Toute la filière brebis laitière s’est retrouvée dans les Pyrénées-Atlantiques, à Ordiarp, à l’occasion des assemblées générales de l’Interprofession lait de brebis 64 et du CNBL, ainsi que de l’inauguration de la nouvelle bergerie du CDEO. Un précieux moment de rencontre, d'échange et de solidarité au sein de la filière, qui fait face à des conditions de production toujours plus compliquées, comme le reste de l'agriculture française.
Une filière unie dans l’adversité : c’est l’image que souhaitaient renvoyer les acteurs de la filière ovine laitièreles 17 et 18 septembre, à Ordiarp, dans les Pyrénées-Atlantiques. La commune, qui abrite le Centre Départemental d’Elevage Ovin (CDEO), a accueilli les assemblées générales de l’Interprofession lait de brebis 64, qui fêtait ses 40 ans, et du Comité national de la brebis laitière (CNBL), en amont de l’inauguration de la nouvelle bergerie du CDEO. « Devant l’importance des trois événements, il nous a semblé logique de réunir nos trois organismes partenaires autour d’une même date pour nous rassembler dans une période difficile », explique Frédéric Nerrière, président de l’IP 64.
Fondée en 1986, l’interprofession réunit tous les maillons de la filière dans les Pyrénées-Atlantiques : producteurs, coopératives de transformation et entreprises privées de transformation. Le département représente le 2e bassin de production de lait de brebis en France, et le 1er département français en production fermière de produits laitiers de brebis. La campagne 2025-2026 a vu une collecte de 64,9 millions de litres de lait, soit une progression de 7% par rapport à fin juillet 2025. Sur la même période, les fabrications s’établissaient à 79,3 millions de litres, soit une hausse de 5%.
Ces deux jours dédiés à la brebis laitière ont favorisé les échanges entre tous les acteurs de la filière. Crédit : D. Séailles.
La qualité du lait de brebis affectée par la chaleur
Mais cette campagne est marquée par un recul notable du taux de matière sèche utile du lait, à cause d’un double effet. En début de campagne, la progression laitière a fait baisser le taux de matière grasse, et en fin de campagne, les fortes chaleurs ont entraîné un décrochage du taux de matière grasse. Sur les mois d’été, les taux de coliformes et de spores butyriques se sont aussi détériorés. L’interprofession a reconduit ses deux plans sur la qualité du lait : le « plan cellules volontaires », pour les producteurs souhaitant travailler sur leurs niveaux de cellules, et le « plan richesse du lait », qui aide à la création génétique, en facilitant l’accès aux béliers génomiques et à l’insémination artificielle. Enfin, « l’adaptation au changement climatique animera nos projets au sein de l’interprofession », déclare Frédéric Nerrière.
L’interprofession mise aussi beaucoup sur la communication. Elle a organisé en mars dernier une première édition de sa journée des scolaires, dédiée à la filière lait de brebis. L’opération « Questions de chefs », un kit pédagogique et le lancement d’une newsletter ont complété le plan de communication de l’interprofession cette année. En 2027, un forum des métiers de la filière devrait voir le jour en coopération avec l’enseignement agricole, pour continuer à valoriser ces métiers auprès des jeunes.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La reconnaissance de France Brebis Laitière progresse
L’association à vocation d’interprofession nationaleFrance Brebis Laitière (FBL) a aussi été invitée à s’exprimer durant l’assemblée générale. Sébastien Bouyssière, directeur de FBL, a rappelé toute l’importance de se doter d’un organe national pour la filière. Partager des indicateurs nationaux de contractualisation, se réapproprier les grandes attentes sociétales autour du bien-être animal et de l’empreinte environnementale, développer la consommation des produits de lait de brebis… sont autant de missions dont France Brebis Laitière serait investie à l’avenir. Sans pour autant remplacer les organisations régionales : « L’interprofession intégrera des comités régionaux, pour permettre à chaque bassin d’exister » a-t-il assuré. Et Frédéric Nerrière de souligner : « La reconnaissance de FBL est primordiale pour que nous trouvions un écho national plus fort, tout en veillant à respecter nos spécificités.»
La R&D plus que jamais nécessaire pour l'élevage ovin laitier
Le CNBL, qui fédère et structure le réseau des acteurs techniques et génétiques de la filière, tenait aussi son assemblée générale le 17 septembre. « Associer l’assemblée générale du CNBL à ces événements de notre filière des Pyrénées-Atlantiques est aussi important pour montrer l’intérêt du collectif pour les activités de recherche et développement», affirme Bastien Christy, alors président du CNBL, qui a passé la main à Antoine Stouff lors de l'AG.Une réflexion est notamment menée sur l’évolution du Système d'information en élevage ovin lait (SIEOL). « Les données de deux tiers des brebis laitières y sont enregistrées. En les exploitant, il serait possible de mieux connaitre et prédire la production laitière grâce à de nouveaux indicateurs », estime Gilles Lagriffoul, directeur du CNBL.
Du côté de la génétique, les travaux se poursuivent sur l’indexation génomique des béliers, ou encore sur le phénotypage de l’aptitude à la marche, de la qualité des aplombs et de la forme des cornes chez différentes races laitières. Pour la première fois en 2026, un groupe multi-acteurs a été mis en place au niveau national pour traiter de manière transversale de projets en lien avec le changement climatique.