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« Nous avons aménagé un espace contention près des robots de traite »

Au Gaec Houllegatte, dans la Manche, une travée à proximité des robots a été aménagée avec une cage de contention et trois stalles pour les inséminations.

Intervenir en toute sécurité tout en limitant les déplacements pour aller chercher les vaches concernées par une intervention, tel était l’objectif de Quentin Houllegatte et de son père Daniel, lorsqu’ils ont choisi d’aménager un box spécifique à la contention dans leur nouveau bâtiment. Mis en service en juillet 2019, celui-ci abrite 150 logettes et deux robots de traite.

À un pignon du bâtiment, deux travées situées de part et d’autre des deux robots de traite ont été aménagées sans logettes. Celle de gauche sert de box de contention. Celle de droite accueille sur une aire paillée des vaches à suivre de près (fraîches vêlées…). Autrement dit, les vaches accèdent à l’un ou l’autre des deux box en circuit court. Deux portes de tri gèrent la circulation des animaux dans le bâtiment.

Une cage de contention a été installée dans le box dédié à la manipulation des animaux. « Elle nous sert surtout pour faire du parage curatif quand ce n’est pas trop compliqué. Sinon, nous faisons intervenir notre vétérinaire. » Quentin s’est formé sur le tas avec l’aide de son vétérinaire pour réaliser des parages ne nécessitant pas l’intervention d’un spécialiste.

Parage curatif et traitement de certaines vaches

 

 
Vue d’ensemble de l’aménagement du box situé à gauche des robots, avec sa cage de contention et ses trois stalles réservées aux inséminations.
Vue d’ensemble de l’aménagement du box situé à gauche des robots, avec sa cage de contention et ses trois stalles réservées aux inséminations. © V. Houllegatte

 

Un parage préventif des 130 vaches du troupeau est réalisé une fois par an, en début d’hiver, par des pareurs de Littoral Normand. « Ils viennent à quatre avec quatre cages. Cela permet de passer tout le troupeau en une grosse demi-journée. Et ils assurent le suivi des animaux », apprécient les éleveurs. L’année dernière, le coût de l’intervention a été de 2 090 € HT. « Comme nous passons tout le troupeau en une fois, ils nous facturent moins de frais de déplacement. » La cage de contention est également utilisée pour les traitements ou les vaccinations de vaches qui sont un peu trop nerveuses pour le faire sereinement aux robots de traite.

Par ailleurs, trois stalles sont réservées aux inséminations. « Les inséminateurs préfèrent ce système plutôt que lorsque les vaches sont bloquées aux cornadis. Ils peuvent travailler dans de meilleures conditions. En général, ils passent dans la demi-heure après la confirmation de leur venue. Et ils libèrent la vache quand elle a été inséminée », relate Quentin Houllegatte.

Interventions facilitées par la docilité du troupeau

Les vêlages se déroulent dans l’ancienne stabulation située à 200 mètres du nouveau site. « Elles sont logées avec les vaches taries et les veaux. Cela nous permet de réserver le nouveau bâtiment aux vaches en lactation. » Une barrière cornadis permet, si nécessaire, de bloquer l’animal.

 

 
La cage de contention a été choisie parce qu’elle est très fonctionnelle. Un volet situé de chaque côté facilite l’entrée des vaches. Ils peuvent être retirés pour intervenir sur le côté d’une vache.
La cage de contention a été choisie parce qu’elle est très fonctionnelle. Un volet situé de chaque côté facilite l’entrée des vaches. Ils peuvent être retirés pour intervenir sur le côté d’une vache. © F. Mechekour

 

Quentin et Daniel Houllegatte reconnaissent toutefois qu’un seul box paillé pour gérer les vaches nécessitant une attention particulière pour un troupeau de 130 vaches auxquelles s’ajoutent les génisses à un mois du vêlage, est insuffisant. « Il en faudrait deux ou trois », confirme Vincent Deguelle, conseiller bâtiment à la chambre d’agriculture de Normandie. Ce dernier leur suggère la possibilité d’en aménager un ou deux de l’autre côté du couloir d’alimentation si la contrainte devenait trop importante.

Quoi qu’il en soit, les équipements répondent bien aux attentes des éleveurs et des intervenants extérieurs en termes de recherche de sécurité et d’efficacité. La docilité du troupeau contribue également à faciliter les interventions. Pour autant, le tempérament calme ne fait pas partie des critères de choix des taureaux retenus par Quentin. « Je mets surtout l’accent sur la qualité des mamelles. Et j’utilise de plus en plus de taureaux sans cornes. »

À retenir

Aménagement prévu dès le projet bâtiment
Box de contention proche des robots et de l’extérieur du bâtiment
Une cage de contention et trois stalles pour les IA
Troupeau docile

« La sécurité est optimisée »

 

 
Vincent Deguelle, chambre d’agriculture de Normandie.
Vincent Deguelle, chambre d’agriculture de Normandie. © F. Mechekour

 

« Le positionnement du box de contention à un pignon du bâtiment et à proximité des robots de traite permet d’acheminer rapidement les animaux depuis les robots ou l’extérieur. La zone de contention bénéficie en effet d’un accès direct depuis l’extérieur du bâtiment, avec une porte filet de 5 m par 3,50 m. La cage de contention et les trois stalles optimisent la sécurité des intervenants et leur permettent d’intervenir seul. Pour améliorer les conditions d’intervention, il faut aussi faire en sorte que le box soit bien éclairé naturellement ou avec de la lumière artificielle. La pose d’un tapis dans le box est indispensable pour éviter que les animaux glissent. »

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