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Viande de cheval : structurer une filière pour contrer l’importation

Interbev équins veut structurer une filière pour favoriser l’offre française par rapport à l’importation. Un défi.

stand Interbev équins au  salon international de l'agriculture
Interbev équins profite du salon international de l'agriculture pour structurer une filière forte face aux importations.
© Interbev équins

Cette année encore, Interbev équins profite du salon international de l’agriculture pour multiplier les actions. Son but ? « Créer une véritable filière équine », a expliqué Guy Arestier, président de la section équine d’INTERBEV et éleveur. Lundi 26 février, une table ronde intitulée « Les enjeux de la relocalisation de la production de viande chevaline en France »  a réuni éleveurs, artisans-boucher, restaurateurs. Tous travaillent dans le secteur, mais les échanges restent limités. Résultat, « les bouchers ont du mal à s’approvisionner en origine France », a regretté le président de la section équine.

« Les bouchers ont du mal à s’approvisionner en origine France »

Faire évoluer la filière chevaline, même si les volumes sont modestes

Au cours de cette table ronde, de nombreux obstacles ont été soulevés, tels que la difficulté à travailler une carcasse pour un seul boucher. Ce moment convivial a aussi été l’occasion de mettre en avant les initiatives qui fonctionnent car l’objectif de l’interprofession « n’est pas de se donner une ambition trop importante. Elle veut plutôt capitaliser sur les petites initiatives afin de donner des idées aux autres acteurs », a insisté Guy Arestier. C’est ce qui semble s’être produit lundi, « des contacts ont été échangés, il est possible que des transactions aient lieu ces prochains jours. Le restaurateur Alain Fontaine a passé commande durant cette soirée auprès d’un éleveur », a constaté le président. « Il est possible que la soirée chevaline organisée lors du salon international de l'agriculture ait fait évoluer les choses dans le bon sens pour développer davantage la filière, mêmes si ça ne concerne que des volumes modestes », s'est réjoui Guy Arestier. 

Une offre équine supérieure à la demande

Et si Interbev équins insiste autant sur la création d’une filière chevaline, c’est parce qu’il y a un réel potentiel. A l’inverse des autres filières animales françaises, l’offre ne manque pas. Le cheptel équin a fléchi mais s'est stabilisé ces dernières années. Il est estimé à un 1 million d'équidés en 2022. « C’est l’un des plus importants d’Europe », a indiqué Marianne Orlianges, animatrice de la section équine d’Interbev.

En plus d’être constant, ce cheptel présente plusieurs atouts, tels que la diversité. « Les races de traits sont très bien adaptées à la boucherie », a précisé Marianne Orlianges. Cependant, difficile de valoriser la production, ce qui explique que « Les abattages ont reculé de 26% depuis 2021. Mais les capacités d’abattage demeurent suffisantes », a fait savoir l'animatrice de la section équine d’Interbev. En 2022, 3 882 chevaux ont été abattus, ce qui équivaut à 1 090 téc. 

Lire aussi : Les abattages de chevaux divisés par 5 en 10 ans

Moins d'un Français sur 10 achète de la viande chevaline

L’offre est nettement inférieure à la demande. « Au cours de l’année 2022, 7% des ménages français ont acheté de la viande de cheval, souvent en haché ou sous forme de tartare », a observé Marianne Orlianges. Par ailleurs, à 5 797 téc par an, la consommation a affiché un recul de 5,2% comparé à 2021. « Les consommateurs vivent majoritairement dans les Hauts de France, en Ile-de-France, où chevaux et ouvriers étaient très présents. Les consommateurs sont aussi nombreux dans le Sud-Est, voisine de l’Italie, friande de viande chevaline », a expliqué Marianne Orlianges.

Lire aussi : Pourquoi Nicolas Dupont-Aignan veut interdire la viande de cheval

Des importations de viande chevaline records

Et le manque de structuration, l’absence de véritable filière n’est pas sans conséquence sur le marché. La viande chevaline importée s’est imposée au sein de l’Hexagone. « Cette viande provient essentiellement de la Roumanie, d’Uruguay et d'Argentine», a indiqué Marianne Orlianges.

 « Près de 80% de la viande consommée est issue de l’importation »

Il faut dire que la viande chevaline étrangère bénéficie aussi des coûts de production moins élevés qu’en France. Valoriser la production en France permettrait de maintenir la consommation. Dans le même temps, des enquêtés ont fait part de leur souhait de consommer de la viande locale « si la viande chevaline était locale, nous en achèterons », ont déclaré plusieurs interrogés à l'issue d’une enquête réalisée par l'institut français du cheval et de l'équitation. La part d’importation est faramineuse en viande de cheval. « Près de 80% de la viande consommée est issue de l’importation », a regretté l'animatrice de la section équine d’Interbev.

Lire aussi : Le cheval en décalage avec ses débouchés

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