Le marché chinois du porc devrait rester stable cette année, avec des importations attendues en recul. Le pays garde une demande atone et une production intérieure abondante. Les expéditions européennes et françaises ont nettement chuté depuis septembre 2025 sous l’effet des taxes antidumping.
Les importations chinoises de porc devraient reculer d’environ 7 % en 2026, pour s’établir à 1,1 million de tonnes, soit leur plus faible niveau depuis 2015, selon l’USDA. Il s’agirait ainsi de la sixième année consécutive de baisse depuis le pic atteint en 2020, au plus fort de la crise de la peste porcine africaine (PPA).
Une demande chinoise de porc atone
La consommation de porc en Chine est attendue à 60,4 millions de tonnes en 2026, un niveau globalement stable par rapport à 2025. La demande manque d’impulsion, malgré les prix bas et l’offre intérieure en porc est abondante. Ces facteurs, limitent l’intérêt en porc importé dans le pays. D’autant plus que les coûts d’importation ont augmenté en fin d’année dernière pour l’Europe avec l’application de droits antidumping sur le porc importé, compris entre 5 % et 20 %, couvrant les viandes fraîches, réfrigérées, congelées ainsi que les abats, pour une durée de cinq ans.
Ce repli est également confirmé dans l’Hexagone. Les données de la Commission européenne confirment une réduction de 8 % des exportations françaises vers la Chine en 2025 par rapport à 2024. Sur la fin d’année, le recul est plus marqué avec une chute de 28 % des envois entre septembre et décembre 2025, comparé à 2024. La tendance reste défavorable en ce début d’année. En janvier, la France a expédié 9 303 tonnes de porc vers la Chine, contre 11 466 tonnes un an plus tôt, soit une baisse de 19 %.
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Une production domestique record, mais sous pression
La production porcine chinoise devrait atteindre 59,4 millions de tonnes en 2026, un niveau quasi stable sur un an et proche du record enregistré en 2025. La filière porcine est pénalisée par des marges insuffisantes. La majorité des producteurs ont évolué à perte ou à l’équilibre sur l’essentiel de 2023 et du premier semestre 2024. Après une brève amélioration fin 2024-début 2025, liée à une hausse temporaire des prix, les pertes ont refait surface dès octobre 2025.
Les autorités chinoises ont engagé des mesures de régulation afin de mieux maitriser le marché. En juillet 2025, le ministère de l’Agriculture a notamment appelé à limiter l’engraissement des porcs.La constitution de nouveaux cheptels de truies est également strictement encadrée afin de prévenir les excès d’offre. Ces mesures devraient réduire le rendement par animal.
La demande chinoise d’se concentre vers la génétique porcine
Désormais, les besoins à l’importation porcine de la Chine répondent davantage à des objectifs d’amélioration génétique. Toutefois, la stratégie de souveraineté alimentaire de Pékin incluant le développement des élevages de sélection, ainsi que le recours accru aux technologies de semence et aux transferts d’embryons, réduisent progressivement le recours aux reproducteurs importés. Les importations s’inscrivent comme un outil complémentaire de renouvellement génétique et non comme un levier de croissance de la production.