Lutte contre les ravageurs en maraîchage : des champignons testés sous abri en Pays de la Loire
Le projet Sapic, qui vise à développer des solutions alternatives aux pesticides contre les acariens, nématodes et taupins en cultures maraîchères, entre dans sa dernière année et dévoile des premiers résultats.
Le projet Sapic, qui vise à développer des solutions alternatives aux pesticides contre les acariens, nématodes et taupins en cultures maraîchères, entre dans sa dernière année et dévoile des premiers résultats.
Le projet Sapic (Solutions agroécologiques de protection pour les impasses en culture) entre dans sa troisième et dernière année et livre des premiers résultats. Ce programme vise à développer des solutions alternatives aux pesticides contre les acariens, nématodes et taupins en cultures maraîchères. Il est porté par l’Arelpal (Association régionale d’expérimentation légumière des Pays de la Loire) et financé par la Région Pays de la Loire.
Des essais sont menés pour évaluer l’efficacité sur les acariens de plusieurs champignons entomopathogènes en culture de tomates et concombres sous abri. Ils se déroulent dans la serre expérimentale du Comité départemental de développement maraîcher (CDDM), en Loire-Atlantique, et chez des maraîchers partenaires. Ils portent sur les conditions d’application de ces micro-organismes naturels capables d’infecter et de neutraliser les ravageurs. Quatre champignons ont été testés, le plus efficace s’avérant être le Metarhizium anisopliae, que l’on retrouve dans le Lalguard M52 OD. L’efficacité intéressante constatée au CDDM dans des cages à émergence s’avère être variable sur les parcelles maraîchères.
De nouveaux essais ont permis de montrer que les facteurs température, hygrométrie et rayonnement au moment de l’application ont peu d’incidence, les conditions optimales de développement des champignons étant proches de celles des plantes cultivées sous serre. La qualité des applications réalisées au CDDM, notamment la concentration, semble une piste plus prometteuse.
« En augmentant la concentration dans les parcelles nous avons retrouvé la même efficacité que dans nos cages à émergence », précise Arjuna Ravindirane, conseiller en protection des cultures qui coordonne l’ensemble du projet. Il va creuser le lien entre qualité de pulvérisation et efficacité pour explorer tout le potentiel des champignons entomopathogènes. « Ces produits peuvent être efficaces, présentent moins de danger pour l’homme que les acaricides chimiques de synthèse et ont moins d’effet stressant sur les cultures et l’environnement que des produits de biocontrôle comme le soufre, le savon noir et les huiles essentielles que l’on utilise dans la région », estime-t-il avant l’ultime année de tests.
Thierry Goussin