Viande et volaille : une hausse plus modérée de la consommation pourrait tasser les prix mondiaux d’ici 2035
La production mondiale de viande va continuer d’augmenter ces prochaines années, tandis que la croissance de la consommation serait plus mesurée que sur la décennie précédente. De quoi envisager un tassement des prix mondiaux, surtout pour le porc et la volaille qui bénéficieront de gains de compétitivité. Ces prévisions de la FAO restent néanmoins dépendantes des conditions sanitaires et climatiques notamment.
La production mondiale de viande va continuer d’augmenter ces prochaines années, tandis que la croissance de la consommation serait plus mesurée que sur la décennie précédente. De quoi envisager un tassement des prix mondiaux, surtout pour le porc et la volaille qui bénéficieront de gains de compétitivité. Ces prévisions de la FAO restent néanmoins dépendantes des conditions sanitaires et climatiques notamment.
La consommation mondiale de viande par habitant devrait progresser sur la prochaine décennie, mais deux fois moins vite que sur la période 2015-2025, projette la FAO. Elle atteindrait 412 millions de tonnes (Mt) en 2035, soit 12 % de plus qu’en 2025. Cette consommation devrait être tirée par la démographie et l’accessibilité de la viande alors que les prix mondiaux de la viande devraient s’éloigner de leurs sommets récemment atteints.
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Moins de viande dans les pays riches
La croissance se fera sentir avant tout dans les pays à revenus intermédiaires (Indonésie, Pakistan, Philippines, Vietnam…), tandis que la consommation devrait ralentir dans les pays à revenus élevés. La consommation de viande pourrait augmenter de 32 % en Afrique du fait de la croissance démographique, mais la hausse par habitant devrait rester mesurée.
Volaille et viande ovine tirent la consommation
La croissance sera avant tout portée par la volaille, avec une hausse attendue de 20 % (soit +29 Mt), la viande ovine (+20 % soit + 3 Mt). Viande bovine (+8 % soit + 6 Mt) et porcine (+4 % soit +6 Mt) progresseront plus modérément.
Au total, la volaille représente ainsi les deux tiers de la croissance de la consommation mondiale de viande. La viande ovine ne représente qu’une consommation modérée mais conserve un rôle important en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. La consommation de viande porcine va progresser dans son ensemble mais reculer par habitant. Celle de viande bovine va reculer en UE et aux États-Unis.
Hausse attendue de la production de viande
La production mondiale de viande va progresser de 12 % sur la décennie à venir, avec un bond attendu en Asie, qui concentrera la moitié des volumes supplémentaires. Une croissance favorisée par la baisse des coûts de production liés à l’alimentation animale, et à des gains de productivité.
| Viande porcine | Viande de volaille | Viande bovine | Viande ovine | |
| Pays à revenu élevé | +1,9 % | +3,1 % | +1,4 % | +1,5 % |
| Pays à revenu intermédiaire supérieur | +1,9 % | +3 % | +1 % | +2,2% |
| Pays à revenu intermédiaire inférieur | +2,9 % | +3,6 % | +3% | +2,4% |
| Pays à revenu faible | +2,9 % | +2 % | +3,6 % | +6,6% |
Augmentation moins prononcée des émissions de gaz à effet de serre
Les émissions de gaz à effet de serre attribuables à la production mondiale de viande devraient croître de 6 % au cours de la période de projection, soit moins que la croissance de la production, grâce à une amélioration de l’efficience des élevages.
Ralentissement des échanges mondiaux
Les échanges mondiaux de viande devraient se développer plus lentement qu’au cours de la décennie précédente, avec une croissance plus raisonnée de la consommation et un meilleur équilibre géographique de la production. En particulier, la stratégie chinoise qui vise à développer sa souveraineté alimentaire et renforcer sa production intérieure de protéines animales va peser sur la demande mondiale.
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La Chine demeurera néanmoins une destination importante pour les exportateurs de viande bovine. Elle est néanmoins passée d’importatrice nette à exportatrice nette de volaille et devrait s’imposer à l’horizon 2035 comme le cinquième exportateur mondial de volaille, derrière la Thaïlande.
L’UE reste sur l’échiquier mondial du marché de la viande
Le Brésil, les États-Unis et l’Union européenne demeurent les principaux exportateurs de viande et continueront de représenter plus de la moitié des exportations mondiales en 2035. Les envois de l’UE sont néanmoins attendus en baisse de 3 %. L’Australie et la Canada sont au pied du podium.
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Une détente des prix de la viande ?
La FAO table sur une détente des prix de la viande en valeur réelle, c’est-à-dire corrigée de l’inflation. Un tassement qui s’expliquerait par la baisse des coûts alimentaires et une meilleure efficacité, mais elle note tout de même la forte dépendance au marché de l’énergie. À l’horizon 2035, les prix réels des viandes bovine et ovine devraient baisser d’environ 16 % et 6 %, respectivement, par rapport à la période de référence 2023-2025 où ils ont été inhabituellement élevés en raison des tensions sur les approvisionnements mondiaux et d’une contraction cyclique des cheptels. La baisse des prix réels est attendue à 20 % pour le porc et la volaille. L’écart de prix se creusant entre viandes rouges et viandes blanches, ces dernières bénéficieraient d’un report de demande.
Des projections incertaines
La FAO attire l’attention sur la gestion des maladies animales (influenza aviaire, peste porcine africaine, fièvre aphteuse…), qui ont une incidence de plus en plus déterminante sur l’offre mondiale de viande. De même, les phénomènes météo extrêmes accroissent les incertitudes.