l’impact environnemental de l’élevage et promouvoir l’agriculture de précision, en lien avec les objectifs de la stratégie européenne sur l’élevage.
- Bioéconomie : utiliser efficacement et durable des terres agricoles et de la biomasse, via notamment des alternatives biosourcées aux intrants comme les engrais.
- Zones rurales : améliorer la compétitivité et l’attractivité des zones rurales, et soutenir les innovations et l’entreprenariat des femmes et des jeunes.
- Renforcement de la chaine de valeur agroalimentaire : développer des connaissances et des outils pour renforcer la position des agriculteurs dans la chaine de valeur, comme les procédés de circuit-court ou la vente locale et sur l’exploitation.
- Digitalisation, intelligence artificielle (IA) et robotique : améliorer la prise de décision, les performances, la réduction des charges administratives via l’IA et les solutions numériques.
- Forêts multifonctionnelles
Une conférence de présentation du cadre « AgRI 2040 » et d’échanges entre les parties prenantes sur cette stratégie aura lieu à Bruxelles, les 24 et 25 septembre.
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Bruxelles veut favoriser la participation des agriculteurs dans la conception des innovations
Dans un premier temps, la stratégie européenne vise à améliorer le transfert des résultats de la recherche scientifique et des innovations vers le terrain. L’objectif est de favoriser la valorisation et l’investissement dans ces résultats. La Commission européenne souhaite développer la participation des PME et des start-ups dans les projets de son programme « Horizon Europe », dédié à la recherche et l’innovation. Un mécanisme sera créé pour identifier les résultats « prometteurs » et avec un « potentiel commercial », est-il précisé dans la stratégie. Des actions complémentaires seront aussi développées, telles que des « chèques innovation » pour les chercheurs, les entrepreneurs ou les PME et start-up.
Bruxelles souhaite ensuite accélérer l’adoption des connaissances et des innovations par les agriculteurs, via des approches participatives et multi-acteurs. « Les agriculteurs sont plus enclins à adopter des innovations qui ont été coconçues avec eux », soutient la Commission européenne, qui indique vouloir harmoniser la terminologie et les méthodologies de ces approches. Bruxelles veut assurer la reconnaissance et la rémunération des agriculteurs participant à ces projets. Et recommande d’y renforcer le lien avec les sciences humaines et sociales, ainsi que de systématiquement évaluer les coûts et bénéfices sociaux, environnementaux et économiques pour les acteurs concernés.
La Commission européenne prévoit aussi de recenser les dispositifs existants, tels que les fermes « modèles » ou les « Livings Labs », qui sont des laboratoires interdisciplinaires qui impliquent les acteurs concernés dans les processus de recherche et d’application. Bruxelles indique aussi réfléchir à la création de plateformes collaboratives pour mettre en lien les agriculteurs et les porteurs de projets. Et souhaite mobiliser des outils de la Politique agricole commune (PAC) pour favoriser l’investissement par les agriculteurs dans des nouvelles technologies.