Prix et marges des produits alimentaires : que dit l’observatoire 2026 ?
Le rapport 2026 de l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM), publié ce 9 juillet, montre que les marges nettes des acteurs de l’aval se reconstituent en 2024. Les revenus agricoles continuent pour leur part à diminuer.
Le rapport 2026 de l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM), publié ce 9 juillet, montre que les marges nettes des acteurs de l’aval se reconstituent en 2024. Les revenus agricoles continuent pour leur part à diminuer.
Le rapport 2026 de l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM), publié ce 9 juillet par FranceAgriMer, s'inscrit dans un contexte d’un retour à une inflation modérée. Comme chaque année, l'OFPM a étudié 36 produits représentatifs de 10 filières alimentaires, couvrant environ la moitié de la consommation alimentaire française en valeur. Le rapport se concentre sur les données les plus récentes : 2025 pour les prix et marges brutes, mais surtout les marges nettes avec un décalage, soit pour 2024.
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Quelle évolution du revenu agricole en 2024 ?
En 2024, l’OFPM indique que près de la moitié des produits suivis ont connu une diminution de leur prix au détail. Cette évolution est liée à la baisse du coût de la matière première agricole pour une grande majorité de produits. Or face à une augmentation des charges, « on a une diminution en moyenne du revenu courant avant impôt (RCAI, ndlr) des agriculteurs », constate Sophie Devienne, professeur à AgroParisTech et présidente de l’OFPM. « En 2024, on tombe en moyenne en dessous de 30 000 euros de revenus par actif non-salariés », souligne-t-elle. Or des disparités se cachent entre les filières, et au sein de certaines filières.
Pour les céréales, l’augmentation des charges a provoqué un effondrement des revenus agricoles en 2024, en baisse pour la deuxième année consécutive. « C’est assez catastrophique parce qu'il y a en plus une récolte qui a été relativement mauvaise cette année », explique Sophie Devienne. « On se retrouve avec un résultat moyen qui est égal à zéro », souligne-t-elle. Pour le porc, les revenus diminuent mais restent à des niveaux élevés en 2024. Du côté des ruminants, les évolutions du RCAI des exploitations agricoles sont favorables pour les filières de viande (bovins, ovins et veaux), et pour les bovins lait. Et pour les fruits et légumes, les revenus agricoles diminuent pour les légumes et augmentent pour les fruits, mais restent en-dessous des niveaux avant l’inflation. « En moyenne, les revenus ont eu tendance à baisser. Mais on voit des dispersions très fortes entre agriculteurs d’une même filière », précise la présidente de l’OFPM.
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Une reconstitution des marges nettes qui se poursuit pour l’aval en 2024
Du côté de l’aval, l’OFPM constate que les marges nettes continuent à se reconstituer en 2024, sans pour autant atteindre leurs niveaux d’avant l’inflation de 2022.
Pour les industries de transformation de la viande, les marges nettes augmentent en 2024, après deux années de baisse. Pour la charcuterie par exemple, la marge nette augmente, mais reste inférieure à avant la période inflationniste. Pour les industries d’abattage-découpe, les marges nettes 2024 s’améliorent pour la viande porcine mais diminuent pour le poulet, et augmentent mais restent négatives pour la viande bovine. Pour la meunerie, les marges nettes augmentent en 2024 à un niveau « légèrement supérieur » à avant l’inflation. Les pâtes se stabilisent, après un début de rétablissement en 2023. Et pour l’industrie laitière, les marges nettes se stabilisent en 2024 après avoir augmenté en 2023, à des niveaux toutefois « nettement inférieurs » à avant l’inflation.
Pour la grande distribution, la reconstitution progressive des marges se poursuit en 2024, pour l’ensemble des rayons. « C'est la première année depuis 2022 où on voit que la plupart des rayons ont leur marge nette qui a augmenté, à l'exception de la boucherie », indique Sophie Devienne.
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« Les ''Commerces'' intègrent les activités commerciales de l’ensemble des maillons de la chaîne alimentaire »
Si la conjoncture semble donc favorable à l’aval, Sophie Devienne rappelle que le choc de l’augmentation des prix agricoles avait été amorti par ces acteurs. « Les années qui suivent, quand il y a une stabilisation des prix des produits agricoles voire une diminution, les maillons aval reconstituent leur marge », souligne-t-elle. « Car l’inflation concerne aussi beaucoup tout ce qui est énergie et salaires », soutient la professeure d’AgroParisTech. « Il faut vraiment prendre l'ensemble de la période d’inflation pour comprendre ce qu’il se passe », résume-t-elle.
Sur « l’euro alimentaire », qui sert à étudier la répartition de 100 euros de dépenses alimentaires en France dans la chaîne alimentaire, l’OFPM indique que la création de valeur de l’agriculture est de 6,4 % en 2021. Un chiffre qui a tendance à diminuer au fil des années, précise Sophie Devienne. La création de valeur des industries agroalimentaires est de 9,4 %, et celle des commerces de 18,8 % en 2021. L’activité de commerce alimentaire a notamment bénéficié du contexte de la pandémie de Covid-19, qui a favorisé la consommation à domicile plutôt qu’en restauration. « Les ''Commerces'' intègrent les activités commerciales de l’ensemble des maillons de la chaîne alimentaire », précise la présidente de l’OFPM. Cette catégorie intègre les petits commerçants, la grande distribution, les grossistes, certaines activités liées aux coopératives agricoles ou encore différents commerces d’intrants, selon le rapport. « Ce n'est pas la grande distribution toute seule », soutient Sophie Devienne, en référence aux rapport sénatorial sur les marges de la grande distribution. Pour la directrice de l’OFPM, le rapport sénatorial comporte des confusions dans les termes utilisés, et résume les valeurs ajoutées de l’ensemble des commerces à celles de la grande distribution. Pour l’année prochaine, l’OFPM prévoit d’extraire la part de la grande distribution dans la décomposition de l’euro alimentaire.
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