Dans les Pyrénées-Atlantiques, un nouveau centre d’insémination pour préparer l’avenir des races ovines locales
Spacieux, moderne et fonctionnel, le très attendu nouveau centre d’insémination du CDEO a été inauguré le 18 septembre, dans les Pyrénées-Atlantiques. Une montée en puissance de la filière sur la sélection des races ovines pyrénéennes face aux enjeux contemporains.
Spacieux, moderne et fonctionnel, le très attendu nouveau centre d’insémination du CDEO a été inauguré le 18 septembre, dans les Pyrénées-Atlantiques. Une montée en puissance de la filière sur la sélection des races ovines pyrénéennes face aux enjeux contemporains.
C’est un événement d’une rare envergure pour la filière ovine laitière. Le nouveau bâtiment du centre d’insémination du Centre départemental d’élevage ovin (CDEO) voit enfin le jour à Ordiarp, dans les Pyrénées-Atlantiques. Inauguré en grande pompe le 18 septembre, la cérémonie a rassemblé 400 personnes, dont 230 éleveurs ovins, ainsi que de nombreux acteurs de la filière. L'inauguration était précédée des assemblées générales de l’Interprofession Lait de Brebis 64 et du Comité National de la Brebis Laitière (CNBL). Les trois événements étaient groupés pour l’occasion, une volonté de la filière ovine laitière de se montrer solide et unie.
Donner à la filière ovine laitière les moyens de progresser
Ce projet de longue haleine, défendu pendant 15 ans, a bien failli ne pas voir le jour. « Ce bâtiment est une fierté collective », déclare Bastien Christy, président du CDEO, saluant les années de persévérance et de travail collectif nécessaires à la réalisation de ce projet. Face à un contexte climatique, réglementaire et sociétal évoluant rapidement, et à des difficultés économiques croissantes, Bastien Christy estime que le CDEO a tout son rôle à jouer. « Le CDEO doit être en mesure d’accompagner les agriculteurs, de tester de nouvelles pratiques et de proposer des solutions concrètes. Cette nouvelle bergerie nous permettra d’avancer dans cette direction. Bien plus qu’une construction supplémentaire, il s’agit de donner à notre filière les moyens de progresser. »
« Cette bergerie est le symbole de ce qui peut être accompli en mettant nos forces en commun. » Bastien Christy, président du CDEO et éleveur ovin dans les Pyrénées-Atlantiques.
Au total, il aura fallu investir 3,2 millions d’euros pour voir la bergerie sortir de terre. La région Nouvelle-Aquitaine, le conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques et la communauté d’agglomération du Pays basque ont contribué à hauteur de 1,9 millions d’euros. « C’est une décision forte : celle de faire confiance à l’avenir de l’élevage ovin. Quand les collectivités investissent dans l’agriculture, elles investissent aussi dans l’emploi et l’avenir de nos campagnes. »
Bastien Christy, président du CDEO et éleveur ovin, a eu l'honneur de couper le ruban, en présence de Jean-Jacques Lasserre, président du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, Nathalie Vitrat, sous-préfète d'Oloron-Sainte-Marie et Iñaki Echaniz, député des Pyrénées-Atlantiques (de droite à gauche). Crédit : D. Séailles
Un bâtiment spacieux et ventilé
Vaste, fonctionnel et aéré, le nouveau bâtiment centralisera tous les béliers d’insémination artificielle du CDEO. Symbole d’un pari fort sur l’avenir, il remplace des installations vieillissantes, et est doté d’un laboratoire flambant neuf. Conçu pour faciliter le travail, il est pourvu d’une large allée centrale permettant une distribution mécanisée de la ration.
La vaste allée centrale permettra une distribution mécanisée de l'alimentation. Crédit : D. Séailles.
Sa particularité est d’être particulièrement adapté aux fortes chaleurs. « Nous avons essayé de jouer au maximum sur une ventilation naturelle, sans ventilateur ni brumisateur », explique Jean-Michel Issoulie, directeur technique et commercial du CDEO. La hauteur sous plafond facilite un tirage naturel, tandis que l’absence de bardage latéral permet la circulation de l’air. A la place du bardage, deux filets, l’un brise-vent et l’autre hermétique aux insectes. Un débord de toiture permet aussi de protéger les béliers de tout rayonnement direct.
Le toit est couvert de panneaux sandwichs avec dix centimètres de laine de roche pour une isolation maximale. « Dès cet été, nous sentions déjà un vrai sentiment de fraîcheur dans le nouveau bâtiment par rapport aux autres », témoigne Jean-Michel Issoulie. Enfin, 260 panneaux photovoltaïques seront installés sur le toit, représentant un investissant de 380 000 euros. 90% de l’électricité produite devrait être vendue, assurant un complément de revenu intéressant.
Double filets et débord de toiture garantissent une bonne ventilation et de l'ombre pour les béliers. Crédit : D. Séailles
Chiffres clés du nouveau bâtiment du CDEO
Dimensions : 200 mètres x 15 mètres
Surface : 3000 m2
800 places
4 cases de collecte
260 panneaux photovoltaïques
Sélectionner les brebis manech et basco-béarnaises face aux enjeux de demain
Mais le projet compte aussi une autre facette : celle de l’adaptation des trois races laitières locales, la Manech tête rousse, la Basco-béarnaise et la Manech tête noire, aux enjeux contemporains, grâce à la sélection génétique. Le CDEO intègre déjà depuis 2023 la sélection de la résistance au parasitisme. Les anciens bâtiments, désormais libérés, serviront à la nouvelle plateforme de phénotypage animée par le CDEO dans le cadre du projet de recherche PhénoPasto. « Notre programme de sélection génétique est en constante évolution pour permettre à nos races de répondre aux enjeux économiques, environnementaux et sociétaux de demain. La plateforme de phénotypage est un outil primordial pour l’avenir de nos races », explique Céline André, directrice du CDEO. L’avancée génétique participera à garantir un avenir à ces races locales, mais aussi à tout un territoire, des savoir-faire, et des emplois, estime la directrice du CDEO dans son discours d'inauguration.
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Dans ce cadre, le CDEO étudie de près les caractéristiques physiques d’une centaine de brebis Manech tête rousse. Trois grands axes sont explorés : l’efficience alimentaire, l’efficience thermique et l’aptitude à la marche. Ce travail ouvrira la voie à la sélection de nouveaux traits génétiques, comme par exemple une faible excrétion de méthane, une capacité à produire du lait malgré de fortes chaleurs ou des rations pauvres, ou encore des aplombs solides. « Aujourd’hui, beaucoup de nos références en brebis laitière sont basées sur la Lacaune », complète Gaëlle Affraix, du CDEO. « Nous avons un vrai besoin d’accroître nos connaissances sur nos races locales. »