Pâturage hivernal : les exploitations bretonnes s’adaptent face à un hiver pluvieux
Malgré des pluies record en début 2026, des éleveurs herbagers bretons ont su adapter leurs pratiques de pâturage hivernal pour protéger les sols et valoriser l’herbe en toute saison.
Face à l’hiver 2025‑2026 marqué par des records de précipitations en Bretagne, plusieurs élevages herbagers ont maintenu leurs troupeaux au pâturage en adaptant leurs pratiques à la portance des sols et aux solutions de repli qui s’offraient à eux.
Les parcelles destinées au pâturage hivernal sont mises au repos dès la fin de l’été afin de constituer un stock sur pied suffisant. En l’absence de couchage adapté, pour les vaches taries et les grandes génisses, les éleveurs choisissent le « bale grazing » (pâturage complété de round de foin ou d’enrubanné déposé ou déroulé préalablement au champ). Ils sont très attentifs à la portance des parcelles. Ils organisent la circulation des animaux sur de petits paddocks pour avoir des temps de séjour faibles. Ils déposent de 10 à 30 bottes par ha. Ils ouvrent assez de bottes pour deux jours de consommation pour réduire la concurrence entre animaux et le piétinement. Le « bale grazing » représente moins de 10 % de la surface en herbe pour limiter l’impact sur la reprise printanière.
Le pâturage tournant est réservé aux petites génisses et aux vaches laitières. Les rotations rapides associées à des temps de retour longs permettent d’éviter les passages répétés sur des sols fragilisés, de limiter les zones de surpâturage et de préserver la portance résiduelle. En agriculture biologique, cette conduite valorise une herbe hivernale à forte valeur alimentaire et permet de bonnes performances zootechniques.
Pour réussir le pâturage en conditions humides, la règle fondamentale est d’opter pour un temps de séjour court pour préserver les prairies, ne pas matraquer le sol et assurer une bonne reprise au printemps. Ces pratiques permettent de limiter le recours aux stocks fourragers, de maîtriser les coûts alimentaires, de réduire la mécanisation et la consommation de paille. Malgré des conditions parfois difficiles, les éleveurs bien équipés apprécient ce mode de travail en extérieur, qui concilie autonomie fourragère, bons résultats économiques et résilience face aux aléas climatiques.
(1) Les trois élevages participent au projet « Winter Pât » porté par la chambre d’agriculture de Bretagne et Adage 35 dans le cadre des collectifs « Agriculture écologiquement performante » financés par la Région Bretagne.
« Nous faisons tourner plus rapidement les vaches sur les prairies »